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 | Les musiques de films (XXI) |
Guido et Maurizio DE ANGELIS, compositeurs |
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UN FILM SUPER, UNE SUPER MUSIQUE ! |
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Les frères Guido et Maurizio De Angelis sont des musiciens complets. Le benjamin est né en 1944 et leurs 3 années d’écart n’ont pas altérées leur relation professionnelle. Bien au contraire ils ont joué la carte de la complémentarité. L’un se trouve être de formation plus autodidacte et l’autre plus classique. L’un propose des thèmes originaux et l’autre prévoit les arrangements. Mais ils sont instrumentistes toux deux et ont exercés leurs talents dans un groupe à la mode dans les années 60, les « Black stones » (un nom repris récemment par une chanteuse coréenne) avant de l’appeler le Guido et Maurizio Orchestra. Par la suite, ils accompagneront les chanteurs connus de variété ou joueront les musiques de films de leurs aînés, Morricone ou Ortolani par exemple. Ils apprendront ainsi le métier. Comme toujours dans la profession de compositeur de musique de film, une rencontre forte déterminera définitivement leur orientation musicale. Ce sera chose faite en 1971 avec l’acteur comique Nino Manfredi (la voix italienne de Gérard Philippe) pour son premier film en tant que réalisateur, « Miracle à l’italienne ». Ce sera un succès mondial. La même année nos deux frères se lanceront brillament dans leur première bande originale pour « On l’appelle Trinita » d’Enzo Barboni avec Terence Hill et Bud Spencer ; là aussi le succès sera au rendez-vous. Dans « Zorro », la chanson du générique nous plonge dans l'état d'esprit du film : ouvert, enjoué, dynamique. Les musiques de soutien aux images correspondent elles aussi à la générosité de la mise en scène, du jeu des acteurs, des cascades et des scènes d'action très réussies, de tout ce qui contribue à la réussite du film. À se délecter en famille ! Puis leur carrière de compositeurs de musiques de films tentera de dépasser les frontières de l'Europe. En 1980 ils composeront la musique d' « Un drôle de flic » de Sergio Corbucci à nouveau avec Terence Hill et un coéquipier de poids, Ernest Borgnine, avant une série de films qui le verra être remplacé par Bud Spencer. Un petit film à tous les niveaux mais qui plaîra encore aux enfants, c'était peut-être là sa vocation dès le départ. Les musiques de Guido et Maurizio De Angelis se rapprochent ici de la musique de variété pour s'éloigner des compositions spécialement travaillées pour l'image, les changements de scènes n'amenant pas une adaptation de la musique ; c'est un peu comme un fondu au noir à l'écran qui s'ouvre sur une nouvelle période du film mais avec une musique d'illustration qui ne change pas ; au niveau technique d'écriture, c'est bien entendu très limite mais la mode du disco au tempo ininterrompu y est pour quelque chose. Humoristique, anachronique, mélangeant tous les genres, l'autodérision ne quittera pas l'environnement professionnel de Guido et Maurizio, leur compositions suivantes étant plus ou moins du même acabit, en tout cas à cheval entre tous les styles. On pouvait se permettre tous les excès expressifs à cette époque, l’Italie, n’est-ce pas le pays latin par excellence ? L’introduction des sons prédominants de la guitare électrique dans un western restera un exemple de leur inventivité réussie, leurs compositions faisant mouche à chaque scène des films, discrètes ou omniprésentes mais jamais excessives. Quand bien même elles le seraient, notre duo de musiciens serait pardonné, è quello l’Italia !
Trinita, Sandokan (série T.V.), Zorro (avec Alain Delon), Tom Sawyer / Les 3 mousquetaires (en dessins animés), Le bon roi Dagobert et la victime de La maison de la terreur… Tous évolueront avec bonheur sur des airs des De Angelis !
Pour en savoir + sur Guido et Maurizio De Angelis, cliquez ici (infos Olivier, site perso en italien, anglais et espagnol) ou ici (toujours Olivier Onions mais le site est plus élaboré).
* « Zorro », un film de Duccio Tessari (1975) avec Alain Delon, Ottavia Piccolo, Enzo Cerusico, Giampiero Albertini, Moustache... Produit par la Metro Goldwin Mayer, distribué par Columbia Tristar
* Le « Zorro » de Walt Disney, musique de William Lava : cliquez ici
* Une comédie musicale avec comédiens, danseurs, chanteurs et musiciens (Les Gipsy King) se déroule jusqu'en juin 2010 aux Folies Bergères à Paris. Un spectacle magnifique (cliquez ici) ! |
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Jaquette du double DVD L.C.J. |
« Le relationnel » fait tout dans le métier de compositeur de musiques de films. Si vous composez de la musique et vous souhaitez un jour obtenir une commande sans connaître Truc qui connaît Bidule qui connaît Machin qui va vous présenter ou vous recommander à Chose-chouette, si vous ne vous montrez pas, si on ne vous entend pas alors que vous avez des qualités de musicien, inutile d'espérer obtenir « sa place au soleil ». Il en est de même pour tous les métiers du spectacle comme dans bon nombre de professions d’ailleurs. Sans qualités relationnelles, sans être intégré dans un circuit ouvert fait de contacts et de relations dédiées à la communication, sans volonté d’échange comment peut-on espérer travailler pour une personne qui ne vous connaîtra jamais ? Le succès d’Internet avec ses lacunes et ses excès - comme dans toute entreprise humaine - le démontre quotidiennement : pour réussir à obtenir un quelconque résultat dans un domaine précis, nous devons communiquer ! En la matière, Jack Arel (un nom d'artiste pour faciliter les relations à l'époque où les consonances anglo-saxonnes étaient quasiment une obligation) n’a jamais eu de problèmes pour se faire entendre. Il a d’abord commencé en employant la bonne démarche : apprendre. C'est un fait certain, on ne peut devenir un exemple à suivre pour les autres sans passer soi-même par la case apprentissage ! Ses modèles de références dans le jazz qu’il affectionne tant s’appellent Mulligan, Tatum, Davis, Coltrane, Getz, Brown, Evans… Alors la brillante carrière de Jack Arel démarra dans les années 60 sur tous les plans : la variété (Croisille, Sheila, Dalida, Rivers, Mouloudji, Mitchell… auxquels se rajouteront Pagny et compagnie), la télévision avec l’explosion des feuilletons et séries à succès (« Le prisonnier », « Le temps des as » voir photo ci-contre, « Docteur Caraïbes », « Commissaire Moulin »…), les émissions non moins célèbres (Auto-moto, 30 Millions d’amis et son générique de style country music, c’est de lui !) sans oublier les mouvements mélodiques de la basse électrique ravageuse de l'émission « Midi première » présentée et animée par Danièle Gilbert, une très grande professionnelle qui précèdera deux autres personnalités inoubliables de la télévision française, Yves Mourousi et Roger Gicquel aux infos du 13 heures de la première chaîne... Des noms qui évoquent tout un passé visuel de publicités imaginatives conçues sur mesure, de dessins animés originaux avec par exemple la belle marche harmonique descendante pour « Les Tifins » (pour savoir ce que c'est sur le plan technique musicale, voir la page B.a-ba de la composition), des personnages créés pour la promotion de la nouvelle chaîne privée TF1 encore emprunte de l'esprit bon enfant de la télévision publique ; Jack Arel travaillera pour le théâtre, la comédie musicale, le ballet, en fait, rien n’arrêtera son talent ni ses capacités créatrices. Rappelez-vous qu'un compositeur de musiques de films a le sens de la mélodie et de l’orchestration ou alors, c'est qu'il est nul. Idem pour les idées musicales et les capacités inventives, on sait les mettre en valeur ou bien on ne le sait pas, un point c'est tout. La réussite dépend aussi du facteur chance en espérant être doté(e) de l'impulsion nécessaire pour savoir se vendre ; dans le cas contraire, vos capacités resteraient simplement dans l'ombre. Pour Jack Arel, ces questions ne se posent même pas.
Pour connaître le parcours complet et les réalisations de Jack Arel, cliquez ici (site officiel du compositeur) ; cliquez ici pour connaître sa biographie (rédigée par Stéphane Lerouge)
DVD « Les faucheurs de marguerite : Le temps des as », une série de Claude Boissol (1980) avec Bruno Pradal, Jean-Claude Dauphin, Christine Laurent, Clément Michu, Gernot Endemann, Georges Caudron. Musique de Jack Arel. Chez L.C.J. Editions et productions.
UNE HISTOIRE COMPLETE DE L'AVIATION en 4 séries différentes (celle présentée ici Le temps des as est la deuxième série, après Les faucheurs de marguerites et avant La conquête du ciel puis L'adieu aux as). POUR EN SAVOIR + CLIQUEZ ICI (L.C.J. Editions et productions). Pour écouter la musique du générique cliquez ici (infos Coucoucircus)
L'histoire de l'aviation, photos, explications... Cliquez ici (infos Acam.association) |
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James Drury avec Lee J. Cobb |
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L'anglais Geoff Love, le français Franck Pourcell et l'allemand James Last se sont certainement inspirés du modèle Percy Faith ; Hill Bowen et peut-être même George Jouvin se seraient trouvés un père spirituel en la personne de Percy Faith car nul autre musicien ne pouvait mieux que lui honorer à ce point sa passion, celle de toute une vie, un domaine fantastique : l'arrangement. Né au Canada en 1908, il a étudié le violon à sept ans et le piano à 10 ans, ce qui est généralement l'inverse d'une procédure plus logique (un instrument polyphonique pour commencer puis un instrument mélodique). Mais à 18 ans un accident empêchera le nord-américain de commencer une carrière de pianiste/concertiste. Heureusement que l'artiste disposait de plusieurs crins à son archet et c'est dans les arrangements musicaux qu'il se fera remarquer dans son pays natal avant d'entendre le chant des sirènes des studios de l'Oncle Sam. Auteur de plus de 45 microssillons, très populaire pendant près de quarante années, Percy Faith aura brillament servi la musique comme quoi son tragique accident qui ne lui permettait plus d'utiliser normalement ses doigts en tant que concertiste en pleine ascension créera une autre réussite exemplaire. La destiné, vraiment, c'est quelque chose de surprenant mais il devra tout de même son parcours à un énorme travail du à sa capacité créatrice exceptionnelle : il déposera pour archivage environ 30 000 partitions manuscrites originales à l'Université de Provo dans l'Utah ce qui n'est pas peu dire !
Pour tout savoir sur Percy Faith cliquez ici
(biographie très complète, infos Encyclopédie canadienne et Histor!ca, en français)
Autres infos sur la série TV « Le Viginien » (voir photo ci-contre) page précédente |
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Extrait de la pochette du disque 33 tours |
Le parcours de ce compositeur n’est pas banal. Né en 1934 à Los Angeles, il est le fils de l'acteur et réalisateur franco-américain Gaston Glass, né à Paris en 1899 et très présent dans les meilleurs films en noir et blanc et productions télévisées pendant plud d'un demi-siècle (Bus stop, Batman, Voyage au fond des mers...). Paul étudiera donc la musique à l’Université de Californie du sud, jusque là, rien de bien surprenant. L’un de ses enseignants s’appellait Hugo Friedhorfer (orchestrateur de E.W. Korngold et assistant de Max Steiner, les piliers musicaux d’Hollywood). C’est déjà plus caractéristique d’un apprentissage remarquable. Mais voilà, notre jeune compositeur en herbe est de plus en plus motivé par ses glorieux professeurs et certainement aussi par l’envie de savoir ce qui se fait ailleurs alors commence dès les années 50 de nombreuses pérégrinations : Rome, retour en Amérique à Princeton dans le New-Jersey, départ pour Varsovie, retour aux Etats-Unis où il compose pour la télévision, envol pour la France où il séjourne quatre années pour tout savoir sur la composition classique avec Anton Webern, nouveau repli dans son pays natal pour de nouvelles compositions puis voyage en Suisse du côté italien. Il finira par s’y fixer en tant qu’enseignant de conservatoire en composition évidemment et formera de nombreux artistes. En fait, il aura surtout composé pour la télévision, on lui doit peu de musiques de films. L’écriture de « Bunny Lake a disparu » est pourtant un chef-d’œuvre. En effet, le réalisateur Otto Preminger souhaitait la présence quasi-permanente d’une musique d’accompagnement et d’entraînement, de soutien et développement de l’action ; l’orchestration très expressive, très variée et surtout très présente par la persistance d'une mélodie remarquable fut obtenue grâce au travail effectué entre les deux artisans en amont du tournage. Les chansons du groupe The Zombies ne sont pas non plus sans intérêt. |
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Film BUNNY LAKE A DISPARU |
Cette étroite collaboration étroite entre le réalisateur et le compositeur reste malheureusement dans la profession une démarche rare lorsqu’elle est menée à ce point de réussite mais elle est terriblement gratifiante pour tout le monde y compris à l’arrivée pour le spectateur. La musique atonale est présente quand il le faut et rappelle l'angoisse de la mère déterminée à retrouver son enfant même lorsque cette maman n'apparaît pas à l'écran ; l’utilisation de la flûte à bec dans les parties mélodiques est une démarche également très originale (une idée reprise par la suite dans les films pour illustrer l'enfance, par exemple dans le « Pinocchio » de Comencini, musique de Fiorenzo Carpi, voir rubrique ci-dessous). À noter l'une des orchestrations basée un bon violon solo dans le sur-aigu et le saxophone soprano dans une continuelle richesse harmonique. Avec les changements de tons fluides et le choix judicieux des instruments de l’orchestration (on y entendra même le son du clavecin), l’ensemble produit une musique de film de toute première importance, malheureusement bien trop méconnue et dépréciée à l'époque alles savoir pourquoi. Le thème avec son contre-chant est rare et superbe. Il convient de préciser ici à tous les apprentis compositeurs qu’une mélodie aboutie doit posséder son propre contre-chant, à l’exemple de l’ombre et du soleil : l’un ne va jamais sans l’autre ! Les pages B.a-ba de la composition de ce site vous apporteront quelques conseils en la matière, cliquez ici. Mais quand va t-on enfin pouvoir apprécier à nouveau ce film et sa musique introuvable en VHS, DVD et Blu-ray ?
Pour entendre des extraits d’œuvres de Paul Glass, cliquez ici (infos Médiathèque de l’Ircam)
Un groupe pop/rock anglais a composé plusieurs chansons pour le film « Bunny Lake a disparu » ; pour connaître le parcours des « Zombies » cliquez ici (infos Wikipedia)
Pour apprendre beaucoup de choses sur la psychologie d’un film remarquable dont la musique est signée Paul Glass, cliquez ici : « Lady in the cage » un film de 1963 avec Olivia de Havilland et James Caan. À redécouvrir d’urgence !
Attention ! Ne confondez pas Paul Glass avec Philip Glass, un autre compositeur de musiques de films |
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Howard GOODALL, compositeur |
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Jeunes et déjà complices (Exeter, 1980) ! |  |
Howard Goodall est un musicien complet. Né en 1958 dans le Kent en Grande-Bretagne et formé selon une éducation typiquement anglosaxonne à Oxford, il sera jeune très attiré par le chant choral. Il en fera même une passion qui guidera ses choix musicaux dans sa courte carrière. Chef de chœur, pianiste et organiste accompagnateur, enseignant, chef d’orchestre, arrangeur, chroniqueur, il deviendra le compositeur attitré des aventures de son collègue d’université Rowan Atkinson (voir photo ci-contre extraite du site officiel du compositeur : Atkinson à gauche, Goodall au centre) avec son personnage Mr Bean. Le générique des séries télévisées est interprété par une chorale d’église menée par Howard Goodall. Mais la particularité du travail du compositeur ne s’arrête pas là : très imprégné par la musique baroque et classique, il introduira néanmoins le jazz et les musiques du monde dans ses compositions. Aussi à l’aise dans le blues, le jazz fusion, le rap ou le hip-hop, il visitera les pays et festivals qui l’aideront à étendre ses multiples connaissances et permettront de faire connaître ses capacités créatrices. Présent en 2001 au Festival in Jazz de Marciac, il s’attachera à diffuser la musique chorale à la télévision et dans chaque spectacle de scène dont il assurera la partie musicale (théâtre, comédie, reconstitution historique) à l’image de la vie culturelle anglaise très riche et friande de talents avérés. Dynamique et sympathique, maniant l’humour et la dérision comme tout british qui se respecte, Howard Goodall livre pour le rafraîchissant et divertissant film « Les vacances de Mr Bean » un cocktail de musiques de films toutes remarquables par leur nature mélodique et leur harmonisation très variée. Un passage musical très court au milieu du film nous replonge dans la dernière musique de film de George Delerue pour « Man Trouble » : un orchestre réduit avec prédominance des cordes, le solo de clarinette pour un morceau très doux. Une ressemblance frappante avec le merveilleux compositeur français (voir ici) ce qui témoigne du talent d’Howard Goodall en donnant une indication sur ses sources d’inspiration : elle sont de tout premier ordre. La relève semble donc être parfaitement assurée ! À noter que le disque compact de la musique du film n'existe pas encore. Quelle erreur de jugement et quelle faute de goût ! |
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| Thank you so much Monsieur Bean ! |  |
Merci Mr Bean, vous êtes génial ! |  |
Doit-on dire Angleterre, Royaume-Uni ou Grande-Bretagne ?
Tout dépend de quoi l’on parle. En effet, la grande île est constituée de trois pays : l’Angleterre (capitale Londres), l’Écosse (capitale Édimbourg) et Le Pays de Galles (capitale Cardiff). Elle s’appelle la Grande-Bretagne. Associée à l’île voisine l’Irlande du Nord (capitale Belfast), la Grande-Bretagne forme Le Royaume-Uni. L’appellation officielle est « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ».
Bref historique de l’Irlande.
Après l’arrivée de peuples venus de l’Europe du Nord, les Celtes coloniseront l’île à partir de l’An – 500 avant J.C. Les romains ne débarqueront jamais sur l’île mais les druides et les bardes structureront une société très clanesque. Environ mille ans plus tard le christianisme s'imposera avant le débarquement des Vickings au VIIIe siècle. L’Irlande retrouvera son indépendance au prix de fameuses batailles mais les anglo-Normands feront leur apparition vers l’An 1160. Henri VIII Tudor sera nommé Roi d’Angleterre et d’Irlande ; la colonie britannique se développera puis les catholiques prendront leurs distances face aux protestants : en 1922 l’Irlande devient État libre et indépendant mais les britanniques occupent toujours la partie nord de l’île. Il faudra attendre 2007 pour voir les dernières troupes britanniques quitter l’Irlande du Nord qui bénéficie d’un statut ambigu de semi autonomie. La réunion des deux territoires semble néanmoins inéluctable, l'Irlande devrait redevenir unie et indivisible. Au fil des siècles partout sur la Terre, les peuples se sont formés, séparés, ont livré des guerres d'invasion, de colonisation ou se sont entendus avec d’autres civilisations avant de disparaître ou de réapparaître tôt ou tard. C'est une évidence : l’histoire de l’humanité est résolument très compliquée !
Site officiel du compositeur Howard Goodall, cliquez ici (site en anglais)
Site du film Les vacances de Mr Bean, cliquez ici (site en français)
Site officiel du film (en anglais)
Autre article du site sur l'Irlande : le réalisateur John Ford et L'homme tranquille, cliquez ici (Les musiques de films page VII) |
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John FRIZZELL, compositeur |
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| Policier |  |  |
Kate BECKINSALE dans WHITEOUT, L'ENFER BLANC |
WHITEOUT, L'Enfer blanc, un film de Dominic Sena (2009) avec Kate Beckinsale, Tom Skeritt, Gabriel Macht... D'après la bande-dessinée de Greg Rucka. Musique de John Frizzell. Un film Warner Bros/Studio Canal.
John Frizzell chantait déjà dans une chorale de bon niveau dès l'âge de 12 ans et sa passion pour la musique est restée intacte depuis. Pas vraiment très musique classique dans le style ni dans la technique, il va devenir un touche-à-tout féru de bons plans au gré de ses rencontres amicales d'étudiant appliqué : il s'essayera à la guitare-jazz, au vibraphone, au claviers en se lançant dans l'étude du rap et de les toutes formes musicales anti-conventionnelles. Toujours partant pour se lancer dans un projet original, John Frizzell développera ses talents dans l'apprentissage des différentes expressions musicales, une richesse qui se retrouvent dans son travail pour le récent et très bon film canado-québéco-français « Whiteout, l'Enfer blanc » : les sons électroniques des synthétiseurs et autres instruments peu habituels se mélangents aux cordes de l'orchestre symphonique. Du coup il lui faudra l'aide de trois autres arrangeurs pour préparer les partitions remises aux musiciens avant les séances d'enregistrement. La bande-son du film est donc réussie même si elle ne possède pas de mélodie particulièrement remarquable, un manque propre à la nouvelle génération de compositeurs incapables semble t-il d'en composer au moins une par film. Curieuse, cette absence est réellement curieuse. Il répondra néanmoins présent pour le thème (qui n'en n'est pas vraiment un) du célèbre film catastrophe « Le pic de Dante » dont son copain James Newton Howard en fera un excellent usage (voir ici). John Frizzell n'hésitera pas à former d'autres jeunes apprentis compositeurs dont le français Jérôme Leroy qui vit à Los Angeles et évolue dans la profession tant bien que mal : il est toujours aussi difficile de se faire une place au soleil dans un milieu artistique très fermé mais tout arrive avec l'âge et la persévérence, la chance aidant, c'est tout ce que l'on peut lui souhaiter. Une affaire à suivre... Note d'Alix pour le film et la musique de John Frizzell : Très bon !
Site officiel du compositeur, cliquez ici |
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Trevor RABIN, compositeur |
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| Guerre |  |
|  | L’ESCADRILLE LA FAYETTE/FLYBOYS, un film de Tony Bill (2006) avec James Franco, Martin Henderson, Jean Reno, Augustin Legrand, Martin Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff, Jennifer Decker, David Ellison, Tyber Labine. Musique de Trevor Rabin. Un film Electric Distribution.
La première guerre mondiale, des avions et un aigle. Voici comment résumer le contenu du film basé sur des faits historiques. Le parcours de ces jeunes américains venus en France risquer leur vie pour sauver la patrie lors du conflit 14-18 méritait bien de justifier un tel film après celui réalisé en 1958 « C’est la guerre/L’Escadrille La Fayette » avec sa musique signée Léonard Rosenman (voir ici). Les États-Unis n'étaient même pas entrés en guerre du moins officiellement c'est dire l'engagement de ces héros bien intrépides dotés d'un courage exemplaire. La légende est née avec eux et perdurera à travers leur souvenir : à Marnes-la-Coquette dans les Hauts de Seine s’élève un Mémorial impressionnant dédié à ces 68 jeunes pilotes de l’Escadrille La Fayette décédés au combat. Le capitaine Thénault de l'Armée de l'air française est joué par Jean Réno dans le film de Tony Bill et ce dernier rend crédible l'aventure : sa compréhension de la situation, son humanité et son bon jugement des choses permettront aux novices de devenir des combattants purs et durs dont l'action contribuera aux succès futurs des alliés lors de la Première guerre mondiale. Parmi les hommes de l'escadrille La Fayette se trouvait Eugène Jacques Bullard (photo ci-contre, en haut à droite), un pilote passionné qui aura vécu une aventure hors du commun, un parcours mouvementé et extraordinaire le transportera dans plusieurs univers sur plusieurs continents à des époques très tourmentées. Cet homme qui ne pouvait pas vivre normalement chez lui à cause de la couleur de sa peau aura tout connu : le désespoir et l’enthousiasme, la paix et la guerre, l’abandon et le mépris, il se retrouvera dans des situations si extrêmes qu’il expérimentera tous les sentiments humains. Une vie riche et glorieuse qui le laissera pourtant vieillir et mourir dans l'oubli total de ses pairs : le peuple américain n’aura jamais reconnu à sa juste valeur son courage et ses actes de bravoure comme l’aura fait, heureusement, la France. Décoré et respecté, le peuple français saluera et se recueillera toujours sur son dévouement car il en fallait des tonnes pour voler sur des coucous très élaborés pour l'époque mais trop fragiles pour affronter les excellents pilotes allemands au seul tort, terrible, celui de se retrouver dans le camp du Mal. La Grande guerre aura révélé des talents mais engendré avant tout le chaos. Ce ne sera malheureusement pas le premier du siècle...
Alix remercie le Septième art pour ce film Incontournable avec sa musique maîtrisée, sans mélodies originales mais bâtie sur des orchestrations performantes (contrairement au film suivant, voir ci-dessous). Les images des combats aériens sont fantastiques, on s'y croirait ! À noter sur le dvd des bonus passionnants sur la vraie Escadrille La Fayette. Un très bon film à offrir en cadeau à toute occasion.
Pour en savoir + : Wikipedia et Mémorial de l'Escadrille. |
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| Quand la montagne accouche d'une souris... |  | |
LA MONTAGNE ENSORCELÉE, un film d'Andy Fickman (2009) avec Dwayne Johnson, AnnaSophia Robb, Alexander Ludwig, Carla Gugino... Musique de Trevor Rabin. Un film Walt Disney Pictures.
Alix adore les films de Walt Disney ; gamine, elle aura dévoré Le journal de Mickey et connaît parfaitement ses grands classiques, les dessins animés ou les (télé)films produits par le maître du divertissement pour enfants. Alix était une fidèle parmi les fidèles des anciennes émissions télévisées Disney dimanche présentée par l'ami Tchernia alors voilà, Alix n'aura pas de mots assez forts pour crier à chaud sa déception après un visionnage volontairement écourté de La montagne ensorcelée version 2009. C'est pour vous dire : dès le début du film Alix aura grincé des dents : montage très serré, images qui s'enchaînent sans avoir le temps de voir quelque chose, musique bruyante et fatiguante, commentaires plats et sans saveur. Bref, ça partait mal. La suite n'aura rien sauvé. Les scènes de poursuite donnent le sentiment d'être réalisées avec de petits moyens, les effets spéciaux sont ordinaires à part peut-être celui-ci ou celui-là et encore, les trucages prêtent à sourire à moins de n'avoir jamais rien vu dans le genre (Alien ou Terminator par exemple). Dans ces conditions il devient impossible de toucher la corde sensible de notre critique préférée avec un doublage moins performant que d'habitude. La seule bonne idée de ce film et on ne sait pas qui remercier pour cette brillante initiative, c'est l'apparition d'anciennes jeunes vedettes du cinéma de papa. Dans les seconds rôles du film on peut ainsi remarquer (à condition d'être prévenu car le temps a fait son oeuvre) Ike Eisenman dans la peau du shériff et Kim Richards dans celui de la serveuse (voir photo à droite ci-dessous). Leur rencontre dans le bar est faite d'un regard très complice et fortement amical à en faire pâlir de jalousie les deux jeunes nouvelles vedettes totalement transparentes (Fade et Fadette) qui les ont remplacé 35 ans plus tard dans les mêmes rôles. On reconnaîtra également Meredith Salenger en reporter télé nommée Nathalie Gann ce qui nous replonge dans sa performance d'actrice à l'époque de Natty Gann (voir ici). Pour ce touchant retour en arrière, le film vaut le détour. Mais n'espérez pas d'autres apparitions. Une disparition tout au plus...
Alix trouve ce film Médiocre et la musique de Trevor Rabin absolument Nulle : les particularismes du hard-rockeur autodidacte et du musicien multi-culturel de scène reprennent le dessus et ne parviennent pas à justifier présentement son travail bâclé de compositeur de musique de film : toujours pas de mélodie ni d'orchestration élaborée, juste une note tenue en bourdon sur laquelle s'enchaînent des suites de notes sans queue ni tête à fond la rythmique électronique. Des percussions, que des percussions, c'est trop facile. Voici un travail alimentaire et c'est une horreur pour les oreilles expertes d'Alix qui délivre aujourd'hui un jugement sans appel, une fois n'est pas coutume dans les productions toujours de qualité lorsqu'elles sont estampillées Disney.
La version originale de 1975 (réalisateur, John Hough et musique, Johnny Mandel) est évidemment complètement dépassée mais conserve ce côté charmant et désuet qui pourrait encore séduire un (très) jeune public. En 1978 une suite toujours de John Hough « Les visiteurs d'un autre monde » (musique de Lalo Schifrin) relève le niveau. Façon de parler car notre duo d'extraterrestres pratique à volonté la lévitation ! |
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Bien vu bien fait, les versions de 1975 et 78 |
Pas vu pas pris, la version de 2009 | |
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Joseph WILLIAMS, compositeur |
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| Fantastique |  |  |
Montage FX |
LA LÉGENDE DE GATORFACE, un téléfilm de Vic Sarin (1996) avec John White, Dan Warry-Smith, Charlotte Sullivan, Gordon Michael Woolvett, Kathleen Laskey, Paul Winfield, C. David Johnson... Musique de Joseph Williams. Un dvd Hallmark Entertainment / Aquarelle
Voici l'exemple même d'un téléfilm familial rendu intéressant par son doublage français impeccable, évidemment. N'y cherchez pas d'effets spéciaux extraordinaires ni de trucages à réveiller une habituée des meilleurs films de science-fiction, notre chère Alix. La photographie est belle, les décors sont soignés, les personnages adhèrent bien au scénario et croient dur comme fer à l'histoire pourtant banale d'un crocodile qui sème la panique dans un village du Mississippi... S'il n'y avait Danny et Phil, deux enfants trop malins pour ne pas ne pas y voir autre chose qu'une mauvaise farce de potaches. Oui, il va y avoir un gros problème dans ce coin perdu et il serait peut-être temps que les policiers nonchalants et la population s'y penchent sérieusement. Que va t-on découvrir derrière le masque du monstre lorsqu'il va tomber ? Alix ne s'ennuie pas dans ce genre de production sans prétention conçue pour nous divertir et c'est gagné - l'essai est réussi. John White, le jeune héros du film, n'en était pas à son rôle d'essai et il continue aujourd'hui encore une très honnête carrière d'acteur (on le reverra dans les spéciaux American Pies). Pour ce qui est de la musique, les arrangements rock'n roll, traditionnels du sud et classiques émergent de l'imagination fertile de Joseph Williams ; ses compositions sont très bien adaptées à l'ambiance chaude et déjantée du téléfilm. Notre ami signe ainsi un démarrage très remarqué dans le milieu fermé de la musique pour le cinéma : les gènes de son père John Williams (voir ici) y sont sûrement pour quelque chose... Ancien membre de l'équipe de Steve Porcaro et du groupe mondialement célèbre Toto (voir ici), le compositeur mélodiste et rockeur doté de multiples talents conserve une grande marge de manoeuvre : la variété de scène comme profession principale, la composition comme passion, le discernement comme ciment, l'amitié comme compagnon de route et la fidélité comme marque de fabrique. Joseph Williams, voilà un artiste complet, c'est caïman certain. Appréciation d'Alix sur Gatorface et sa légende : Très bien.
Site officiel de Joseph Williams, en fait, pour tout savoir de lui, cliquez ici
Ils ont osé : les magnats du pétrole vont provoquer dans le Golfe du Mexique la pire catastrophe écologique jamais commise depuis qu'une bande de salauds fait remonter des entrailles de la Terre l'or noir sous-marin. Et pauvres connards d'hypocrites que nous sommes, nous, les premiers consommateurs d'énergie fossile, comment nous faire pardonner ça ? Ah oui, le Président américain a dit que BP allait payer donc tout va bien, ça va aller... Alix ne savait pas que des millions d'animaux tués dans d'horribles souffrances avaient un prix. Quant aux responsables de l'hécatombe ils ont probablement déjà demandé à leur confrère Total la manière de faire durer les procès une ou deux decennies... |
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Patrick DOYLE, compositeur |
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| Toutes les femmes sont des princesses... |
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LA PETITE PRINCESSE, un film d’Alfonso Cuaron (1995) avec Liesel Matthews, Eleanor Bron, Liam Cunningham, Rusty Schwimmer, Arthur Malet… D’après la nouvelle de Frances Hodgson Burnett. Musique de Patrick Doyle. Un film Warner Bros.
Ce film fut un gros succès à sa sortie en 1995. Basé sur une légende du IIe ou IIIe siècle et transcrite en langue Sanskrite, le Rāmāyana à la base de l’indouisme aura alimenté l’inspiration du réalisateur mexicain Cuaron visiblement très nostalgique d’une certaine ambiance filmographique : choix de la lumière, de l’éclairage indirect, des ombres, des couleurs, des costumes et de la suggestion… Son goût pour le décor théâtral se retrouve dans ses films, on pense principalement à « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban ». L’Inde et ses mystères fédèrent souvent le public anglo-saxon peut-être nostalgique lui aussi d’une époque coloniale révolue : « La petite princesse » a bien été publié en 1905 quand les Indes étaient encore britanniques. L’atmosphère fantasmagorique de l’ouvrage est dépeinte avec bonheur ce qui ne pourra que ravir les enfants épargnés jusqu'ici de violence et de scènes choquantes, normal, ce film est un conte. Frances Hodgson Burnett, née à Manchester dans une grande pauvreté puis émigrée aux Etats-Unis évoque certainement dans l'ouvrage son propre parcours : « La petite princesse » est la petite fille qu’elle sûrement souhaité être mais nous n’aurions pas alors connu « Le petit lord Fontleroy » ni « Le jardin secret », autres œuvres à succès de la littérature pour enfants. Un dessin animé japonais s’inspirera à son tour des aventures de la petite princesse renommée pour l’occasion « Princesse Sarah ». « Toutes les femmes sont des princesses, c'est notre privilège » peut-on entendre au début du film. En 2010, c'est devenu une évidence absolue... |
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Montage FX |
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Le compositeur Patrick Doyle sait s’adapter aux situations d’un film : tour à tour lyrique ou discret, son style classique convient idéalement aux ambiances feutrées, sentimentales et généreuses sur le plan artistique ; avec ce film on est gâtés, les images et les cadrages sont magnifiques. Patrick Doyle ne négligera pas non plus l’aspect commercial de son activité professionnelle en composant l’une des chansons du film ; réellement chantée par la jeune actrice débutante Liesel Mathews - de son nom d’état-civil Liesel Pritzker - sa mère aura tenu le rôle de Scout dans « Du silence et des ombres/To kill a mockinbird » au théâtre (voir ici la description du film), elles connaîtront l’une et l’autre un gros succès populaire à l’échelle anglo-saxonne. En France nous avons nos propres bambins garçons ou filles au destin tragique : « Un bon petit diable » (voir ici la critique d'Alix) « Sans famille », « Les misérables »… Un sujet inépuisable qui ne se limite plus depuis longtemps aux seuls rejetons en culottes courtes : le film de James Cameron « Avatar » navigue dans le même climat fantastique que « La petite princesse » mais dans une toute autre dimension. Les paroles des chansons de « La petite princesse » par Liesel elle-même sont fidèles aux textes originaux du poète William Blake : la composition d’une mélodie sur des paroles pré-établies était l’une des spécialités de notre grand Jean Ferrat, une procédure très difficile à suivre à moins d’entendre naturellement la musique des mots ce qui était son cas. Constitué de phrases, de ponctuations et d’intonations variées, un poème a pour seul rival une mélodie bien orchestrée ; lorsque les deux fusionnent, l’art devient parfait. Patrick Doyle est un musicien talentueux aux idées orchestrales multiples qu'il ne faut pas quitter une minute des oreilles. Les Mélodies Modernes vous en reparlerons donc. Note de la princesse Alix à une autre princesse : voici un Très Bon film et Très bonne musique. |
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| Historique |  | |
LA DERNIÈRE LÉGION, un film de Doug Lefler (2007) avec Colin Firth, Ben Kingsley, Thomas Sangster, Aishwarya Rai, Peter Mullan, Kevin MacKidd, John Hannah… D’après l’ouvrage de Valerio Manfredi. Musique de Patrick Doyle. Un film Quinta communications, The Weinstein company.
L’époque traversée par la trame du film est passionnante : le parcours de Romulus, le dernier empereur romain d’une célèbre dynastie qui aura débuté 100 ans avant Jésus Christ avec la naissance d’un certain Jules César ; son fils adoptif Octave deviendra le premier empereur romain. Centrée sur le triste sort du dernier héritier d’une lignée légendaire au temps où Rome régnait sur la Méditerranée donc sur le monde, le petit Romulus (à ne pas confondre avec les jumeaux légendaires Romulus et Rémus fondateurs de Rome un siècle et demi avant lui) ne pourra jouir du pouvoir qu’une année à peine, en l’An 476 avant son exil en Dalmatie devenue aujourd’hui République de Croatie. Personne ne saura ce que deviendra cet enfant d’une dizaine d’années obligé de fuir les hordes sauvages, ces barbares rangés du côtés des romains avant qu’ils ne se retournent contre eux en quête du pouvoir absolu. Les goths de l’est et de l’ouest (ostrogoths et wisigoths comme dirait le capitaine Haddock) poursuivront Romulus et ses quelques fidèles jusqu’en Bretagne, sous-entendu le royaume breton formé par les actuelles Grande-Bretagne et Bretagne continentale afin d’y retrouver « La dernière légion » romaine. Mais vont-ils la trouver, existe-t-elle encore ? Un scénario éloigné de la réalité car en y incérant la fameuse épée Excalibur, le roi Arthur et Merlin l’enchanteur, le réalisateur ouvre en grand la porte des légendes celtiques. En tout cas c’est un vrai bonheur cinématographique qui nous donne de belles perspectives. |
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Les pensées philosophiques du film n’échapperont à personne : depuis que nous sommes apparus sur la Terre les conflits se succèdent, les guerres n'en finissent plus tout comme les actes de bravoure et de lâcheté. Toutes les transactions secrètes et les attitudes typiquement humaines sont dépeintes dans « La dernière légion » : des hommes mentent, pillent ou tuent leurs semblables pendant que d’autres veulent construire, réunir et apaiser une situation devenue critique. Jules César était de ceux qui ne font pas dans la dentelle : il n’éprouvera aucune pitié pour Vercingétorix qu’il assouvira à Alésia en Bourgogne à la suite d’un siège terrible pour l’armée gauloise battue et totalement épuisée. Le parcours de Romulus est évoqué dans « La dernière légion » ; descendant pourchassé des Vandales et autres sauvages qui provoqueront la chute de l’Empire romain, l’histoire se construit intelligemment pour nous séduire : dans ce film, la crédibilité des acteurs et le doublage français font merveille. La photographie est faite de subtils enchaînements de couleurs et d’images tamisées qui créent une ambiance prenante. Côté musical, les orchestrations ne brisent jamais les tympans : élaborées à partir des incontournables cordes et percussions (timbales et caisses claires), les contre-chants aux cors s'imposent, ils sont de circonstance. La mélodie du film se présente comme un thème leitmotiv simple auquel il manquerait les autres thèmes correspondants aux personnages principaux. Malgré cette absence de mélodies multiples Patrick Doyle a fait de l’excellent travail en évitant le piège du romantisme anachronique ou du cliché historique redondant (une musique essentiellement basée sur les quartes et les quintes comme devait l’être la musique à l’époque romaine du moins le suppose t-on). Alix donne une Très bonne note au film et à sa musique. L'excellence n'est pas loin, Rome non plus. Avé César !
Pour en savoir + sur les empereurs romains, cliquez ici (site de Lulucom, infos en français)
Montages photos du film : FX |
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| Morton STEVENS, compositeur |
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Ross Martin et Robert Conrad, les héros de notre enfance |
Connaissez-vous le point commun aux meilleures séries et feuilletons TV ? C’est une idée qui jaillit du cerveau d’un homme ou d'une femme auteur, réalisateur, scénariste ou acteur. En faisant tranquillement son chemin, l’idée se concrétise pour devenir lumineuse avec le succès planétaire. C’est très simple. Jamais une série américaine n’aura autant marqué les téléspectateurs que « Les mystères de l’Ouest ». Plusieurs générations ont pu découvrir les aventures extraordinaires de deux agents très spéciaux au service du Président Grant. Mêlant habilement la science-fiction, le fantastique, les histoires d’espionnage sur fond de western, tout concourrait à la réussite de l’entreprise lancée par son créateur Mickaël Garrison. Les acteurs Robert Conrad alias James West et la voix française de Jacques Thébault (Steve Mac Queen, Patrick Mac Gohan, Roy Scheider…) associé à son double Ross Martin alias Artémus Gordon et la voix de Roger Tudel ont révolutionné le petit écran dans les années 60. On n’avait encore jamais vu ça ! Explosion, courses-poursuites, déguisements, scénarios élaborés, la série rediffusée à maintes reprises reste très divertissante. Morton Stevens sera intervenu en tant que « superviseur musical » sur les compositions réalisées pour la série télé. Pas moins de six compositeurs auront écrit pour les épisodes de la première saison : Morton Stevens, Richard Shores, Dave Grusin, Harry Geller, Robert Drasnin et Richard Markowitz à qui l'on doit probablement le théme du générique et la plupart des compositions entendues. Comme ses collègues réputés, Morton Stevens n’était pas à son coup d’essai. Arrangeur et chef d’orchestre des musiciens de Sammy Davis Junior dès le début des années 50, il commence à composer pour les séries télé de CBS en 1953. Il deviendra le directeur musical de la compagnie sans négliger son travail de fond. Il composera des musiques remarquables et adaptées pour les séries et feuilletons télévisés. « Des agents très spéciaux », « Hawaï police d’état », « Gunsmoke » avec Dennis Weaver, « Matt Helm » avec Anthony Franciosa, « Mandrake », « L’homme qui tombe à pic », « Espion modèle »… et les téléfilms « Banjo Hackett » (réalisateur Andrew Mac Laglen, 1976) avec sa musique style western très bien orchestrée (technique d’écriture la montée d’un demi-ton : pour relancer l'intérêt d'une même phrase musicale et éviter de la répéter telle quelle, on la fait rejouer un demi-ton plus haut, opération que l'on peut reproduire plusieurs fois de suite si nécessaire ; c'est du plus bel effet). Morton Stevens est décédé jeune en 1992 en Californie à l’âge de 62 ans.
Pour en savoir + sur la liste des compositions de Morton Stevens, cliquez ici (infos IMDb)
Parcourez le site des fans de la série en cliquant ici (infos du seul vrai Fan club français de la série)
Pour écouter le générique, cliquez ici (site Les génériques tv). Attention, il s'agit de la reproduction sur synthétiseur de l'orchestration originalement conçue pour instruments acoustiques. |
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Florian FRICKE, compositeur |
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Florian FRICKE |
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Pianiste dès l'enfance et performant toute sa vie dans l'interprétation des concertos de Mozart qu'il adorait, Florian Fricke a développé son intérêt pour la musique New age avant même ses premières commandes de musiques de films au début des années 70. Après trois courts-métrages dont sa musique se fera déjà remarquer, le réalisateur Werner Herzog lui confiera l'illustration de ses plus grands succès internationaux dont « Fitzcarraldo ». À la tête du groupe « Popul Vuh » il se lancera dans l'expérimentation des sons électroniques mixés à la voix humaine : conjuguer cordes acoustiques, électroniques et vocales n'était sûrement pas un pari gagné d'avance. Caché derrière un appareillage de plus en plus imposant constitué de samplers (d'échantillonneurs pour enregistrer les sons et les restituer plus ou moins déformés), de claviers, de raccords et de fils de toute nature reliant les synthétiseurs analogiques bourrés de sons harmoniques (Alix vous l'a déjà expliqué, il s'agit de sons secondaires qui permettent de différencier deux notes de la même hauteur - de la même fréquence), Florian Fricke valorisera l'utilisation de la gamme des synthétiseurs américains Moog (le Minimoog, le Moog memory...) toujours actuels grâce à l'amélioration technologique du tout-numérique. Ses confrères compositeurs de musiques de films sauront eux-aussi s'en servir, on s'en doute : Maurice Jarre (et surtout son fils indigne dans la profession de compositeur pour le cinéma, Jean-Michel), Vangelis, François de Roubaix, Philippe Sarde qui fut lui aussi l'un des premiers en France à exploiter les nouvelles frontières musicales ouvertes par le Moog... Pour vous donner une idée des sons que l'on peut obtenir avec de tels instruments rappelez-vous du tube « Pop corn » (de Gershon Kingsley, un compositeur anglais de musique instrumentale). C'était l'époque où le genre musical était apprécié... ce qui apportait évidemment du grain à Moog ! |
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| Aventures |
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Montage FX |
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FITZCARRALDO, un film de Werner Herzog (1982) avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale, David Pérez Espinosa, Josey Lewgoy, Miguel Angel Fuentes, Paul Hittscher, Enrique Bohorquez, Jean-Claude Dreyfuss… Musique de Popol Vuh. Un dvd Werner Herzog et CNC.
Un fleuve, deux rivières, un bateau, deux amoureux fous, une forêt, deux opéras : le peuple de l’immense Amazone n’a jamais vu ni entendu cela. Dans ce film pas comme les autres, l’action est soutenue par une musique atonale assez lugubre mais très novatrice ; composée d’une superposition de voix d’hommes et de femmes, cette musique de film est hors normes, terrifiante même. Un groupe aura créé ces sonorités originales pour l’ensemble des films de Werner Herzog, l'orchestre Popul Vuh dont le nom est emprunté à la « Bible maya », premier ouvrage connu à décrire la création du monde. Avec la musique comme lien étroit, « Fitzcarraldo » rappelle « Aguirre, la colère de Dieu » (voir ci-dessous) et les autres films tout aussi typiques et dépaysants du réalisateur allemand. La présence de l’exceptionnel acteur Klaus Kinski au caractère bien trempé marque fortement les films centrés autour des personnages bizarres qu'il incarne, une carte de visite d'homme pas facile qui le suivra toute sa carrière cinématographique jalonnée de grands « coups de gueule » et d'insultes parfois proférées en public. Peu importe la forme, l'acteur apportera un fond précieux à la réussite de « Fitzcarraldo » et son immense talent représenté par son sens du placement face à la caméra sera très apprécié, entre autres, du public français et francophone. C'est ce que l'on appelle un jeu d'acteur exceptionnel. Alix qui rame pas mal pour vous donner satisfaction ne vous mène pas en bateau pour autant : elle trouve ce film Excellent et sa musique Très Bonne dans le contexte mystérieux et envoûtant du film.
AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU/Aguirre, der Zorn Gottes, un film de Werner Herzog (1972) avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Ruy Guerra, Del Negro, Peter Berling, Cecilia Rivera, Danny Ades… Musique de Popol Vuh. Un dvd Werner Herzog et CNC.
Un film époustouflant avec un acteur allemand déconnecté qui dégage des ondes terrifiantes ; Klaus Kinski est extraordinaire dans ce chef d'oeuvre intemporel totalement hors normes par sa musique planante. Des paysages rarement filmés, une mise en scène hallucinante, des conditions de tournage épouvantables, une caméra magique toujours en mouvement sans jamais soûler : Incontournable et Inégalé.
Site en hommage au compositeur Florian Fricke et à son groupe Popol Vuh, cliquez ici
Pour en savoir + sur les instruments électroniques Moog, cliquez ici (infos Wikipedia)
Pour en savoir + sur Klaus Kinski, cliquez ici (infos nanarland, en français) |
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