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 | Les musiques de films (XIX) |
Alan SILVESTRI, compositeur |
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Jaquettes des DVD |
Lorsque l’on parcoure la biographie du compositeur on ne peut s’empêcher de penser que certains ont de la chance. Devenir l’un des meilleurs compositeurs de musique de film par le plus grand des hasards, quelle veine ! Il faut dire qu’Alan Silvestri est né en 1950, l’année où deux français, Herzog et Lachenal, gravissent pour la première fois l’Annapurna : un signe d’ascension fort que ne démentira plus l’américain tout au long de sa jeune carrière. Une paire de baguettes de caisse-claire de batterie entre les mains dès l’âge de trois ans, Alan Silvestri mènera son bonhomme de chemin dans l’esprit musical des années 60. Touchant à tous les instruments à vent et à percussion, il étudiera sérieusement la musique dans un collège parmi les plus réputés mais son idée de jouer et de composer pour son groupe rock à la mode l’amènera à tenter sa chance de Boston à Los Angeles en passant par Las Vegas. Sa rencontre avec Quincy Jones ne sera pas déterminante ; c’est un ami à lui qui l’entraînera dans la musique de film. En lui demandant son aide pour composer la musique d’un film de 1972 « The Doberman Gang » qui raconte l’histoire de braqueurs utilisant des chiens pour attaquer les banques (sans relation avec la série de romans de Joël Houssin et de l'adaptation cinéma de Jan Kounen avec « Dobermann » en 1997), en lui donnant la possibilité d’écrire pour un film disais-je, l’ami d’Alan Silvestri le faisait entrer définitivement dans le métier à l’âge de 21 ans seulement. |
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Collection FX |
Suivirent les séries TV à succès « Starsky et Hutch » pour un épisode de l’année 1977, la musique du générique étant signée de Lalo Schifrin voir ici (pour en savoir + sur le générique français), « Chips », « Manimal » et les incontournables comédies aventureuses « À la poursuite du diamant vert », « Le diamant du Nil » sans oublier la remarquable trilogie « Retour vers le futur » grâce à sa rencontre avec le réalisateur Robert Zemeckis. À noter la comédie légère « J'ai épousé une extra-terrestre » en 1988 (photo ci-dessous) et les fameux « Judge Dredd » (un bide au cinéma on se demande bien pourquoi surtout avec une bande orchestrale élaborée !), « Mort ou vif » avec une mag,ifique Sharon Stone voir ici, « Forrest Gump » et son thème principal inoubliable au piano, « Au revoir à jamais » voir ici, « Seul au monde », « Volcano » voir ici, « Contact », « Van Helsing » bref, que des énormes succès... Et plus récemment « Beowulf ». Comment ne pas comprendre aisément le bonheur d'Alan Silvestri de composer pour des films pareils, excellemment joués et réalisés qui deviennent si populaires ! « Predator 1 et 2 » sont l’exemple même d’une écriture musicale réussie. Les percussions chaudes de l’Amérique latine et autres effets sonores mélangés aux violons de l'orchestre symphonique créent une ambiance extraordinaire ; la superbe bande-son du film amènera le compositeur à recevoir l’estime de la profession et l’admiration des spécialistes du genre musical. Alan Silvestri est un grand compositeur qui perdurera encore longtemps on l’espère dans la réussite professionnelle ; pour nos oreilles exercées ce sera… notre chance à nous !
Plusieurs critiques de films dont Alan Silvestri a composé la musique, cliquez ici pour accéder à la rubrique d'Alix
Pour en savoir + sur le compositeur, visitez son site perso. très bien fait (en anglais) |
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| Western |  |  |
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MORT OU VIF/The quick and the dead, un film de Sam Raimi (1995) avec Sharon Stone, Gene Hackman, Russel Crowe, Leonardo Di Caprio, Lance Henricksen, Kevin Conway et Roberts Blossom. Musique d’Alan Silvestri. Un film Tristar Pictures.
Jubilatoire, ce film est jubilatoire. Il faudrait ne pas aimer le cinéma pour empêcher l’enthousiasme vous gagner. Il y a d’abord la photographie, superbe, les cadrages, formidables, la musique, parfaite mais tous les corps de métiers représentés excellemment dans cette production ne seraient pas grand chose sans la présence éclatante des acteurs, tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Sharon Stone nous livre une performance et n’aura jamais autant convaincue qu’avec son personnage hors du commun, la femme cow-boy intrépide et vengeresse. Elle fume, elle dégaine, elle cogne mais saura rester tellement féminine le moment venu… À coups sûr, Sharon Stone est magnifique et resplendissante. Un âge idéal, un regard qui tue, une beauté plastique dans une atmosphère enivrante : son visage expressif illumine l’écran et rarement une actrice aura été mise en valeur aussi bien que dans la poussière, la sueur et le sang d’un western. Un film dont elle avait foi puisqu’elle l’a co-produit. Le pari était pourtant osé après les monuments issus du couple amical et professionnel Sergio Leone/Ennio Morricone ; sans tomber dans le piège de la comparaison facile, Raimi le réalisateur et Silvestri le compositeur de « Mort ou vif » sauront donc rester originaux et créatifs. Un remerciement particulier doit également être adressé à Gene Hackman, l’un des meilleurs acteurs américains de tous les temps qui aura pu jouer tous les rôles, de l’incorruptible de la « French connection » au salaud absolu de « Mort ou vif ». Les voix françaises qui doublent tous ces talents sont d’une richesse incroyable et donne le relief supplémentaire nécessaire à la fusion du son et des images. Un film à revoir de toute urgence (et surveillez vos arrières, on ne sait jamais…). L’appréciation d’Alix : Excellent. La musique : Parfaite.
À noter que Sharon Stone n'est plus que l'ombre d'elle même quand elle dégaine. Dans le récent « Streets of blood » de Charles Winkler (2009), un film au titre aussi indigeste que son contenu (ne pas traduire un titre aussi simple en langue française pour la distribution en France relève d'une forme grave de débilité précoce), Sharon Stone fait peur en prenant de l'âge : rarement une actrice aura connu de parcours professionnel aussi cahotique. Pour avoir beaucoup misé sur son physique fort avenant, il faudrait maintenant penser à lui redonner des rôles forts en conformité avec ses propres aspirations, l'actrice démontrerait qu'elle possède toujours beaucoup de talent. Les réalisateurs américains commenceraient-ils à penser comme les réalisateurs français qu'après cinquante ans on ne vaut plus un clou ? Damned, encore une forme grave de débilité profonde... |
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| Film catastrophe |  |  |
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VOLCANO, un film de Mick Jackson (1997) avec Tommy Lee Jones, Anne Heche, Gaby Hoffmann, Don Cheadle, Keith David. Musique de Alan Silvestri. Un film 20th Century Fox.
Encore un film catastrophe me direz-vous. Oui mais pas n’importe lequel. Après le premier du genre « L’aventure du Poséïdon » au début des années 70, de nombreux films se sont enchaînés avec plus ou moins de bonheur. « Le pic de Dante » fut fameux, « Volcano » sera fumeux. L’histoire est tellement invraisemblable qu’elle en devient totalement crédible et c’est ici le secret de sa réussite. Excellents acteurs, réalisation maîtrisée, effets spéciaux non spécieux mais spatiaux, la musique d’Alan Silvestri fait à nouveau des ravages. Bien dosée, elle saura rester calme et pondérée jusqu’aux débordements du volcan qui jailli sous Los Angeles, la ville des anges : l’orchestration symphonique jamais tonitruante fera alors des merveilles en soutenant parfaitement l’action. Dans cette situation désespérée ceux qui pourront prendre leur envol sont ceux qui pourront s’en sortir. Heureusement, toutes les bonnes volontés vont s’unir contre le mal absolu, celui que peut déclencher les entrailles de la Terre, l’éruption volcanique. C’est beau et tragique à la fois. Pendant le visionnage des séquences, lorsque chacun pense à sauver une autre vie que la sienne, on ne peut s’empêcher de penser que la solidarité entre les victimes est la conséquence d’une société soudée et bien organisée et c’est l’un des thèmes favori de la société américaine ; l'un de ses fondements auquel on adhère complètement. Par exemple la centralisation des secours en un commandement unique mené par l’héroïque Tommy Lee Jones permet de regrouper toutes les informations pour mieux répartir les interventions des sauveteurs. Un pour tous, tous pour un (un thème français et universel). La deuxième partie du film met en scène des citadins recouverts de cendre le visage hagard et ces images réalistes de désolation rappellent l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center de New-York. La désorganisation des secours que l’on a dénoncé à l’époque était très éloignée de la réussite des acteurs de ce film de fiction. Au moment du drame véritable suivit en direct à la télévision et Alix se souvient encore de ces avions pénétrant dans les immeubles, des images pas si éloignées de la littérature et du cinéma, l'événement dont l'amplitude atroce n’avait jamais eu de précédent aux Etats-Unis arrêta la respiration du monde ; personne n'était préparé à un tel malheur. La réalité épouvantable de l’an 2001 venait de dépasser la fiction de 1997. Appréciation d'Alix sur le film : Excellent. La musique : Parfaite.
Cliquez ici pour voir la bande-annonce du film (infos fan-de-cinéma) |
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| Action/Fantastique |  |  |
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LE BERCEAU DE LA VIE/Lara Croft Tomb Raider, un film de Jan De Bont (2003) avec Angelina Jolie, Gerard Butler, Noah Taylor, Djimon Hounsou, Til Schweiger et Christopher Barrie. Musique d’ Alan Silvestri. Un film et un DVD Paramount.
Souvent je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître : la profondeur de l'océan ou la profondeur du coeur humain ». Lautréamont, Les chants de Maldoror (1868). Voici le film d’action par excellence. Angelina Jolie est parfaite en héroïne débordante d’énergie et de vivacité. Dans son rôle de sauveuse du monde, Lara Croft en mission très spéciale saura empêcher des hommes diaboliques d’ouvrir la boîte de Pandore. Réparties drôles et humour ne manquent pas dans un rythme soutenu où les scènes d’action s’enchaînent sans nous laisser un moment de répit. Tout juste quelques points d’orgue ici et là, le temps pour Lara d’embrasser son partenaire ou d’admirer les beautés de notre Terre… La musique d’Alan Silvestri est également exemplaire et s’adaptera aux images sans jamais les écraser. Lui au moins ne nous casse pas les oreilles avec des zim boum clac bang dzoïng assourdissants. Adepte de la mélodie, sa musique ne laisse pas indifférent et mêle partition classique et effets sonores proches du bruitage. Les effets spéciaux sont aussi très acceptables et l’on admirera la dextérité des cascadeurs ! Finalement dans cet épisode de Lara Croft, tout est réussit ; le cinéma, n’est ce pas d’abord cela, un divertissement où les bons triomphent des méchants, un passe-temps qui amène aussi à la réflexion et surtout nous dévoile des images incroyables ? En tout cas on sort de cette projection satisfait du très bon moment passé en compagnie d’une créature de rêve… Nul doute qu’Angelina Jolie pourra dorénavant s’éclater à pied et à cheval dans sa nouvelle propriété du sud de la France avec son mari Brad Pitt comme co-équipier. Les nouveaux aventuriers de la marche perdue… Alix trouve le film Très bon et la musique Très bonne.
Pour en savoir + sur Alan Silvestri, cliquez ici |
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| James Bond féminin |  |  |
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AU REVOIR À JAMAIS/The long kiss goodnight, un film de Renny Harlin (1996) avec Geena Davis, Samuel L. Jackson, Patrick Malahide, Craig Bierko, Brian Cox, David Morse... Musique d'Alan Silvestri. Un dvd distribué par New Line Productions et Seven 7.
À force de présenter des super-héros genre Superman, James Bond et compagnie, il fallait bien qu'un jour un réalisateur inspiré nous présente une super-woman imbattable. C'est chose faite. Avant ce film il n'existait que de pâles représentantes du rôle interprété ici par Geena Davis (voir article ci-dessus), parfaite, superbe, impériale. L'histoire est passionnante car l'on se retrouve dans « Au revoir à jamais » quelques années avant les attentats du World Trade Center de New-York et déjà, la menace terroriste se faisait très pressante dans le cinéma américain. Pourquoi le scénario de ce film est-il si différent des autres ? Plutôt que de vous révéler la trame, sachez qu'il existe des agents secrets issus de la C.I.A. capablent de dispenser le mal absolu comme de véritable bêtes féroces au point de faire passer les fanatiques religieux pour de doux enfants de coeur. Cette vision moderne où les rôles sont inversés est celle du film ce qui le rend foi d'Alix très crédible : l'actualité démontre à satiété la perversion de l'être humain, le procédé consistant à accuser son chien de la rage pour justifier de le noyer restant vieux comme le monde. Les gens dangereux ne sont pas toujours là où l'on veut bien nous les désigner et le plus ignoble des assassins possède parfois une médaille ou une auréole derrière laquelle cacher ses véritables intentions : tuer sans ressentiment. Heureusement, Samantha Caine, l'adorable mère de famille à la mémoire défaillante saura réagir sans discernement pour nous sauver toutes et tous. Les situations invraisemblables s'enchaînent les unes aux autres ne laissant aucun répis au téléspectateur abasourdi, les scènes d'action et les explosions gigantesques nous faisant peur tant elles sont impressionnantes. Bravo, les cascadeurs ! C'est bien ainsi que s'exprime le cinéma de genre et « Au revoir à jamais » demeure un modèle inégalé. La musique d'Alan Silvestri est remarquable. Alors voici une histoire d'hommes et de femmes pas ordinaires. Alix note Très bien ce film et sa musique car vraiment quel spectacle et surtout quelle actrice fu fais, Geena ! |
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J'AI ÉPOUSÉ UNE EXTRA-TERRESTRE, un film de Richard Benjamin (1988) avec Dan Aykroyd, Kim Basinger, Alyson Hannigan (au centre de la photo, ravie de l'intérêt que son père manifeste à Céleste). Musique d'Alan Silvestri. Un film Columbia. |
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| Bruce BROUGHTON, compositeur |
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Bruce Broughton est un hyperactif ; à la fois chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, enseignant, conférencier, il consacre également du temps à la composition pour les jeux vidéos et autres musiques entendues ici et là (émissions, jeux, spots radio, jingles, téléfilms etc.) sans oublier la musique classique avec de nombreuses œuvres pour les instruments de l’orchestre, ses préférences se portant sur les vents. L’agenda de cet homme n’a donc rien à envier à celui d’un ministre et sa retraite n’est pas pour bientôt malgré ses 64 ans. Bruce Broughton est toujours partant pour un travail passionnant comme celui qu’il a pu effectuer dans « Le secret de la pyramide » en 1985, l’année de l’explosion de son talent car il signera aussi la partition de « Silverado » avant que Kevin Costner enfante « Danse avec les loups » cinq ans de préparation plus tard, une musique pour « Silverado » très mélodique et orchestrée selon les critères du genre : dynamisme et enthousiasme garantis avec les envolées des cordes, les cors glorieux, le rytme bien martelé et les arrangements « à la Elmer Bernstein (voir ici) ». Présent depuis longtemps comme compositeur occasionnel d’épisodes de séries T.V. (Gunsmoke, Hawaï police d’état, Sergent Anderson, Dallas, Pour l’amour du risque, L’âge de cristal…), sa musique n’est pas essentiellement mélodique à l’instar d’autres compatriotes plus inspirés par une écriture horizontale mais les idées de création musicale favorisant les ambiances souhaitées bouillonnent sous un crâne bien structuré : mener à bien une telle diversité de genres dans la composition verticale nécessite une organisation cérébrale de fer. La santé doit suivre aussi, ce que le public souhaite lui voir conserver longtemps. Le mélange des genres existe depuis le début du cinéma où les musiciens interprétaient de la musique classique pendant la projection des films muets et rien n’est plus proche d’une bonne musique de film qu’une composition classique colorée, de Honegger à Delerue, de Copland à Bernstein, il n’y a qu’un pas. À l’écoute des symphonies classiques de Broughton on se demande donc s’il ne s’agit pas de la musique de son prochain film. Comme quoi tout est lié, ce qu’à parfaitement compris le compositeur. On l’envie !
Pour écouter des extraits de ses compositions, cliquez ici (site officiel)
Film « Le secret de la pyramide/Youg Sherlock Holmes » de Barry Levinson (1985) avec Nicolas Rowe, Alan Cox, Sophie Ward, Anthony Higgins, Susan Fleetwood, Nigel Stock, Patrick Newell et Frddie Jones. Scénario de Chris Columbus. Musique de Bruce Broughton. Un film Paramount présenté par Steven Spielberg. |
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Montage FX |
Le réalisateur Wes Craven nous a habitué à des films d’horreur devenus légendaires comme « La dernière maison sur la gauche », « La colline a des yeux » ou bien encore « Les griffes de la nuit » avec l’inoubliable Freddy (joué par Robert Englud). Après le terrifiant et très original « L’amie mortelle » il enchaîna les succès populaires : « Scream » et « Red Eye, sous haute pression » mais aussi, malheureusement, les échecs commerciaux avec « Un vampire à New-York » (Eddy Murphy y est pourtant formidable), « La musique de mon coeur » et « Cursed ». Très préoccupé par l’image, les cadrages, les mouvements de caméra, bref, tout ce qui fait l’intérêt de son métier de réalisateur, Wes Craven est parvenu à marquer de son empreinte le genre cinématographique. Il se détache de ses collègues par sa direction d’acteurs : chacun sait où, quand, comment et pourquoi il doit jouer d'une certaine manière et pas d'une autre afin d’assurer la réussite de ses images. Les scènes se succèdent de manière très liée pour soutenir au mieux l’angoisse et l’intrigue ; dans « Red Eye, sous haute pression » par exemple, les deux tiers du film se déroulent dans un avion d’où un huit clos oppressant suivi de prises filmées en extérieurs : créer plusieurs ambiances opposées et très différentes dans leur gestion technico-artistique dans un seul et même film relève bien de la haute performance, un travail rare salué unanimement par la critique et le public. L'acharnement tranquille de Wes Craven (c’est un homme qui ne s’énerve jamais sur un plateau de tournage) est lié aux messages qu’il souhaite véhiculer, il n'a pas été universitaire en psychologie pour rien ! En faisant reposer les scénarios sur un fond intellectuel souvent hautement philosophique malgré les apparences, ses films ne deviennent pas d’innocentes productions banales ou aseptisées. L’horreur, c’est l’image d’une giclée de sang d’un rouge vif qui émane puissamment d’un corps éventré mais c’est aussi l’angoisse produite par l’attente d’une image qui n’arrivera pas. On frémit de peur à l’idée que Freddy va apparaître et non au seul moment de son apparition. Faire peur dans la subtilité sont des ficelles du métier parfaitement acquises par le réalisateur qui peut suggérer l’horreur sans forcément la montrer, exception faite de sa première œuvre de jeunesse où il s’était autorisé des débordements sanguinolents pour ne pas dire d'épouvantables scènes de boucherie (La dernière maison sur la gauche). Tout un programme ! |
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Marco BELTRAMI, compositeur |
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La musique devient une alliée incontournable dans les films d’horreur en général et dans ceux de Wes Craven en particulier ; elle est très réussie dans « Red Eye, sous haute pression » en agissant efficacement dans le développement de l’ambiance malsaine antre le tueur et sa victime. Pas mélodique du tout, elle repose sur l’utilisation des synthétiseurs et des effets sonores usuellement utilisés par la grande majorité des compositeurs intervenant pour le cinéma. Par chance elle n’est pas excessivement lourde comme quelques collègues savent involontairement le faire. Italien exilé au États-unis pour perfectionner ses études musicales, il se lancera jeune dans la musique de film pour parvenir à la quarantaine rugissante avec un palmarès étonnant : on lui doit des réalisations d'importance dans leur genre fantastique ou horreur : « Scream, Mimic, The faculty, Dracula 2001, Terminator 3 - le soulèvement des machines, Trois enterrements... » et les films français « L'instinct de mort » et « L'ennemi public n°1 ». Sollicité dans son domaine d'intervention privilégié, Marco Beltrami s'y trouve très bien et ne semble pas vouloir en changer. Riche, célèbre et certainement très heureux (quel musicien ne le serait pas à sa place) pourquoi lui viendrait-il à l'idée de modifier une recette qui marche ?
Son complice Wes Craven n'aura pas hésité, lui, à prendre des risques professionnels en embauchant comme premiers rôles dans ses films des acteurs peu ou très peu connus en leur temps : Sharon Stone dans « La ferme de la terreur » en 1980 et Johnny Depp quatre ans plus tard avec « Les griffes de la nuit ». Dans « Red eye, sous haute pression » il a volontairement recruté des acteurs pas encore affublés d'une grosse tête comme celle qui caractérise chaque vedette internationale : le film y a gagné en crédibilité et leur jeu, sous la direction du maître, a débouché sur un résultat de tout premier ordre. Un acteur - comédien irlandais, une actrice canadienne, un compositeur italien... Vivement la prochaine brochette de talents internationaux réunis autour d'un nouveau scénario en béton ce qui sera peut-être le cas prochainement avec la sortie de « My soul to take (titre français encore non défini) » ! Une affaire passionnante à suivre... |
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| Action |  |  |
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RETOUR EN ENFER 4.0/Live free or die hard, un film de Len Wiseman (2007) avec Bruce Willis, Justin Long, Timothy Olyphant, Cliff Curtis, Maggie Q... Musique de Marco Beltrami. Un dvd 20th Century Fox.
En mettant en scène un policier loyal et intrépide, John McClan, l'équipe à l'origine du succès des films de Bruce Willis peut se féliciter : il sont parvenus à faire entrer dans la légende un personnage de fiction. Du début à la fin de la projection, pendant plus de deux heures de temps sans un seul moment de répit, le spectateurs retient son souffle en restant collé à son fauteuil : action, cascades, explosions, courses poursuites, combats au corps à corps... Tout ce que le cinéma peut imaginer en violence, John McClane le met en pratique. Pourtant, dans la lutte très primaire des gentils contre les méchants, la mayonnaise prend. Le mérite en revient au réalisateur Len Wiseman qui ne sera pas tombé dans le piège facile de la caméra tremblante ni du montage fièvreux. Par la conception intelligente des plans et des scènes parfaitement liées entre elles, sans jamais nous donner mal à la tête par un rythme non maîtrisé cachant une misère artistique, le film se déroule avec fluidité pour le plus grand bonheur des cinéphiles. La musique de Marco Beltrami suit le même processus dur mais efficace sans jamais provoquer de fatigue auditive tenace ou insupportable. Savoir utiliser toutes les facettes de la composition et des appareils électroniques sans provoquer de nuisances sonores préjudiciables aux images relève bien de l'exploit. Alix souhaite citer le nom du comédien français Patrick Poivey pour l'excellence de son travail de doubleur sur des paroles parfaites. On en a de la chance, en Francophonie, de pouvoir apprécier pleinement d'aussi bons films aussi bien doublés ! Avec le jeu plein et très présent de Bruce Willis, bravo pour cette touche d'humour, d'ironie et de jeux de mots fameux. Une note de réflexion nous amène même à philosopher sur le pouvoir tout puissant de l'informatique et des médias qui manipulent nos vies de manière quotidienne. Ce retour en Enfer commence par les portes du Paradis. Pour Alix, ce film est Excellent et sa musique Parfaite (il lui manquerait peut-être une jolie petite mélodie moderne mais l'époque du thème leitmotiv est révolue, enfouie sous les décombres du cinéma de papa !). |
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| Reinhardt WAGNER, compositeur |
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| Symphonia |  |
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FAUBOURG 36, un film de Christophe Barratier (2008) avec Gérard Jugnot, Nora Arnezeder, Clovis Cornillac, Bernard-Pierre Donnadieu, Kad Merad, Pierre Richard, Mazence Perrin... Musique de Reinhardt Wagner, paroles des chansons (lyrics) de Franck Thomas. Un film distribué par Pathé.
Soyons clairs, il va falloir être précis pour dire beaucoup de choses en peu de mots. Pour commencer, Alix a adoré ce film. Poignant, sensible, léger, fluide, nouveau, régénérant, il apporte un bonheur immense au spectateur amoureux du bon cinéma et honore la profession cinématographique hexagonale. Pas seulement car il s'agit d'une coproduction avec l'Allemagne et la Tchéquie, merci à eux pour avoir participé à ce projet fou. D'ailleurs, le fil conducteur du scénario est universel : il repose sur l'amour, l'amitié, l'aventure sociale d'un peuple qui combat l'injustice sociale. L'aboutissement d'un projet commun, thème cher aux américains, se retrouve pour une fois au devant de la scène française et ça, c'est déjà un exploit. Démontrer que rien ne remplacera jamais la solidarité et la collaboration (entre amis de congés payés et collègues syndicalistes, pas celles des fachos et nazillons d'avant-guerre) valait bien de sacrés sacrifices : passer plus de deux années à élaborer un scénario impeccable, construire un travail intelligent autour du rôle principal tenu par Gérard Jugnot, réunir les meilleurs spécialistes du genre (Tom Stern, le chef opérateur des excellents films de Clint Eastwood qui a saisi les enjeux artistiques et techniques), trouver un compositeur génial et inspiré presque inconnu du grand public mais qui exerce pourtant son art depuis longtemps et de quelle façon, Reinhardt Wagner, trouver un interprète hors classe en la personne d'Éric Bouvelle, probablement l'un des meilleurs musiciens du monde dans sa spécialité l'accordéon chromatique, délivrer des textes magnifiques très originaux, fédérer des acteurs formidables, créer des décors originaux parfaitement imaginés et des costumes adaptés, décrocher une lumière miraculeuse qui illumine une production mémorable, révéler le talent d'une jeune comédienne à la voix divine d'une grande pureté, la belle Nora Arnezeder qui donne des frissons quand elle monte dans l'aigu, non mais franchement, comment Alix pourrait-elle bouder son plaisir ? On en redemande ! Encore ! Encore ! Alix Adore ce film, ses chansons, sa musique et ses interprètes qu'elle trouve Excellents.
* Pour écouter des extraits musicaux, retrouver les photos du film et entendre les interviews des protagonistes, cliquez ici (le site officiel)
* Nora Arnezeder et le concours 2009 de l'Eurovision de la chanson (un fantasme plus réaliste que celui de Patricia Kass), voir ici |
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| À l'écoute du temps... |  |
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Baigné très tôt dans le jus musical, formé par des pédagogues renommés, Reinhardt Wagner composera d'abord pour le théâtre avant que Jean-Jacques Beineix ne le sollicite pour son fameux « Roselyne et les lions » ; son sens inné de la mélodie y apparaîtra très nettement et préfigurera une destinée spectaculaire dont une composition symphonique remarquée en hommage à Bernard Hermann (voir ici) et une seconde en mémoire de Nino Rota. Dans « Faubourg 36 », le réalisateur Christophe Barratier lui-même musicien, aidé par son modèle d'oncle Jacques Perrin, va articuler avec ingéniosité ses images sur les compositions de Reinhardt Wagner elles-mêmes construites sur les textes de l'excellent parolier Franck Thomas. Des mots et des phrases qui percutent, une synchronisation paroles et musiques comme on ne sait plus le faire par dégénérescence de la profession car cette conception artistique de haut niveau inconnue des nouveaux pseudo-compositeurs engendre une prestation musicale d'une grande perfection. Les mélodies mais aussi les arrangements sont superbes, riches, faisant la part belle aux cordes et sont tous brillamment joués par les cuivres. De cet ensemble parfait se dégage une énorme vitalité et une joie de vivre communicatives. Airs libérés et engagés, très '36 Front populaire, le charme opère totalement. À noter la confirmation des dons de Kad Merad au timbre de voix se rapprochant de celui d'un autre grand artiste au tempérament charmeur, Guy Marchand sans oublier les prestations très honorables de Clovis Cornillac et François Morel. Ils chantent juste et en mesure, ça veut tout dire. Alors Messieurs-dames les artistes et Mademoiselle Arnezeder tout particulièrement, vous nous avez sorti le grand, le très grand jeu !
Autres films de et avec Gérard Jugnot, voir ici (rubrique La critique d'Alix)
Photo ci-contre : @ Annette Linnea Rasmussen - Fotolia.com |
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| Les bons sentiments ne paient plus... |  |
@ Godfer - Fotolia.com |  |
Honte une nouvelle fois à la presse française incapable d'apprécier une oeuvre complète et originale. Les meilleurs commentaires des rubriques spécialisées débouchent sur de pathétiques commentaires froids du style « La musique est assez réussie » ou « C'est un film plutôt pas mal ». Ces propos sont indignes d'un jugement qui se veut issu, censément, de grands connaisseurs avertis (pas le grand Averty, lui au moins, il savait de quoi il parlait). Pour lire le pire, cliquez ici (infos Cinéfil). Vous y découvrirez la bêtise des critiques enragés probablement jaloux et suffoqués par l'explosion de talents de « Faubourg 36 ». Le plus grave, c'est qu'ils maintiennent les français dans une ambiance pseudo moderne où pour être crédible il faut parler vite et mal, vivre vite et mal, déprimer à longueur de temps et accepter tout et n'importe quoi. Le comportement immature et très orienté de ces critiques bon marché trouve sa source dans une méchanceté pas si gratuite qu'il n'y paraît (ils sont tendance car ils ont des journaux à vendre) ; le drame c'est qu'ils n'ont pas aidé le public à se rendre dans les salles de cinéma à la sortie du film. Lamentable. Les Inrockuptibles, Télérama, L'Express, Libération ou Le Monde pour ne citer qu'eux n'ont pas été à la hauteur de l'événement, à l'image de ces quelques français (plutôt jeunes ou en pleine crise de jeunisme) qui renient leur passé en acceptant n'importe quelle nullité quotidienne ; ils démontrent ainsi leur incapacité à apprécier une bonne musique surtout si elle est mélodique, douce et agréable. Boudés par l'Académie des César, le film aurait mérité l'Oscar du meilleur film étranger. L'équipe du film doit maintenant se rassurer sur l'estime acquise du public et non sur celle des professionnels trop méprisants vis-à-vis du geste élégant du réalisateur - musicien Christophe Barratier en direction de notre culture cinématographique commune bâtie sur la recherche de l'équilibre, de la beauté et de la simplicité. En réunissant autour de lui le gratin des talents artitiques du moment, en centralisant les valeurs sûres nommées amitié, solidarité, affection, tendresse, sympathie, Christophe Barratier a tapé un grand coup. Que cette audace lui soit au moins reconnue ! Livrons en pâture aux lions de l'arène les critiques amers, lourds, impersonnels, frustrés et sans âme. L'attitude destructrice des mauvais critiques est globalement liée à un manque d'éducation en l'absence de spontanéité, d'ouverture d'esprit et d'esprit critique, paradoxalement, sur ce dernier point il reste du boulot à fournir dans les écoles et à la maison ! Alors sachant que la gentillesse ne rapporte plus rien à leurs auteurs, formons notre progéniture à ce qui est beau et bon. Enseignons aux enfants l'amour du travail bien fait et commençons par leur acheter le DVD et le CD de « Faubourg 36 » afin de leur donner une base sérieuse, des références vraies et humaines et un exemple de ce que peut être une production artistique française et francophone de très grande qualité. Soyons clairs et précis... Camarades ! |
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| La perle rare |  |
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Les critiques ont démoli d'immenses films par le passé, les exemples sont trop nombreux, inutile de les citer tant ils sont célèbres. Le problème c'est qu'à force de tirer sur le pianiste, on l'a remplacé par un juke-box, pardon, un mp3. Pour éviter de démoraliser les créateurs, peut-être faudrait-il veiller à embaucher dans les journaux de vrais spécialistes amoureux du septième art et non un(e) quelconque frustré(e) à l'esprit revanchard du style acteur raté ou un comédien sur la touche, un étudiant déçu, un individu dont la vocation a débouché sur un échec professionnel, un éditorialiste sans talent, un journaliste mis au placard pour son incompétence et qui doit bien justifier son salaire d'une manière ou d'une autre, un espace libre à combler pour faire bien à la fin du journal, un espion de la concurrence qui s'empresse de tout démolir etc... Tout est possible, n'est-on pas au théâtre de Guignol ?
FAUBOURG 36, un C.D. Opendisc / Galène Éditions, Universal music France. Musique de Reinhardt Wargner, paroles de Franck Thomas et Reinhardt Wagner. Arrangeur, Hubert Bougis. Accordéon, Éric Bouvelle.
La perle rare Nora Arnezeder, la jeune actrice aux talents mutiples, mène l'ensemble orchestral vers sa destinée : la réussite musicale. Les compositions empruntes de nostalgie dégagent une douceur amère très agréable et dotent le C.D. d'une énergie communicative. Basés sur l'orchestration classique, le piano donne le tempo, l'accordéon mélodieux s'envole (l'un des meilleurs instrumentistes du monde nous fait tourner la tête), les trompettes crépitent dans le sur-aigu, les saxophones se laissent aller dans les glissandos appuyés, que de bonheur pour nos tympans fatigués par le bruit quotidien ! Un regret peut-être, le manque d'investissement des musiciens du rang dans l'interprétation des parties uniquement orchestrales (sans chant), peut-être est-ce un petit bémol dans un océan de louanges car ces mêmes musiciens redeviennent excellents dans les parties d'accompagnement. Une remarque qui ne s'applique que très peu au final instrumental, époustouflant, bouleversant de lyrisme, il nous rappelle les grandes heures des comédies musicales américaines. Quelle référence ! Partout, des contre-chants impeccables et des textes novateurs parfaitement soudés aux notes de musique, un travail d'orfèvre que seuls pouvaient faire nos meilleurs artistes, Trenet, Gainsbourg, Ferrat et compagnie. Alors merci aux auteurs de cette grande réussite du cinéma musical français et francophone, un exploit remarquable compte tenu du contexte difficile de notre société moderne défavorable à l'originalité, à la nouveauté, à la création et à la bonne musique, aux bons sentiments et aux promesses de jours meilleurs, comme en '36. Tous les artistes présents chantent juste (un exploit à souligner car beaucoup d'entre eux ne sont pas du tout chanteurs de formation), la maîtrise technique et artistique reposent bien sur un énorme travail collectif de longue haleine, l'orchestre et les solistes sont accordés magnifiquement, même les vents, toujours trop haut d'un bon quart de ton par rapport aux cordes, fusionnent magnifiquement dans cette ambiance heureuse et sensible. Mais jamais non jamais, en buvant son panaché urbain, l'auditeur ne versera de microbes chagrins sur un genre disparu, celui de la convergence des talents. Ils sont tous réunis dans « Faubourg 36 ». Et croyez-le bien, ce n'est qu'un recommencement... |
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| Le môme Jojo, il ira loin, précis et fin, il a les doigts pour ce turbin... Chapeau, Barratier ! |  |
JOJO joué par MAXENCE PERRIN dans le film FAUBOURG 36 | |
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| Plus - vite, plus - vite, plus - vite... |  |  |
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Robert Folk est « le produit » même de ce que le système américain de formation à la musique classique peut engendrer de meilleur. Contrairement à la France qui néglige de plus en plus son système éducatif et qui méprise tout particulièrement l’enseignement artistique spécialisé, un apprenti musicien motivé et déterminé pourra toujours outre-Atlantique se forger son chemin jusqu’au professionnalisme. Pour notre compositeur new-yorkais, son entrée dans la la cinquantaine démontrera qu'il est rapidement parvenu à ses fins : composer dans toutes les directions. Musicien classique formé à la très célèbre Juilliard school de sa ville natale, établissement mondialement connu pour ses centaines d’enseignants et invités de tout premier plan (musique, danse, théâtre, cinéma…), Robert Folk composera le thème de la suite de films célèbres « Police academy » avec le succès que l’on sait ; il n’y a pas que le film qui déborde de vitalité : explosif et complètement délirant, la musique prouve la capacité d’adaptation du compositeur. S’il ne revendique pas l’énorme travail de fond que représente l’orchestration de ses thèmes il n’en demeure pas moins compétent vu la multitude d’œuvres composées en faveur des interprètes de musique classique. Là, évidemment, il doit tout gérer de A à Z. Le système de travail américain basé sur le partage des responsabilités dans un collectif où les différentes parties sont très hiérarchisées mais interdépendantes (chacun à sa place doit donner le maximum de ce qu’il est censé faire en étroite collaboration avec les autres parties concernées) incite les arrangeurs de l’ombre à plancher sur les orchestrations de compositeurs attitrés. Robert Folk compose et dirige l'orchestre, les arrangeurs arrangent ses trouvailles, quoi de plus naturel ? Sur le fond, cela permet de donner du travail à tout le monde et peut-être aussi de révéler un jour de futurs grands compositeurs de musiques de films : Vladimir Cosma n’a-t-il pas émergé un jour grâce à Michel Legrand qui lui confiait ses arrangements… ? Du duo à la symphonie, du ballet à la musique de film, Robert Folk saura inventer des idées mélodiques que l’on pourra apprécier par exemple dans le prochain film de Freedman consacré à Vivaldi (avec Fiennes, Mc Dowell, Bisset et Depardiou) à l’instar de ce qu’à réalisé Forman pour Amadeus. Mélanger le classique et la musique de film ne posera aucun problème à Robert Folk sur le plan technique et artistique. Pour une seule et bonne raison : son surnom pourrait être Conceptuel. Entre Robert pour son classicisme et Folk pour son côté plus traditionnel, le destin s'invite parfois sur un registre d'état-civil. |
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| Comédie |  |
La jaquette française du DVD |  |
UN MONDE FOU, FOU, FOU, FOU/It's a mad, mad, mad, mad world, musique d'Ernest Gold, paroles des chansons (lyrics) de Mack David, bande originale du film de Stanley Kramer, 1963, avec Spencer Tracy et une multitude de vedettes. RYKODISC. CD.
Ernest Gold est le fils d'une famille baignée dans la tradition viennoise. En 1938 à New York, il écrit un concerto pour piano qui sera joué, s'il vous plaît, au Carnegie Hall. Installé à Hollywood en 1945, il fait ses premières armes pour le cinéma en temps qu'orchestrateur. Il ne travaillera pas plus d'une décennie pour illustrer des courts métrages et autres films dits mineurs car sa première collaboration avec Stanley Kramer en 1958 suivie d'autres réalisations communes lui permettront de réaliser l'essentiel de son oeuvre : des orchestrations phénoménales avec une grande masse orchestrale et des thèmes ingénieux, disons beaux, tout simplement, comme la mélodie sifflé par Kirk Douglas dans le western « El Perdido » de Robert Aldrich en 1961 mais aussi les thèmes de « Procès à Nuremberg », « Procès de singe », « Croix de fer » et la très célèbre chanson du film « Exodus »... À noter également sa collaboration efficace avec le réalisateur de « Le Dernier rivage/On the beach » (1964) avec Gregory Peck et Ava Gardner qui évoquent l'apocalypse nucléaire vécue par quelques survivants, un film réalisé pendant la Guerre froide à une époque où le cinéaste militant dénonçait la course aux armements. Un an auparavant il achevait une autre expédition très sympathique celle-ci, la course folle d’« Un monde fou, fou, fou, fou » qui marquera l'histoire du cinéma dans le genre comique. On peut y entendre plusieurs mélodies superbes et sublimées par le contre-chant mais l'une d'entre elles est rare : entendue à quelques occasions dans le film, elle est l'exemple même de l'utilisation parfaite des accords de septième. Pour les spécialistes (voir le chapitre B.a-ba de la composition), la mélodie est construite autour de ses accords dits de septième de dominante comme la superbe mélodie du film « L’homme tranquille » par exemple. |
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| Un film fou, fou, fou, fou... |  |
Photo du film. Collection FX |  | « Un monde fou, fou, fou, fou » est un film génial, délirant et très drôle avec sa musique énergique, parodique mais sans excès (les arrangements sont d'une maîtrise technique et musicale inouïe) et très « accrocheuse ». On y trouve deux qualités orchestrales contradictoires que les grands compositeurs et seulement eux savent maîtriser : la présence (lourdeur) et l'élégance (légèreté). Ernest Gold explique qu'il n'aura jamais eu à effectuer un travail aussi titanesque qu'ici : toutes les notes de l'orchestration sont liées à chaque image du film. Tous les effets musicaux, les thèmes et les arrangements d'une richesse incroyable sont inventés en fonction du déroulement des scènes comme le font les compositeurs de dessins animés : chaque mouvement de personnage est systématiquement doublé par la musique et le bruitage. Imaginez un disque microsillon qui se met soudainement à tourner de plus en plus vite pour finir dans la plus grande lenteur : cet effet sonore est provoqué par la mélodie et l’orchestration conjuguées sur des changements de tempo et de tonalité complètement fous, fous, fous, fous. Quelle inventivité ! Sur le C.D. cependant, un bémol au concert de louanges : quelques brefs extraits des dialogues originaux du film (donc en anglais) ponctuent les musiques et surtout, l'interview finale du compositeur n'est pas traduite, pas de version française de la jaquette non plus alors pour ce manque de traduction, dommage ! Mais les musiques sont extraordinaires de créativité et de virtuosité et c’est ce qui compte le plus : le CD de ce film fou, fou, fou, fou en vaut largement la peine... À noter que le film est absolument irrésistible car fort distrayant et désopilant. N’oublions pas de rendre hommage au doublage français qui s’avère, une nouvelle fois, extraordinaire. Une comédie conçue pour rendre hommage aux burlesques américains et qui mérite d'être vue et revue. Incontournable, je vous le dis ! Le CD et le DVD peuvent être achetés ici, entre autres exemples : Alapage. |
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OURAGAN SUR LE CAINE/The Caine mutiny, un film d'Edward Dmytryk (1954) avec Humphrey Bogart, José Ferre, Van Johnson, Fred MacMurray, Robert Francis... Musique de Max Steiner. Un film produit par Stanley Kramer. Distribution Columbia Tristar.
Deux ans avant son affectation sur le Caine, le drame de Pearl Harbor plongeait les États-unis dans la seconde guerre mondiale. Le commandant Queeg s'en souvient comme si c'était hier et il entend bien, à la barre du drageur de mines le Caine, un vieux bateau usé et fatigué, démontrer qu'il était possible d'éviter ce drame... Prétention ou certitude ? Ce Queeg, il lui faudrait déjà commencer par s'occuper du drame qu'il va lui même engendrer sur son bateau : pourra t-il éviter son propre naufrage ? Mais qu'a t-il donc de spécial, ce militaire arrogant ? Peut-être un trop plein de compétence qui le fait être sous-employé ou est-ce plutôt ses excès de zèle qui deviennent vite indigestes pour l'équipage ? Une chose est certaine, tous apprendront à son contact le sens de l'expression « avoir les boules » ! Grand succès à sa sortie, ce film a inspiré bien des acteurs dont l'acteur anglais Michael Caine qui choisira son nom d'artiste en hommage à l'extraordinaire performance d'Humprey Bogart dans le rôle du commandant Queeg (info Wikipedia). La musique du film est totalement de circontance, inutile de préciser les capacités du prolifique compositeur Max Steiner à qui l'on doit la musique de films tous aussi exceptionnels les uns que les autres : King Kong version 1932 qui lancera sa carrière, La charge de la brigade légère et plus tard La charge de la 8e brigade avec ses méchants indiens et gentils visages pâles, Autant en emporte le vent (voir photo ci-dessous) avec son thème fameux et fumeux, Une étoile est née, Casablanca, Top hat avec Fred Astaire et Ginger Rodgers... Alix adore « Ouragan sur le Caine », une production définitivement rattaché à la note d'Excellence (film et musique). À revoir sans hésiter une seule seconde, d'ailleurs Queeg ne vous le pardonnerait pas ! |
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| Ainsi en importa le vent... |  |  |
CLARK GABLE et VIVIEN LEIGH (1939) |
Né à Vienne en Autriche, le berceau du petit Max était placé sous celui des grandes inventions : en cette année 1888, Dunlop déposait le brevet de son pneumatique, Hertz démontrait les effets magiques des ondes électromagnétiques à l'origine de la radio sans fil, George Eastman lançait son film Kodak, la revue National Geographic sortait son premier numéro et le président français Sadi Carnot inaugurait en grandes pompes l'Institut Pasteur... Pendant que les vrais piqués, eux, se lançaient dans l'auto expérimentation : Jack l'éventreur osa un premier crime et le peintre Van Gogh subit la mutilation d'une oreille. À l'écoute des jeunes talents, Gustav Malher prit sous son aile protectrice le petit Max devenu brillant étudiant. Après plusieurs succès de compositeur inspiré dans l'opérette et la comédie musicale Max débarqua à New York en 1914, une sage décision car un voyage dans la direction opposée, vers l'est, l'aurait conduit dans les tranchées de la Grande guerre. Son travail acharné et constant dans la qualité comme dans la quantité deviendra la caractéristique d'un parcours musical merveilleux. Spécialiste de l'arrangement, doué du sens de l'orchestration, mélodiste à ses heures - leitmotiv, leitmotiv quand tu nous tiens -, il saura retenir l'attention des meilleurs musiciens et compositeurs : Gershwin, Kern, Herbert... La célèbre R.K.O. lui confiera ainsi l'illustration sonore de toutes les grandes réalisations de l'époque dans lesquelles la musique ne s'arrêtait pas du début à la fin du film. Capable d'innover dans la continuité, ses compositions multiples et interminables le feront d'ailleurs être surnommé « l'infatiguable ». En s'entourant de collaborateurs fidèles et dévoués à la cause du cinéma et à la valorisation de la musique à l'écran, une cause magnifique défendue « bec et ongles » par Hugo Friedhofer par exemple (voir ici), la vie de Max Steiner restera associée à l'excellence engendrée par les statuts de galériens d'Hollywood : l'araignée géante aura étouffé et détruit bien des vocations mais elle aura également tissé sa toile en permettant l'explosion au grand jour du talent de maxi musiciens comme le grand Max. Ainsi en importa le vent des vallées autrichiennes vers la Californie... |
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| Autre temps, autre guerre |  |  |
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STALAG 17, un film de Billy Wilder (1952) avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger. D'après la pièce de théâtre de Donald Bevan et Edmund Edwin Trzcinski. Musique de Max Steiner. Un film Paramount.
Le fait que ce film soit réalisé en noir et blanc et en 1952 au moment où les plaies de la seconde guerre mondiale commençaient à peine à se refermer lui confère aujourd'hui une justesse et un intérêt certains. Parvenir à distraire le spectateur et à l'amuser par le déclenchement de situations cocasses est un exploit du réalisateur Billy Wilder (Sept ans de réflexion, Certains l'aiment chaud, Irma la douce...) compte tenu de l'ambiance de défaite militaire ; il fallait oser et réussir le pari cinématographique ! Juif immigré aux États-unis comme beaucoup d'autres compatriotes qui réussiront dans le milieu du cinéma (bon nombre de grands compositeurs de musiques de films américains sont des immigrés juifs ce qui démontre au passage la richesse de leur culture musicale), il aura quitté son pays natal avant qu'il ne soit trop tard à la prise de pouvoir du fou furieux nazi Hitler. Il est donc aisé de comprendre la motivation du réalisateur pour les sujets universels qui lui tiennent à coeur : la liberté, la recherche du traître, la revanche sur un destin cruel, bref, la défense vaille que vaille des valeurs qui nous permettent de vivre. La performance sobre et efficace de William Holden (qui remportera pour l'occasion un Oscar) et de l'ensemble des acteurs ne pouvaient qu'être à la hauteur de l'histoire tragique : prisonniers de guerre dans un camp tristement célèbre, le Stalag 17, la motivation indéfectible des gars pour trouver un moyen de s'évader inspirera d'autres scénarios similaires, on pense immédiatement à La grande évasion avec Steve Mac Queen. Le film Stalag 17 donnera également naissance à une série T.V. célèbre, Papa Schultz diffusée tardivement en France. Aucune raison alors de bouder présentement son plaisir avec un doublage français excellent et une musique bien adaptée du compositeur Leonid Raab, l'orchestrateur d'une multitude de films holywwoodiens qui s'essayera à la composition personnelle dans quelques rares films avec une réussite évidente. Mais tout de même, quelle vie incroyable que celle passée à arranger la musique des autres, celle des meilleurs compositeurs, jusqu'à en oublier le côté ingrat du métier ! L'esclavagisme existait aussi à Hollywood dans l'attribution des tâches indispensables entre artistes et musiciens avec une hiérarchie très bien établie ; vous aviez toujours la possibilité de prendre la porte en cas de contestation d'un système autoritaire quasi-militaire ! La dure réalité des orchestrateurs américains de musiques de films changera avec l'avènement du synthétiseur mais ceci est une autre histoire... d'évasion. Alix a Beaucoup aimé ce film et sa musique, ce sera votre cas. |
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| C'est que du lourd ! |
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Photo violons FX |
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Parler d'une personne sans la connaître n'est pas une démarche honnête car on ne peut que répéter ce que l'on a vu, lu ou entendu dire. En reprenant à son propre compte des propos rapportés ou un avis émis par d'autres, l'analyse du travail fourni par un homme ou une femme et présenté publiquement reste sans valeur. Ceux qui pourraient se laisser convaincre par la facilité de son propos seraient dupés à moins qu'ils ne sachent faire une chose simple et efficace : écouter. Une musique de film doit être écoutée avec attention même si sa première qualité doit rester la confidentialité ; en se fondant aux images qu'elles soutiennent, les mélodies et les orchestrations deviennent excellentes dans la discrétion. Dans une superproduction comme « True lies » de James Cameron avec Arnold Schwarzenegger et Jamie Lee Curtis en 1994, l'action et le suspense ne permettaient pas de faire dans la dentelle : les images violentes et fracassantes exigeaient une musique spectaculaire. Trompettes à la sonorité américaine (le son caractéristique des trompettes de marque Conn), cors, trombones, toute la gamme des instruments à vents est sollicitée y compris le renfort apporté par les sons électroniques. Les cordes ne sont pas en reste ni les percussions, évidemment. C'est donc à partir d'ici qu'il est possible de parler ou non d'un musicien même sans le connaître personnellement ; par son travail et son oeuvre, une personnalité se dessine peu à peu à l'écoute de son travail. En suivant sa carrière, l'évolution de l'artiste confirme tout le bien que l'on pensait de lui : Brad Fiedel est un brillant compositeur de musiques de films. Né en 1951 il traînera ses fonds de culotte de musicien professionnel alors débutant dans les couloirs des studios de la télévision pour laquelle il écrira et arrangera beaucoup : c'est en forgeant que l'on devient forgeron.... La rencontre qui dopera sa carrière dans les plus brefs délais s'appellera James Cameron. À partir de ce moment-clé de sa vie professionnelle, la mélodie aux qualités humaines jouera à cache-cache avec les sons métalliques et martelés des percussions annonçant les robots. Homme contre androïde, mélodie contre percussions et Brad Fiedel prouvera son talent au monde entier. No problemo, baby ! L'ère des «Terminator » entrera en 1985 dans sa première année d'existence et marquera une étape déterminante dans l'évolution de la musique de film et du cinéma en général ; on avait encore jamais vu ça ni entendu de semblables sonorités à l'écran. Un essai que Brad Fiedel transformera dans toutes ses compositions futures. Attention : ce musicien est un compositeur génial de tout premier plan. Quoi de plus naturel, le premier plan, dans la musique de film...
Alix Adore les films et les musiques de Brad Fiedel qui sait composer dans la dentelle et arranger dans la finesse malgré son poids énorme de compositeur réputé de musiques de films. |
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