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Les compositeurs de musiques de films

Musiques de films

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La critique de film d'Alix

Critiques de films

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Le Top 100 des plus belles musiques de films

Les 100 + belles BO de films

Est-ce possible ? Possible, oui bien sûr mais raisonnable, beaucoup moins.

Les musiques de films (X)

Dave GRUSIN, compositeur

Sa carrière de compositeur/arrangeur/pianiste de jazz est impressionnante. Né le 26 juin 1934 dans le Colorado, ce n’est pas sa petite ville nommée Littletown qui l’enfermera dans l’anonymat. Très sollicité pour la composition de musiques destinées aux séries télévisées, il obtiendra en 1988 l’Oscar de la meilleure musique de film pour la fable écologiste « Milagro » avec un Robert Redford réalisateur qu’il a connu tout d’abord acteur dans « Les trois jours du Condor » en 1975. Puis s’enchaîneront des épisodes de « Columbo », « Les mystères de l’ouest », « Le Virginien »… Ainsi démarrera une carrière formidable avec « Havana » – toujours avec son complice et ami Redford – mais aussi avec « Tootsie » – rappelez-vous cette excellente comédie avec Dustin Hoffman qu’il a rencontré quelques années plus tôt dans « Le lauréat » en 1967. Avec « Les goonies » il signera une musique exemplaire pour un film qui révolutionnera le genre : le film d’aventure et d’action pour le jeune public. Sans oublier « Les Baker boys », « Tequila sunrise », « Les hommes de l’ombre », « For the boys » avec le couple parfait Bette Midler/James Caan qui raconte l’histoire vraie de deux artistes dévoués à leur mission de soutien des troupes engagées, le thème jazzy au piano pour « La Firme » avec Tom Cruise en 1993 et « Ocean Twelve » en 2004 dans lequel on retrouve un de ses tubes… Bardé de très nombreuses récompenses (un grand nombre d’Awards décernés par la profession, il possède son étoile sur le parterre d’Hollywood Boulevard), fort de l’admiration du public de connaisseurs, Dave Grusin reste un sacré exemple à suivre.

 

 

 

« Milagro » de Robert Redford ou comment résister à la modernité dans toute son horreur. Au lieu d’utiliser l’eau pour arroser les plantations et permettre aux habitants d’une petite ville du Nouveau Mexique (USA) de continuer à vivre dignement, un promoteur sans scrupules soutenu par le gouverneur du pays et le shérif tentent d’y construire un parc de loisirs. En 1988 ce film était déjà un bel exemple de ce qu’est devenue depuis notre société de consommation dans son côté le plus pourri, celui qui impose l’aspect ludique dans toute activité humaine. Le scénario rappelle celui de la « Soupe aux choux » avec son slogan sur la sacro-sainte « expension économique ! ». La recherche du plaisir continu est un mal qui ronge les civilisations perdues, voir article similaire dans la rubrique « Musique : pour bien l’aborder » : devra t-on supporter longtemps l’excuse préférée des sportifs professionnels démotivés qui nous répètent à tout bout de champ « Je n’ai pas obtenu la médaille mais au moins je me suis fait plaisir » ?… Bref sans diverger on reverra dans « Milagro » avec grand plaisir un Christopher Walken convaincant (photo ci-contre) car l’acteur possède un jeu tout en finesse, en témoigne un autre de ses rôles, probablement celui de sa vie, celui du visionnaire de « The dead zone ». Dans chaque interprétation de personnages atypique notre acteur est entouré de collègues tout aussi formidables. Le doublage excellent apporte à chaque fois un plus à ses prestations, sa voix française est parfaite. « Milagro » est une histoire teintée de poésie, une œuvre sensible et rare comme sait les réaliser Robert Redford, une œuvre originale et contestataire qui a marqué les esprits à tel point qu’une jeune entreprise de production cinématographique canadienne semble lui avoir donné son nom, Milagro. Il est facile de leur trouver un point commun : la défense de l’indépendance. Quel belle ambition affichée !

 

 

 

Fable

MILAGRO/The Milagro beanfield war,un film de Robert Redford (1988) avec Ruben Blades, Richard Bradford, Sonia Braga, Julie Carmen, James Gammon, Melanie Griffith, John Heard, Carlos Requelme, Daniel Stern, Christopher Walken et Chick Vennera. Musique de Dave Grusin. D’après la nouvelle de John Nichols. Directeur de la photographie Robbie Greenberg. Distribution Universal.

Fable drôle et émouvante, ce film est doté de qualités cinématographiques exceptionnelles (cadrages, décors, lumière, couleurs, musique) dans une ambiance chaude et colorée si particulière au Nouveau Mexique. Le mélange des cultures provoque néanmoins des situations dramatiques : d’un côté, les bétonneurs matérialistes nord américains et de l’autre, les villageois sud américains proches de la nature ; qui gagnera la lutte du pot de terre contre le pot de fer ? Produit par Robert Redford dont on connaît les convictions à l’opposé du système holywoodien, il était évident que la seule récompense qu’il pouvait espérer recevoir de la profession porterait sur une discipline qui ne froisserait personne, à savoir, la musique du film. Composée par un expert, Dave Grusin, le thème mélodique principal est très bien harmonisé ; la guitare classique et la guitare folk alternent avec l’accordéon chromatique et l’accordéon diatonique, tous témoignent de l’opposition entre deux modes de vie. En utilisant les sonorités différentes mais complémentaires, le spectateur baigne dans les oppositions continuelles du film à l’atmosphère tour à tour grave et légère. Les créations artistiques qui se font remarquer sont toujours celles qui savent faire cohabiter des qualités contradictoires. Sur ce seul point, le film « Milagro » est déjà une réussite de premier ordre. Mais l’ordre est nécessaire pour vivre à condition qu’il repose sur le bon sens, c’est bien là le problème…

Pour en savoir + sur la société de production Milagro, cliquez ici (ils ont co-produit des films français dont le tout récent « C’est beau une ville la nuit » et leur nouveau projet est également très intéressant, une série TV sur l’immigration d’origine africaine au Canada). À noter que le ville de Milagro existe vraiment mais en Navarre au Pays Basque.

Pour en savoir + sur Robert Redford, cliquez ici

 

Western/Drame

Willie boyWILLIE BOY, un film d’Abraham Polonsky (1969) avec Robert Redford, Robert Blake, Katharine Ross, Susan Clark, Barry Sullivan, John Vernon, Charles McGraw… D’après une histoire vraie. Musique de Dave Grusin. Un film Universal.

La musique de Dave Grusin est d’une grande modernité. Point d’orchestration imposante, de cuivres tonitruants, le compositeur préfère œuvrer avec subtilité en distillant ici et là des thèmes et accords selon le déroulement des scènes, à l’image des points de couleur disposés par un maître de l’expressionniste. Les instruments peu usités en musique classique ont été redécouverts grâce à la musique de film : le vibraphone et la flûte traversière basse y sont à l’honneur. Le premier, inventé au début du XXe siècle avec ses sonorités « africaines » chaleureuses si caractéristiques des interprétations de Lionel Hampton, permet de renforcer l’impression de canicule car il soutient efficacement les images des grandes étendues désertiques ; le second, la flûte traversière basse, dans une tessiture grave et discrète, illustre en profondeur le sentiment d’étouffement dû à la chaleur des lieux et aux efforts des protagonistes assoiffés. Le jazz a grandement contribué à rendre la musique de film aussi riche et inventive. Les rythmes syncopés de Dave Grusin sur des descentes mélodiques doublées à la quarte ou à la quinte conviennent pour un résultat filmique malheureusement Raté. Pour Alix, les personnages compliqués font étalage de leurs états d’âmes par une impulsivité marquée et une violence abrupte, des comportements surprenants qui sont finalement peu crédibles pour le spectateur d’aujourd’hui. C’est surtout un manque d’intelligence dans les prises de position des uns et des autres qui attise le côté simpliste des personnages et ce choix annihile paradoxalement le traitement psychologique de l’histoire. Le travail du réalisateur Polonsky (pas Polanski !) repose sur un concept tout à son honneur où l’indien, en tant qu’être humain injustement floué et maltraité par les « visages pâles », a le droit à sa revanche. Le parti pris de dénoncer le harcèlement dont il est victime n’est donc pas la cause de la déception d’Alix ; c’est plutôt le traitement sombre et morbide de l’histoire qui lui pose problème. Pas une once d’espoir, pas d’alternative pour voir un peu moins de morts qui n’en finissent pas de tomber. « Willie boy » n’est pas un film noir pour Alix mais plutôt un film pénible qui pourrait servir de propagande pour l’usage systématique des armes à feu (pardon pour l’emploi du terme propagande qui n’est pas à utiliser avec Polansky soumis à la honteuse « chasse aux sorcières » du Maccarthysme). Robert Redford ne tient pas un rôle marquant, la belle Katharine Ross est présente mais peu « consistante ». Bref, seul le doublage formidable des comédiens français (on reconnaît immédiatement les voix de John Wayne et de Columbo) permet de tenir jusqu’au dernier souffle. Ouf ! Il était temps, place aux vivants.

Autre film dont Abraham Polonsky a contribué au scénario : « Madigan, Police sur la ville », musique de Don Costa, voir ici (page XXVII des compositeurs).

 

Thriller

LA FIRME/The firm, un film de Sydney Pollack (1993) avec Tom cruise, Jeanne Tripplehorn, Gene Hackman, Ed Harris, Holly Hunter, Hal Holbrook, David Strathaim… D’après le roman de John Grisham. Musique de Dave Grusin. Un film Paramount.

Ce film obtint un franc succès à sa sortie : démontrer la perversité des manipulateurs friqués est une démarche aussi curieuse qu’intéressante. Un jeune avocat brillant et dynamique à peine diplômé va faire tomber les têtes pensantes et trébuchantes des escrocs de la finance : Tom Cruise s’en donne à cœur joie ! La musique de Dave Grusin explose de Talent ; d’une modernité extraordinaire, la mélodie permet d’apprécier l’imagination du compositeur qui adore jouer ses thèmes au piano, un instrument-roi à percussions pas si tranquilles que cela. Les notes frappées avec énergie, accentuées de manière arythmique selon le jeu de l’interprète, permettent d’illustrer tout et n’importe quoi, des pas de l’homme d’affaires pressé au vrombissement du moteur de la voiture de luxe. Peu importe, l’association mélodie + rythmes variés fonctionne à merveille et ça marche ! Le scénario aux multiples rebondissements revient au faiseur d’histoires joliment transposées au cinéma, John Grisham. « Non coupable, L’affaire Pélican, Le client, L’idéaliste, Le manipulateur… », une imagination fertile qui lui vaut de grands succès commerciaux depuis trente ans. Rajoutons le savoir-faire de Sydney Pollack (né à Lafayette dans l’Indiana). Vous voilà prêt(e) à affronter les salopards sans morale ni scrupules qui exploitent la faiblesse humaine. Bon courage à ceux – et celles – qui doivent les combattre : la partie n’est jamais gagnée d’avance !

 

 

Fred KARLIN, compositeur

Peu d’artistes en général et de musiciens en particulier peuvent se vanter de faire l’unanimité. À un moment ou un autre, par ses réalisations, ses écrits ou ses paroles, la réussite d’un homme ou d’une femme publique provoque pour le moins des jalousies et des critiques c’est bien connu. Fred Karlin aura pourtant vécu sa passion pour la musique de film dans la sérénité au travers ses compositions mais surtout grâce à son action très importante pour développer le genre musical. Très estimé par ses confrères qu’il soutenait et encourageait tout le temps, à la recherche de l’élément positif à valoriser chez les autres sans se soucier d’abord de la défense de ses propres intérêts, sincère et fidèle en amitié, le cœur gros et ouvert, sa personnalité chaleureuse aura marqué plusieurs générations de musiciens américains. Né à Chicago en 1936 et décédé en 2004, on lui doit de très belles mélodies s’adaptant parfaitement par leur orchestration aux images dont elles étaient destinées en témoigne la série télé « L’homme qui venait de l’Atlantide » en 1978 avec l’homme-poisson Patrick Duffy (voir photo ci-contre).

Dans le film « Du sang dans la poussière/The Spikes gang », un western tragique avec un Ron Howard juvénile qui n’est pas encore passé de l’autre côté de la caméra en tant que réalisateur, Fred Karlin démontrera ses capacités d’arrangeur en mélangeant habilement les genres musicaux (des rythmes et des sonorités de country music sur une mélodie jouée par un hautbois, par exemple). Dans un autre film plus précurseur encore « Mondwest » en 1973 puis sa suite « Futureworld » en 1976 avec un surprenant Yul Brynner, « Ike », « Les rescapés du futur », Fred Karlin assurera le montage d’un documentaire sur l’œuvre de Jerry Goldsmith. Il sera l’auteur de séminaires en Belgique et en Hollande, se fera écrivain pour un recueil de référence sur les plus grandes et plus belles musiques de films composées par ses collègues et il demeurera fortement impliqué dans les sociétés musicales d’auteurs et de paroliers. Par son action large et altruiste, Fred Karlin restera longtemps dans les mémoires comme un meneur emporté par sa fougue qui débordera de générosité en toutes occasions. La perle rare, en somme.

Pour en savoir + sur le compositeur cliquez ici (photo et infos complètes fms feature, en anglais)

Pour en savoir + sur la série L’homme de l’Atlantide avec Patrick Duffy, cliquez ici (photos et infos complètes Arrêt sur séries, en français)

Pour entendre la musique de la série signée Fred Karlin, cliquez ici (site Coucoucircus)

« The Spikes Gang, Du sang dans la poussière », un film de Richard Fleisher (1974) avec Lee Marvin, Gary Grimes, Ron Howard, Charlie Martin Smith. Musique de Fred Karlin. Un film M.G.M. distribué par Hollywood Classics Ltd, en France par Jupiter Communications (photo ci-contre).

 

 

Claude BOLLING, compositeur

À chaque fois que l’on évoque le nom de Claude Bolling la mélodie de la série télé « Les brigades du Tigre » et ses paroles interprétées par Philippe Clay nous reviennent instantanément aux oreilles. De nombreux thèmes entendus dans cette série sont d’ailleurs gravés dans la mémoire collective et à cela on peut trouver trois bonnes raisons : le compositeur est un mélodiste, il sait imaginer les sonorités adaptées aux images auxquelles elles sont destinées et il enregistre avec des instruments acoustiques. Les compositions de ce pianiste surdoué qui dirigeait déjà à l’âge de 16 ans sa propre formation de jazz sont si nombreuses et si excellentes qu’une page entière de ce site ne suffirait pas à en parler, jugez plutôt : premières musiques de films en 1952 avec de nombreuses compositions pour le petit et grand écran, entre autres « Moi et les hommes de quarante ans » en 1965 avec un air et des paroles facilement mémorisables sur un rythme twist/jerk très à la mode, l’illustration musicale d’anciens films de Buster Keaton puis « Borsalino » en 1969, « Lucky Lucke » en 1971, « Ces animaux que l’on appelle des bêtes » la série T.V. de 1972 avec une flûte superbement accrocheuse… « Le magnifique », « L’année sainte » et sa très belle mélodie, « Le mille pattes fait des claquettes » et sa musique humoristique, « Louisiane » avec une chanson magnifiquement interprétée par Dee Dee Bridgewater, ce feuilleton télé made in USA (par Philippe de Broca (infos Comme au cinéma) à qui l’on doit quelques uns des grands films français) pour des américains toujours friands de « la french touch » tombés sous le charme du pianiste/jazzman Claude Bolling comme ont pu l’être auparavant Dizzy Gillespie et Duke Ellington sur Bolling, des monstres sacrés qui auront fortement influencé notre compositeur à ses débuts…

 
Claude Bolling a produit au moins un succès populaire chaque année de sa longue et remarquable carrière là où certains espèrent dans leur vie un seul petit succès d’une de leurs compositions… Le monde est vraiment injuste ! Mais c’est que personne ne pourra jamais égaler dans son genre le talent de l’artiste complet : pianiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et meneur d’hommes dans le bon sens du terme. D’une part parce qu’il aura « monté » sa propre formation de jazz, celle-là même que l’on peut entendre dans le film de 1987 « La rumba » avec notre Roger Hanin national tout à fait épatant qui joue le rôle d’un « vendeur de bonne humeur » à l’aube de la seconde guerre mondiale (dans ce film on retrouve également Piccoli, Touzet, une apparition de Lino Ventura dans son dernier rôle et un chanteur/crooner édifiant de talent et de naturel, le complice des concerts de Claude Bolling pendant très longtemps, insolent par sa décontraction, Guy Marchand). Meneur d’hommes d’autre part pour avoir influencé les plus jeunes compositeurs de musiques de films : en utilisant une harmonisation riche, des sons typiques et les rythmes variés du jazz tout en conservant un style personnel, Claude Bolling est l’un des précurseurs du développement de l’art musical. On utilise dorénavant ses éléments musicaux inventés et développés dans la musique de film en suivant son exemple ; on compose aujourd’hui « comme l’a fait Claude Bolling » et comme il le fait encore. Peut-on trouver meilleure reconnaissance de son action et de son oeuvre ?

Pour tout savoir sur Claude Bolling, visitez son site officiel, cliquez ici

 

 

Et la chance dans tout ça ?

BORSALINO, un film de Jacques Deray (1970) avec Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Catherine Rouvel, Laura Adani, Julien Guiomar, Corinne Marchand, Françoise Christophe, Mario David, Christian de Tillière, Arnoldo Foa et Michel Bouquet. D’après le roman Bandits à Marseille d’Eugène Saccomano. Musique de Claude Bolling. Un film produit par Alain Delon. Un dvd Marianne Productions (film entièrement restauré).

La chance ? Devenir un petit malfrat n’était peut-être pas un choix dans le Marseille des années 30 mais une nécessité pour survivre dans la jungle de la rue. Roch Siffredi (Alain Delon) ne se sera posé aucune question philosophique : à sa sortie de prison il devra et saura se faire respecter du Milieu et trouver un allié, mieux, un ami en la personne de François Capella (Jean¨Paul Belmondo). Leur association « d’enfants de chœurs » va permettre de combattre les deux maffias installées dans la cité phocéenne qui en aura vu d’autres depuis sa fondation six cents ans avant J.C. Tout de même, quand les mitraillettes crachent le feu on ne rigole plus, de nombreux assassinats rythmant le film le rendent pour le moins crédible et dramatiquement réaliste. Quel scénario, quels décors, quels acteurs, quelle musique, quelle belle et grande réalisation ! Les mélodies de Claude Bolling rythment les diverses actions jusqu’à les sublimer par des arrangements subtils très riches harmoniquement et à chaque fois différents car adaptés, d’ailleurs, le réalisateur Jacques Deray se prend au jeu par l’enchaînement d’une scène montrant un accordeur de piano dans une résidence de luxe avec une scène d’un piano de bastringue : le contraste saisissant entre deux sociétés (le riche et les pauvres) par la comparaison de notes de musique très éloignées les unes des autres (le piano à queue et le piano désaccordé du bar) atteste cette finesse d’esprit présente tout au long du film. À noter dans le bonus du dvd une prestation des Parisiennes de Claude Bolling qui chantent la chanson devenue légendaire de « Borsalino ». Un bonheur de plus pour nos oreilles. Et la chance, aurait-elle quelque chose à voir avec tout cela ? Réponse dans le film… Pour Alix, « Borsalino » reste Exceptionnel, film et musique confondus.

 

Ouvrez vos persiennes, voici Les Parisiennes !

Les Parisiennes. Pour permettre à son génie mélodique, harmonique et rythmique de s’exprimer, Claude Bolling eut l’idée de créer dans les années 60 un groupe humoristique qui pratiquait l’autodérision sans en abuser (contrairement à l’équipe des Charlots qui évoluait lui aussi avec bonheur mais dans un genre plus déjanté). Avec Antoine, Nino Ferrer, Jacques Dutronc et tant d’autres, c’était l’époque bénie où l’originalité, la création et l’esprit libre pouvaient encore essayer de s’exprimer. Les chansonniers s’en donnaient à cœur joie, les tubes explosaient, la mélodies touchaient largement toute la population. On sifflait, on chantonnait, on chantait et dansait ici et là plusieurs fois par jour pour se donner du courage ou pour exprimer sa joie de vivre. Ces formations musicales sont nées facilement et se sont crées rapidement ; elles étaient faites « pour le fun », sans prétention. Les retombées médiatiques, l’argent, la couverture de Télé 7 jours… les artistes s’en fichaient pas mal même si ils espéraient rencontrer l’adhésion du grand public. Imaginez dix secondes : en cette année 1964 il fait trop beau pour travailler et le quatuor de danseuses habillées en parisiennes « kitch » chantent à l’unisson. Leur interprétation de « Borsalino » dans sa version chantée est plus que remarquable. Mais derrière elles, ça déménage un max. : les musiciens de Claude Bolling s’éclatent sur des arrangements d’une ingéniosité rare. Trente cinq ans plus tard à l’écoute du niveau de la variété française dans son ensemble avec la perte maladive de toute richesse sonore, permettons-nous de conclure que « Les Parisiennes » devraient être cataloguées au rayon « musique classique » dans la catégorie « chanson de variété plaisante, mélodique et d’excellente facture – d’excellente composition – avec ses paroles amusantes et à double-sens de Franck Gérald, des textes dignes de l’Académie française comparées aux baragouinage de la chanson de variété actuelle ». A bon entendeur, salut !Pour en savoir + sur le groupe Les Parisiennes, cliquez ici (infos La Blogothèque, découvrez le clip musical !) 

 

 

Fiorenzo CARPI, compositeur

Compositeur attitré du réalisateur Luigi Comencini, c’est donc dans les grands films italiens que l’on entendra ses superbes musiques : « L’incompris » en 1966, « Giacomo Casanova, un adolescent à Venise » en 1969, « Les aventures de Pinocchio » en 1972 (film puis série TV)… et dans les films de Louis Malle (une fameuse balade parisienne qui ne manque pas de charme ni de nostalgie « Zazie dans le métro » en 1961), Patrice Chéreau « La chair de l’orchidée » en 1974 (la suite du roman de James Hadley Chase « Pas d’orchidées pour Miss Blandisch » avec une Charlotte Rampling magnifique)… Il composera également pour le théâtre où son talent explosera avec plus de cent productions dans de célèbres mises en scène qui feront sa réputation et son succès populaire par delà les Alpes italiennes. Ses études de composition musicale au conservatoire de Milan (sa ville de naissance en 1918) avec Federico Ghedini, un enseignant très compétent pour être lui-même compositeur de musiques de scène, lui permettront d’exprimer sa discipline au travers d’œuvres classiques où la richesse mélodique et harmonique demeure d’une très grande modernité. Ses orchestrations savent pourtant se transformer aussi facilement qu’un pantin de bois en petit garçon (grâce à la fée, un roman de Collodi) d’une simplicité déconcertante ce c’est bien ce qui fait leur force : l’efficacité n’est-elle pas le pilier fondateur d’une création réussie en matière de musique de film ?

 

Musique classée n°2 au Top 100 des plus belles musiques de films !

Fiorenzo Carpi sera le porte-flambeau de la participation italienne au développement mondial de la musique de film grâce à sa plus célèbre partition, « Pinocchio » orchestrée cinématographiquement par le magnifique réalisateur Luigi Comencini. Avec son thème à la flûte à bec sur un accompagnement de vieux piano déglingué de bastringue, tous les arrangements de la musique de la série en six épisodes repensée pour le cinéma sont parfaits, bourrés de vie et d’émotion : ses musiques colleront toujours parfaitement aux images du grand et du petit écran et c’est bien cela le grand art ! Il décèdera en 1991 en laissant son empreinte indélébile dans le milieu artistique (musique de film, musique de scène, musique classique, théâtre). Un artiste dont les musiques continuent à nous faire rire et pleurer. Ma que bene quel délice !

C.D. Les aventures de Pinocchio, Cam’s soundtrack encyclopedia (1991), B.M.G. France n°74321108362

Découvrez les lieux du tournage du film « Les aventures de Pinocchio » dans la région de Farnese en Italie et autres infos sur Pinocchio, cliquez ici (site perso. en français)

Parcourez le site d’Andrea Balestri, le petit héros du film et de la série TV, il répond aux questions des internautes + forum + photos, cliquez ici (site perso. de l’artiste, en italien)

LES AVENTURES DE PINOCCHIO, un film de Luigi Comencini (1972) avec Andrea Palestri, Nino Manfredi, Gina Lollobrigida, Vittorio de Sica. Musique de Fiorenzo Carpi. D’après le roman pour la jeunesse de l’écrivain italien Collodi (1826-1890). Un film co-produit par la Rai/l’Ortf/la Bavaria film/la San Paolo film. Un DVD Doriane-film et Cnc. Pour écouter la musique du générique, cliquez ici (site Coucoucircus).

Retrouvez Andrea Balestri un an plus tard dans « Kid, il monello del west », musique d’Enrico Simonetti (voir ici)

 
 

 

Woody GUTHRIE, auteur, chanteur, compositeur

 

 

 

 

 

 

EN ROUTE POUR LA GLOIRE/Bound for glory un film de Hal Ashby (1976) avec David Carradine chez Warner Bros. Musique de Woody Guthrie.

Woody Guthrie (photo ci-contre) est un célèbre musicien de folk et de musique country de la première moitié du 20e siècle. Très marqué par son environnement tragique constitué de drames familiaux et personnels, inspiré par les luttes sociales difficiles dans une Amérique en proie à la pauvreté d’une bonne partie de la population, il réussira à donner un sens admirable à sa vie grâce à la musique. Par ses mélodies intimement liées aux paroles acérées contre le fascisme, l’intolérance, l’injustice, engagé politiquement contre les nantis, les exploiteurs et la corruption des fonctionnaires, il deviendra très actif sur le terrain en apportant un peu de baume au cœur et d’énergie aux plus nécessiteux. Woody Guthrie sera le fer de lance d’une génération d’artistes engagés : Bob Dylan, Bruce Spingsteen, Joan Baez… Le film « En route pour la gloire » de Hal Ashby recrée l’ambiance terrible du film précédent « Les raisins de la colère » de John Ford en 1940, deux productions issues de livres poignants et remarquables qui relatent le quotidien de millions d’américains à la fois résignés et nourris d’espoir dans une société tourmentée en pleine évolution. David Carradine y est excellent et ce rôle principal dans « En route pour la gloire » l’aura conforté dans son idée de quitter après deux années d’un gros succès celui qu’il tenait dans « Kung Fu ». Les arrangements des chansons de Woodie Guthrie ainsi que les musiques additionnelles sont signées du grand compositeur de musiques de films Leonard Rosenman (voir ici).

Pour en savoir + sur Woody Guthrie, cliquez ici (infos Wikipedia)

 

 

David CARRADINE, acteur

David Carradine interprète la vie de Woody Guthrie dans le très bon film « En route pour la gloire » et démontre une nouvelle fois son talent d’acteur formidable ; il faut dire qu’il n’aura pas eu la chance d’obtenir souvent des rôles très intéressants dans des films de premier plan. La série « Kung Fu » des années 70 aura tout de même lancé sa carrière de manière extraordinaire avec le succès de son héros Kwai Chang Kaine dans une suite d’épisodes bâtie sur un homme blanc de sang mêlé, une caractéristique importante du personnage puisqu’elle aura déterminée le choix de l’acteur au détriment de Bruce Lee pourtant à l’origine du projet mais trop typé pour les producteurs… David Carradine, avec un talent fou qui ne se démentira pas tout au long de son parcours, se fera le porte-parole d’un état d’esprit proche de la pensée bouddhiste et des arts martiaux. Le film et la série « Highlander » s’en inspireront. Dans « Kung Fu » plusieurs futures vedettes, Jody Foster (voir photos ci-dessous) et Harisson Ford par exemple, occuperont les seconds rôles originaux en tant qu’invités (guest stars) dans certains épisodes dont les scénarios sont de qualité variable il faut bien le reconnaître. La lenteur des mouvements de l’acteur principal et la morale dispensée continuellement sont devenues désuettes et c’est un peu dommage. Cette série reste néanmoins très agréable et puissante par la solidité de ses composantes (mise en scène, photographie, musique de Jim Helms, doublage français admirable du comédien Marc de Géorgi) avec un John Carradine impérial qui « crève l’écran », un rôle qui l’aura tellement marqué qu’il stoppera sa participation après deux saisons, l’imprégnation forte du personnage devenant trop difficile à assumer sur le plan psychologique en dehors de son métier d’acteur !

 

David Carradine commencera comme beaucoup d’acteurs en décrochant des petits rôles, dans « Macho Callahan » par exemple en 1970 avec David Janssen (de la série télé à succès« Le fugitif ») et l’adorable Jean Seberg, musique de Pat Williams (voir ici) puis il enchaînera sur « En route pour la gloire » après son arrêt de la série « Kung Fu ». Puis se présenteront à lui des scénarios de nombreux films de moindre résonance, du bon film catastrophe de 1977 « Sauvez le Neptune » au « Livraison dangeureuse/Guaranteed Overnight Delivery » de Dean Rusu en 1999 avec Jalal Merhion. L’un de ses derniers films « Autumn – fin du monde » de Steven Rumbelow d’après une nouvelle de Stephen King est à fuir tant il est nul (gros plans gores, caméra maladive tremblante…) : David Carradine ne sera pas utilisé au mieux de son talent car une fois de plus, c’est la seule présence de son nom à l’affiche qui intéressera le réalisateur . Ses vrais fans ont tout de même pu fêter sa grande réapparition dans le film extraordinaire « Kill Bill 2 » réalisé par Quentin Tarentino il y a quelques années seulement, avec la divine Urma Thurman et en hommage à son rôle fétiche de spécialiste des arts martiaux. Il vous faut évidemment voir ou revoir au préalable « Kill Bill 1e partie » (voir photo ci-contre) avec quelques fameuses musiques de films des années 70 (Morricone est au programme, bien sûr). Une dernière remarque : pourquoi David Carradine âgé ne trouvera-t-il pas de rôles importants à l’instar de Robert Duvall ou Gene Hackman par exemple ? Sa carrière, il l’aura véritablement commencée à l’approche de sa quarantième année grâce à « Kung Fu » après avoir fait diverses apparitions comme en 1972 par exemple avec le personnage d’un sans abri paumé dans les années sombres de la Grande dépression avec son père dans un petit rôle et Barbara Hershey dans celui de « Bertha Boxcar », le premier long-métrage de Martin Scorsese ; le cadre est identique à celui de « L’empereur du nord » mais sur une musique country/folk de Gib Guilbeau (voir lien ci-dessous). Chez les Carradine, on reste artiste jusqu’au bout des ongles : son père John, ses demi-frères Robert et Keith (présent dans les scènes de Kwai Chang Kaine adolescent et dans l’excellent film « L’empereur du nord » (voir ici) démontrent qu’une famille de talents réunis, c’est vraiment quelque chose de formidable !

 

Jim HELMS, compositeur
Pour dire simplement les choses, la musique de Jim Helms pour la série « Kung Fu » est parfaite. Mélodique, aérienne, présente et discrète, il fallait de solides connaissances de la part du compositeur pour illustrer la légèreté du personnage incarné par David Carradine et la fluidité du propos non-violent de la série. Le choix de la flûte s’imposât donc de lui-même surtout que le héros en joue parfois. L’orchestration de la musique de Jim Helms repose sur ces deux flûtes (la traversière et l’alto en bois) mais également sur le sur-aigu des violons avec un thème composé dans une tonalité mineure sans sensible. Avec l’utilisation de sons peu dynamiques tel le waterphone, un instrument curieux qui ressemble à un bulbe dans lequel se déverse de l’eau, il crée la jonction entre musiques occidentale et asiatique. En se déplaçant librement dans ce dernier instrument, la musique de l’eau se conjugue au son qui émerge de tubes en acier disposés tout autour du mini-bassin ; effleurés par un archet de violon ou par le bout des ongles, les sonorités qui s’en dégagent plonge l’auditeur dans une agréable ambiance emprunte de sérénité. D’autres instruments à percussion typiques de l’Asie côtoient des instruments de la musique classique occidentale. Le wood-block japonais (le mokubio), les wind chimes, le chapeau chinois avec sa multitude de petites clochettes, le xylophone avec ses touches en bois de palissandre du Honduras (ou synthétiques…), les grelots, le vibraphone, le gong et surtout le mark tree constitué d’une quarantaine de tubes en acier de différentes longueurs qui s’utilisent de façon désordonnée en secouant l’instrument ou en provoquant un glissando ascendant ou descendant, un engin très utilisé dans la musique de film en général et chez Jim Helms en particulier compte tenu du contexte de la série. Jim Helms est un excellent orchestrateur !

La musique de Jim Helms résonnera encore longtemps à nos oreilles. Cette série restera l’exemple même de l’originalité par son concept décalé pour l’époque. Avant même le dernier retrait des G.I.’s du Sud Vietnam en 1973, les bonnes volontés avaient commencé à prêcher les valeurs du spirituel pour étouffer la guerre et ses actes de violence mais les producteurs jugeaient la démarche risquée… Le but de la série était au départ la promouvoir du développement des arts martiaux aux États-Unis mais c’est en France que l’impact sur les mentalités fut énorme : l’ouverture de nombreux clubs de karaté à partir de 1974 était bien liée au succès de la série et une génération entière de téléspectateurs aura été profondément influencée par le comportement de Kwai Chang Kaine. Mais au fait, qui est Jim (ou James) Helms ? Impossible d’obtenir une seule information sur ce compositeur, sur sa personne, sinon qu’il est né en 1933 et décédé en 1991 (info, fiche IMDb). Il ne semble pas y avoir de liens avec le chanteur de saoul music Jimmy Helms alors qu’est devenu le compositeur, arrangeur et chef d’orchestre Jim Helms ? Un internaute passionné désireux de connaître le musicien a cherché en vain sa biographie sur le Net alors peut-être pourriez-vous faire mieux ? La communauté des amoureux de la musique de film vous en serait éternellement reconnaissante !

Kung Fu avec David Carradine, créé par Ed Spielman, développé par Herman Miller, produit par Jerry Thorpe, conseils techniques et de Kung Fu David Chow, deux coffrets DVD Warner Bros.

 

* Pour en savoir + sur la série « Kung Fu », cliquez ici (infos Alibaba, site perso.)

* Pour en savoir + sur David Carradine, biographie, cliquez ici (infos Nanarland.com)

* Pour en savoir + sur Marc de Georgi, comédien français et voix de David Carradine, cliquez ici (infos Wikipedia) et cliquez ici (infos Objectif cinéma Le doublage des westerns des années 50)

* Pour en savoir + sur le Kung Fu, cliquez ici (infos Oasies, penser les arts martiaux autrement).

* Pour en savoir + sur Gib Guilbeau, cliquez ici (infos d’un fan hollandais, en anglais) et ici (écoute d’extraits de son dernier album, « Songs I like » chez Fnac music en téléchargement)

David Carradine est décédé le 4 juin 2009 dans d’étranges circonstances (il se serait pendu dans sa chambre d’hôtel). Le petit Scarabée vient de commencer son dernier long, grand et beau voyage…

 

 


Eric WEISSBERG, compositeur

DELIVRANCE, un film de John Boorman (1972) avec Burt Reynolds, Jon Voight, Ned Beatty, Ronny Cox et Bill Mac Kinney, d’après le roman de James Dickey. Musique de Éric Weissberg et Johnny Mandel. Un film Warner Bros.

Il vous faut écouter le morceau « Dueling Banjos » dans le film et le C.D. du film (lien ci-dessous) pour réaliser à quel point la musique country peut être enthousiasmante et engendrer de réels exercices de virtuosité musicale. Dans le genre, difficile de mieux faire en technique instrumentale, c’est vraiment superbe ! On peut y entendre un duo explosif faussement appelé duo de banjos d’ailleurs puisqu’il s’agit en réalité d’une guitare folk et d’un banjo. Dans les autres pièces du C.D. on n’oubliera pas de noter la présence inévitable de la contrebasse à cordes qui « plante les clous » et permet de libérer le jeu des collègues voués à l’improvisation, y compris le violon qui joue en double-corde d’où la séquence mémorable du film… Le thème principal est une mélodie traditionnelle largement entendue pendant la guerre de Sécession américaine. Air patriotique engageant, il est forcément conçu dans un ton majeur et utilise les trois notes principales des accords parfait principaux de la tonalité (pour en savoir +, lisez l’article B.a.–ba de la composition, cliquez ici). La musique country repose essentiellement sur trois accords que l’on appelle dans le langage des « musicos » le « do-fa-sol » : en do majeur, on improvise sur l’accord de do puis de fa et de sol, soit les accords du Ie, IVe et Ve degrés de la tonalité, un principe appliquable à n’importe quelle tonalité sélectionnée au départ. Sans se préoccuper du plaisir que procure une modulation riche et variée par de fréquents changements de tonalités au cours de l’interprétation du morceau, les musiciens font s’enchaîner les mélodies et contre-chants de manière fluide et dynamique sur ces trois seuls accords, pour faire simple et vous initier à ce style musical indémodable ! Eric Weissberg aura suivi les études de la célèbre Juillard School of Music après ses études universitaires dans le Wisconsin. Accompagnateur à la guitare et à la mandoline du chanteur de musique de genre Harry Belafonte, il oeuvrera par la suite pour les stars du show-bussiness Billy Joël, Garfunkel… En 2008, le musicien répond toujours présent aux plus fameuses sessions de folk made in The Usa !

 

Née dans les fermes et villages de l’intérieur des terres, la musique country est typique des pays du Middle-West. Musique populaire par sa conception, les familles pauvres de paysans comme les cow-boys et autres employés de fermes se regroupaient autour du joueur de mandoline, de guitare folk ou de banjo et les musiciens fortement imprégnés par la musique traditionnelle se racontaient leur vie difficile mais proche de la nature. Naschville devint dans les années 30 la capitale du genre au moment de l’explosion des stations de radio et la ville conserve aujourd’hui encore toute sa notoriété. Bobby Thompson, un géant de la discipline, aura fortement inspiré Éric Weissberg le guitariste / joueur de banjo et arrangeur de « Dueling banjos » avec lequel il travaille depuis 1998. En 2007, il effectuait une reprise de son improvisation fétiche pour une comédie très plaisante avec Ice cube « On s’arrête quand ? » de Brian Levant.

Pour connaître les « têtes d’affiche » du jazz, du blues et du rock, cliquez ici (infos Côté cour, en français)

Pour écouter des extraits du C.D. Duelling Banjos du film Delivrance, cliquez ici (Fnac ou Amazon.fr par exemple). Pour en savoir + sur :

* la country music, cliquez ici (infos Country story, en français)

* le banjo, cliquez ici (infos Le banjo dans tous ses états, en français)

* les instruments de musique traditionnelle, cliquez ici (infos Zic Tard, en français)

Pour écouter des extraits des meilleures musiques traditionnelles de la guerre de Sécession américaine, cliquez ici (infos Pdmusic, en anglais)

C.D. Dueling banjos du film Delivrance (Deliverance en anglais), interprétation du morceau Dueling banjo par Eric Weissberg et Steve Mandell, les autres morceaux sont interprétés par Eric Weissberg et Marshall Brickman tous deux arrangeurs. À noter une improvisation sur une chanson de Woody Guthrie. Que de virtuosité ! Un C.D. Warner Bros.

 

 

Un simple contretemps

Une tournée en France de grands musiciens de country music s’est déroulé du 6 au 18 juin 2008. Lancée par Jean Sarrus (l’un des comiques du groupe des Charlots), le chanteur au chapeau noir Daniel Gérard supervisait les diférents exercices de style (folk, rock, bluegrass… avec l’acteur David Soul, le chevalier au grand coeur qui n’a peur de rien !). Êtes-vous resté sourd à un tel évènement ? Pour en savoir + cliquez ici (infos forum T.F.1)

Un grand musicien de jazz a demandé un jour à FX : « Pourquoi diable les français marquent-ils ainsi les temps ? ». Traduction : lorsqu’il se produisait en France, il remarquait qu’ici et pas ailleurs les spectateurs avaient la propension à marquer les temps 1 et 3 en les accentuant (1234) alors que les américains, eux, par exemple, battent spontanément les contretemps en claquant des mains ou en tapant du pied (ils accentuent 1234). Dans le jazz impossible de ne pas marquer les contretemps alors pourquoi pas en France… ? On pourrait y voir un signe de l’inculture musicale des petits français les oreilles collées à leurs mp3 qui diffusent les dernières niaiseries des Victoires de la musique de l’année mais ce propos est trop facile et méprisant. Je lui répondis donc qu’il fallait se souvenir que la musique de base dans la campagne française est depuis des siècles la bourrée et cette danse ne permet un balancement que sur les temps – tous les temps – qui sont carrément accentués (1234). Il en est ainsi dans la musique traditionnelle de nos régions, chaque temps est frappé dans les mains pour bien marquer le tempo de la bourrée auvergnate ou de la gavotte bretonne ; souvent, même le 4e temps est renforcé (1234). Cette tentative d’explication sur nos habitudes culturelles en vaut bien une autre mais elle a tout de même le mérite d’exister, tout comme la richesse de notre patrimoine musical régional d’une valeur inestimable. Alors gardons les accents forts de nos pays respectifs afin de ne pas prendre le contre-pied et se retrouver… à contre-courant !

 

La musique country for ever…

NASHVILLE LADY/Coal miner’s daughter, un film de Michael Apted (1980) avec Sissy Spacek et Tommy Lee Jones. D’après le roman autobiographique de Loretta Lynn. Un film produit et distribué par Universal Picture.

C’est clair, Sissy Spacek est vraiment une très bonne actrice. Elle peut se fondre dans la peau de tous les personnages (rappelez-vous de Carrie au bal du diable, un film culte !). Elle interprète la vie de Loretta Lynn, une artiste qui a véritablement existé. Partie de rien, fille de mineur, presque aînée de huit enfants, cette jeune femme au caractère bien trempé et déterminé parviendra à s’extirper de son « trou perdu » des Appalaches grâce à Mooney, un frimeur à l’esprit aventurier qui lui permettra de s’accomplir dans son talent naissant d’auteur, de compositeur et d’interprète. Le style ? La musique country. Mais que de difficultés à devenir célèbre et à assumer ses multiples fonctions de mère de quatre enfants en bas âge, d’artiste, d’épouse, d’idole pour toute une génération… Un très bon film, malgré un doublage français réalisé par nos chers cousins québécois qui est très correct mais qui n’atteint pas la perfection du doublage des comédiens français (mille fois pardon mais c’est une histoire de texte et d’interprétation, la différence se fait toujours nettement sentir). Alix a aimé le film qu’elle trouve Bon avec sa musique Très bonne (enregistrements originaux de Loretta Lynn).

Site officiel de Loretta Lynn, cliquez ici

 

 

Accès page suivante : Alfred NEWMAN, Bernard HERMANN, Joël FAJERMAN, Gérard CALVI, Frank DE VOL et Claude-Michel SCHOËNBERG compositeurs / Les comédies musicalesArticle sur Les débuts du cinéma ICI 

 

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