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 | Les musiques de films (XII) : hommage à Elmer Bernstein | |
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| C'est l'un des meilleurs... |  |
Photo : @Photodisc Collection/Getty Images |  | Lettre adressée au site officiel d'Elmer Bernstein.
La musique de film est un genre musical aussi important que l’ont été ses prédécesseurs, le baroque, le classique, le romantique, le jazz…
Elmer Bernstein était vraiment un très grand compositeur. Ses oeuvres sont pleines et entières et ses mélodies sont très riches tout en étant, c’est bien là tout le paradoxe, d’une grande simplicité. Aujourd’hui il est plus difficile aux jeunes générations de saisir l’immensité de son talent : l’époque n’est plus à la mélodie, l’oreille des jeunes est déformée par la pauvreté harmonique des orchestrations (lorsqu’il y en a une), par l’utilisation forcenée des sons électroniques, par une inculture musicale liée au matraquage médiatique reposant sur le business de la musique facile et basique. Il suffit d’écouter une musique de variété récente pour s’apercevoir du renforcement exagéré des basses, l’absence de mélodie mémorisable (quand il y a des paroles elles sont simplistes et interprétées niaisement), la quasi-absence d’harmonisation, le tout écrasé par des percussions assourdissantes dans un tempo régulier extrêmement lassant ! |
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Film ''Quand les parachutistes arrivent'' |
Aujourd’hui, n’importe qui fait un peu n’importe quoi en la matière. Que dire alors lorsque ces musiques sont transposées à l’écran : elles ne soutiennent pas l’image, elles l’absorbent totalement, à l’inverse de leur fonction première. De surcroît, l’essentiel des sons entendus sont d’origine électrique et électronique, d’où la déformation gravissime chez les jeunes qui ne savent plus apprécier à sa juste valeur un simple son acoustique ou un accord de quatre sons ! Sans parler des enregistrements numériques qui aseptisent l’interprétation : quoi de plus agréable que d’entendre un son naturel issu d’un enregistrement analogique si proche du mouvement, de la nature, des personnages ! Voilà pourquoi les musiques d’Elmer Bernstein sont si différentes, elles sont à l’opposé de la plupart des « musiques actuelles » insipides et statiques : les musiques d’Elmer Bernstein sont vivantes. |
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Film ''Big Jake'', musique géniale ! |  |
Conçues avec amour et don de soi, dans l’exigence et la recherche de la perfection, écrites pour favoriser l’expression et l’émotion, elles sont réalisées pour se fondre dans l’élément qui les a vues naître, le film. Mieux, les compositions d’Elmer Bernstein sortiront renforcées d’un film abouti car il existe une interaction entre toutes les composantes : la musique apporte beaucoup au film qui le lui rendra bien ensuite. Le compositeur a réuni plusieurs éléments techniques complexes qui restituent avec grâce et légèreté ses orchestrations, modèles de professionnalisme et d’originalité. L’art de l’écriture musicale est complètement maîtrisé, ses oeuvres resteront à plus d’un titre un modèle à suivre pour les futures générations d’auditeurs, de compositeurs et d’instrumentistes. Leur caractéristique essentielle est, de mon point de vue, le mélange extraordinaire et heureux des cordes, vents et percussions qui s’échangent la mélodie, le contre-chant et la rythmique tout naturellement, sans heurts ni oppositions. Ses orchestrations fédèrent, je le répète, une très grande richesse mélodique, harmonique et rythmique. |
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Film ''Le Bon Fils'' |
Elmer Bernstein a véritablement « fait école » en créant un modèle utilisé ensuite par de très nombreux compositeurs de musiques de films de par le monde : quelques accords parfaits et de septième, un rythme atypique, l’utilisation de la chanterelle des violons jouant à l’unisson, les notes rapides et saccadées des cuivres, une richesse sonore superbe (par la connaissance du timbre et des autres caractéristiques des instruments utilisés qui se marient parfaitement bien ensemble), des changements de tonalité aussi inattendus que spontanés, des cassures de rythme, des accentuations formidables, des instruments rares, des interprètes inspirés : immédiatement l’auditeur est transporté dans « le son Bernstein », « le style Bernstein », « la musique d’Elmer ». Il existera pour toujours une signature sonore nouvelle propre à Elmer Bernstein et qui mériterait d’être enseignée dans les écoles et universités spécialisées dans l’étude des musiques contemporaines des 20ème et 21ème siècles. Elmer Bernstein doit apparaître dans la liste des grands compositeurs pour son génie inventif, son travail et son talent, qui sont aussi importants et respectables que ceux des grands compositeurs de musique dite savante. |
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''Les Mystères de l'Ouest'' la dernière musique d'Elmer |  |
Le nom Elmer Bernstein doit véritablement être associé aux grands compositeurs. Si Mozart avait existé de nos jours, il n’aurait pas renié la composition de musique de film. Bien au contraire, il aurait adoré cet art majeur pour lequel Elmer Bernstein lui a donné toutes ses lettres - ses notes- de noblesse. Peut-être Mozart ressuscité s’appelait-il Bernstein ? J’ai enseigné le solfège pendant quinze années à des étudiants de tous âges dans diverses écoles de musique en France. L’étude du solfège que j’enseignais et que j’avais imaginé pour permettre un accès à l’écriture musicale et à la compréhension de l’essence même de ce qu’est la musique sur un plan technique et émotionnel, reposait en priorité sur les compositions d’Elmer Bernstein, véritables modèles de construction mélodique et de richesse harmonique et rythmique. La musique ne doit pas être cataloguée et appréciée parce qu’elle est classique ou jazz, ancienne ou contemporaine… Il n’existe pas des musiques mais LA musique, celle qui favorise l’osmose entre toutes les vibrations. |
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ZASTAVKIN - FOTOLIA |
La musique doit aussi être ressentie par l’interprète et l’auditeur ; elle doit véhiculer un sentiment fort. C’est la raison pour laquelle j’ai également incité les instrumentistes à jouer les œuvres d’Elmer Bernstein, ce qui a valu, par exemple, en 1986, à l’orchestre des jeunes musiciens bretons que je dirigeais, une prestation au Palais de l’U.N.E.S.C.O. à Paris en finale d’un concours national d’orchestres de jeunes français. La musique de Big Jake, True Grit, Katie Elder et autres orchestrations résonnent encore aux oreilles, j’en suis persuadé, des adultes d’aujourd’hui. Entraînantes, positives, bourrées d’énergie et de sentiments qui incitent et à la joie de vivre, au recueillement et à la méditation, à la mélancolie et à la nostalgie parfois, les compositions d’Elmer Bernstein apporteront encore et pour longtemps un immense bonheur à l’humanité. Le cinéma américain, si populaire et développé hors de ses frontières, si apprécié pour de très bonnes raisons, doit aussi son grand succès aux excellents compositeurs de musiques de films (Bill Conti, Lalo Schifrin, Henry Mancini, John Barry, Georges Delerue, j’en passe et des meilleurs). |
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PAHA-L. - FOTOLIA |  |
À ce titre, Elmer Bernstein a contribué à faire connaître et apprécier la culture américaine dans ce qu’elle a de plus noble : le talent, le travail, l’intelligence, l’imagination, la création, le dévouement, l’abnégation, les sentiments, l’espoir, le partage, la générosité… l’amour ! Les musiques d’Elmer Bernstein ne sont pas rajoutées au film : elles font le film, elles sont le film. Par le mélange réussit de toutes les influences musicales, par ses capacités musicales immenses et multiples, les compositions d’Elmer Bernstein reflètent ses qualités humaines qui devraient rester un modèle pour chaque homme et chaque femme, musicien ou non, je veux parler de ces qualités qui font les grands hommes, les grands musiciens et exaltent ce que nous avons de meilleur en nous.
Merci beaucoup Monsieur Elmer Bernstein, vous resterez unique et exemplaire.
P.S. Je n’ai jamais eu la chance ni la possibilité de rencontrer M. Bernstein, mais par ses compositions et son action, j’ai le sentiment de l’avoir toujours connu.
Texte revu et corrigé le 9 mars 2008. |
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Hommage à Elmer Bernstein, le témoignage d'un internaute
« Le concert du Maître à Barcelone : j'y étais ! » par Thierry Blain. |
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ELMER BERNSTEIN EN 2003. Photo : Rafael Mompel (ACDMC) |
Salle Pablo Casals, Auditori de Barcelone | |
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L'Auditori de Barcelone |  |
En hommage à Elmer Bernstein, disparu il y aura bientôt quatre ans le 19 août 2004, et sans aucune prétention littéraire ou artistique, j’aimerais simplement vous faire partager le souvenir du concert auquel j’ai assisté le samedi 4 mai 2002 à l’Auditori de Barcelona. En mars 2001, j’ai appris tardivement que le célèbre compositeur new-yorkais que j’admire depuis mon adolescence venait de donner un concert en Europe, à deux pas de chez nous, en Espagne précisément. J’ai tout d’abord amèrement regretté de n’avoir pas pu y assister, faute de temps, lorsque que peu de temps après une information du site Internet d’Elmer Bernstein annonçait déjà son retour dans la capitale catalane pour le printemps 2002 au cours d’une tournée européenne célébrant son quatre-vingtième anniversaire. Trois concerts seront programmés à Barcelone, le vendredi 3 mai à 21h00, le samedi 4 mai à 19h00 et le dimanche 5 mai à 11h00. Après avoir réservé très tôt par courriel deux places pour le samedi soir, et posé des congés, nous sommes descendus passer quelques jours de vacances sur la Costa Brava dont le point culminant serait la « rencontre » avec le Maestro. Ce samedi 4 mai, c’est sous un soleil radieux que nous profitons de la cité espagnole, en flânant sur les quais très animés du port, avant de prendre vers 17h30 la direction de l’Auditori, la grande salle de concert réalisée en 1992. Après avoir échangé nos réservations contre deux billets au guichet, nous pénétrons dans la magnifique salle, haute de plafond et toute de bois garnie. Peu à peu celle-ci se remplit, pour la plupart de spectateurs abonnés, des curieux et sûrement quelques fans qui n’ont sans doute pas hésité à se déplacer comme nous. |
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A 18h55, je dois dire que l’émotion était assez forte pour ma part. J’étais proche de vivre la « rencontre » avec l’artiste qui avait rythmé ma jeunesse. Dans les années 80, les adolescents écoutaient sûrement la musique pop des groupes anglais ou américains, inscrits sur leurs sacs ou leurs tee-shirts. Très loin d’eux, sans qu’ils le sachent, j’étais dans un autre univers musical qui déjà marquait mon détachement culturel. Mais ce samedi soir, je ne cachais plus mon enthousiasme et ma passion pour la musique de film. A 19h00, les musiciens font leur entrée. A 19h01, le premier violon entre à son tour pour donner le la. A 19h02, le voilà ! Sous un tonnerre d’applaudissement, le grand « Maestro » Elmer Bernstein fait son entrée. « Grand », c’est vite dit…Il mesure environ 1,60m, un peu enveloppé par ses années, mais possède un talent immense. Avec panache et humour, il nous adresse un petit salut en catalan (bien appris !) puis nous présente en anglais son programme. Et c’est parti ! D’abord une ouverture, comme il se doit : « Sur la piste de la grande caravane/The hallelujah trail » (1965). Un western humoristique et divertissant, historiquement plus intéressant qu’il n’y paraît au premier abord. La musique se savoure, dynamique, joviale. Même sans la présence des chœurs, l’interprétation de l’Orchestre Symphonique de Barcelone est splendide sous la baguette de Bernstein. Puis, vient une première suite de films, présentant l’étendue de la palette dramatico-épique du compositeur : « Summer and smoke » (1961), intimiste et sensuelle puis « Les arnaqueurs/The grifters » (1990), très atonale, macabre et dérangeante. S’ensuit « Les rois du soleil/The kings of the sun » (1963), un film méconnu qui possède une partition exotique surprenante. |
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Très proche de « Hawaii » (1966), elle se caractérise par l’utilisation d’instruments ethniques à percussion, dans un rythme soutenu, sans pour autant négliger l’émotion. Elmer Bernstein venait de la réenregistrer peu de temps avant sa mort, suite à une demande de ses aficionados. Pour clore la première partie, une suite de « La grande évasion/The great escape » (1963) reprend la plupart des thèmes principaux du film, emmenée de main de maître avec une précision étonnante. Fidèle à la tradition des films de guerre, la musique comprend une marche originale qui a fait le tour du monde et l’ensemble de l’œuvre est marqué par les bois et vents, comme une fanfare d’harmonie. Après un entracte de vingt minutes, Bernstein nous propose d’entendre une sélection de valses qu’il a composées pour quelques films : « L’âge de l’innocence » (1993), « The incredible Sarah » (1973), méconnue, « Thoroughly modern Millie » (1967) qui lui apporta son unique Academy Award, et « From the terrace » (1960). Il déclarait à cette occasion que, « puisque née en Europe, la valse serait sûrement très appréciée par le public européen ». Et il est vrai qu’il se rapproche quelques fois de la valse viennoise avec tant d’élégance et de légèreté qu’on aurait pu attribuer la paternité à Ivanovici, Waldteufel et même Strauss. Visiblement ce soir, le Maître se laisse emporter par le tourbillon et jubile à la baguette…et nous aussi ! Puis viennent ensuite quatre arrangements pour musique jazz. Très tôt, par son héritage d’arrangeur pour des orchestres du type de ceux de Glenn Miller, il fut parmi les premiers compositeurs à introduire cette musique au cinéma. Ce soir, il nous propose « The rat race » (1960), avec un bon solo de saxophone servi par une rythmique symphonique soutenue, « Le grand chantage/Sweet smell of succes » (1957), « The rage in Harlem/La reine des pommes » (1991) et « La rue chaude/Walk on the wild side » (1962). |
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Bien que le jazz me soit un univers un peu méconnu, je dois dire que j’apprécie pleinement la vigueur des thèmes et la richesse des orchestrations. Pour clore le programme, Bernstein ne pouvait pas passer à côté de son univers favori (et le mien, aussi !) : le western. Epique et romantique, le western est certainement le genre cinématographique qui permet la plus grande diversité musicale et la plus grande liberté de composition. « Cent dollars pour un shériff/True grit » (1969) nous en offre parfaitement l’exemple. Bernstein nous propose « The Rooster », le thème héroïque, fougueux, énergique composé pour le personnage incarné par John Wayne, « Runaway Races Away », thème principal du film, vigoureux et interprété avec tant de précision qu’il est comparable à la bande originale et « Warm Wrap-Up », le morceau final du film qui débute par un thème très mélancolique laissant exprimer la profonde sensibilité du compositeur, pour s’achever par la reprise du thème de John Wayne. Enfin, « Les sept mercenaires » (1960) conclut la partie western du programme. Ce thème principal, qui est le grand succès du compositeur, reçoit bien évidemment les acclamations du public. Et pourtant, à ma grande surprise, ce n’est pas la meilleure des reprises mais il est incontestablement bien dirigé. Ayant déjà eu l’occasion d’entendre ce thème joué par plusieurs orchestres, je dirais que, bien qu’il n’ait pas la saveur identique de l’original, c’est encore Elmer Bernstein qui sait le mieux maintenir la vélocité du rythme que demande cette pièce musicale. Visiblement, le Maestro adore mettre en valeur la deuxième ligne musicale pour cors, en écho aux cordes, à laquelle il prête toute son attention et son énergie. C’est aussi celle que je préfère lorsque je l’écoute. |
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L'Auditori de Barcelone |  |
Après l’ultime note, le public explose, ovationne comme il se doit l’un des derniers représentants de la musique hollywoodienne de l’âge d’or, conquis par l’enthousiasme, la sensibilité, la finesse autant que la richesse de ces œuvres. Alors, Elmer, tu remets un peu de sauce ? Dans un élan, il nous redonne à savourer une version écourtée du thème principal des « Sept mercenaires ». Deux parties de cinquante minutes chacune, c’est bien court lorsqu’on apprécie l’immense talent de cet artiste si éclectique. Il y aurait tant de pièces musicales à vivre en concert, dirigées par leur papa ! Nous sortons de l’Auditori, enchantés par la magie de cette musique qui sait se faire écouter sans avoir besoin des images pour nous émouvoir. Et c’est bien là tout l’art du compositeur de musique de film, écrire une musique qui passe presque inaperçue au cinéma, mais qui conserve son pouvoir pour être écoutée seule. Aaron Copland disait que « la musique de film est une petite flamme placée sous l’écran pour l’aider à s’enflammer ». Et il avait raison. Bien que six ans se soient écoulés depuis, il me reste de cette soirée inoubliable beaucoup de souvenirs mais aussi une sensation d’inachevé. Elmer, aussi vivant qu’il nous est apparu sur cette scène à 80 ans, ne nous paraît pas disparu vraiment. Chaque fois que je réécoute ses œuvres jouées ce samedi soir, je le revois à la baguette, avec sa fougue, son enthousiasme, sa générosité et son humour. Ce qu’il nous manque à nous autres passionnés de musique de film, ce sont les images de ces concerts… un appel ? Enfin, bien que peu familier avec les salles de concert, je remarquais l’acoustique assez exceptionnelle de l’Auditori de Barcelona, capable de restituer naturellement l’ensemble et la clarté des instruments, surtout les moins puissants, là où le CD nécessite un mixage pour obtenir le même effet. |
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@ Jean Schweitzer - Fotolia.com |  |
Par cet article, sans aucune prétention, j’ai simplement essayé de vous faire partager une de mes grandes passions musicales et aussi un grand moment de ma vie, pouvant peut-être encourager d’autres passionnés à s’exprimer.
Thierry BLAIN.
Nantes, le 25 mai 2008.
Le Site officiel de l’Auditori de Barcelone, cliquez ici. Découvrez les photos de l'architecture du bâtiment et du programme de l'Orquestra Simfonica de Barcelona / I Nacional De Catalunya. |
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| Les films dont Elmer Bernstein a signé la musique |  |  |
Jaquettes française et américaine du C.D. |
L'IDÉALISTE/The Rainmaiker, un film de John Grisham (1997), musique d'Elmer Bernstein avec Matt Damon, Claire Danes, John Voight, Mary Kay Place, Mickey Rourke et Danny DeVito. Un film Paramount, un C.D. Hollywood Records.
Tout dans ce C.D. permet de retrouver l'ambiance et le style des musiques de films d'Elmer Bernstein. Avec plusieurs passages mélodiques joués à la guitare classique (que c'est beau !), les cordes et les vents soutiennent un thème très fluide sur une orchestration emprunte d'une grande délicatesse et d'une profondeur harmonique unique : les mouvements des contrebasses et autres basses en cuivres ou électriques renforcent la gravité d'une scène, les passages joués fort dans l'atonalité créent même une angoisse et une peur irraisonnées. Heureusement, le compositeur se permet de rajouter son instrument fétiche, les Ondes Martenot, qui savent nous appaiser le moment venu. Les harmoniques des violons, la variété des instruments solistes, l'adjonction de voix féminines, le mélange des genres musicaux (le jazz est dignement représenté par l'orgue Hammond à la sonorité si particulière et superbe), les notes saccadées des divers pupitres de l'orchestre (les flûtes traversières, le piano, les trompettes...) font de ces compositions un exemple de plus de la régularité du travail d'Elmer Bernstein. Tout au long de sa vie, il aura su maintenir une grande qualité dans ses réalisations. A noter la participation d'Émilie Bernstein, sa fille, qui assure les arrangements et produit cet album. D'ailleurs son fils, Peter Benstein, est lui-aussi compositeur, alors quoi de plus formidable que de réussir à transmettre à ses enfants l'amour d'un métier que l'on aura exercé pasionnément ? C'est le cas de le dire, Elmer Bernstein était un être humain exceptionnel à plus d'un titre ! |
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| Gregory PECK, acteur |  |
Un film UNIVERSAL |  |
« DU SILENCE ET DES OMBRES/To kill a mockingbird » de Robert Mulligan (1962) avec Gregory Peck. Musique d’Elmer Bernstein. Chez Universal.
Dans ce film, la question de la ségrégation raciale aux États-unis dans les années 30 est abordée de manière claire et franche : un homme de couleur sans histoires, travailleur et serviable est accusé à tort d’avoir battu et violé une jeune femme blanche. Gregory Peck se révèle être une nouvelle fois parfait dans le rôle de l’avocat motivé et habité par la défense d’une cause juste et noble car il en faut, du courage, pour mener à bien un combat dans l’état d’esprit détestable de l’époque, ce temps où le racisme prédominait dans une grande partie de la communauté blanche des états du sud du pays. Le film est réalisé par Robert Mulligan et est produit par Alan J. Pakula, l'association de deux professionnels très différents qui durera quelques années seulement chacun poursuivant sa route dans les années 70 : Pakula produira des films engagés tels « Klute » avec son actrice préférée Jane Fonda ou « À cause d’un assassinat » en 1974 sur le meurtre de Kennedy ou encore « Les hommes du Président » en 1976 sur l’affaire du Watergate. L’autre, Mulligan, produira « Un été 42 » (musique de Michel Legrand) et « L’autre », un étonnant film de science-fiction en 1972. Gregory Peck aura marqué le cinéma américain. Sa longue silhouette très présente surmontée d’une tête bien pleine permettra à l’acteur de garder dans ses films la même allure très « classe » ; toujours pensif et rempli de scrupules avec son regard impitoyable mais lucide sur le monde et les gens qui l’entoure, il développera un jeu fin et brillant dans les rôles de personnages à l’esprit tourmenté. On le retrouve dans « Les grands espaces/The big country » de William Wyler en 1958 avec la formidable musique de Jerome Moross (voir ici). |
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Réalisé d'après la nouvelle littéraire d'Harper Lee, Gregory Peck recevra un Oscar en 1962 pour son rôle de Atticus Finch dans « Du silence et des ombres/To kill a mockingbird ». Au travers la vie et le regard de ses deux enfants, Scout jouée par Mary Badham que l'on verra deux ans plus tard dans un épisode de la série télé « La quatrième dimension » et Jem joué par Philipp Alford que l'on retrouvera aux côtés de James Stewart dans « Les Prairies de l'honneur/Shenandoah » également en 1965, on suit le cheminement de l’avocat qui mène une action remarquable : tenter de disculper un innocent face à la vindicte populaire. La musique d’Elmer Bernstein est présente, discrète et remarquable. À noter dans les dernières scènes importantes du film la présence d'un jeune acteur débutant qui n'arrêtera plus jamais de tourner, l'excellent Robert Duvall. Que dire de plus sinon vous recommander ce film et sa musique !
Autres commentaires dans le questionnaire de ce site « Testez vos connaissances », cliquez ici
Photo ci-contre : Gregory Peck, Mary Badham et Philipp Alford. Photo X.
Les plus belles photos d'actrices et d'acteurs français et étrangers, une adresse : allposters.fr (cliquez ici, site hollandais en français).
Mary Badham est la jeune soeur du réalisateur britannique John Badham (naturalisé américain à l'âge de 7 ans) à qui l'on doit « La fièvre du samedi soir » ou bien encore « Wargames » (voir ici). Pourtant la petite Mary n'épousera pas la carrière d'actrice, comme quoi on ne peut être sûr de rien... |
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Montage FX | | |
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| Un film, un C.D. |  |  |
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DEUX COPINES, UN SÉDUCTEUR/The world of Henry Orient de George Roy Hill (1964) avec Peter Sellers, Paula Prentiss, Angela Lansbury. Musique d'Elmer Bernstein. Un film M.G.M. Le C.D. est tiré à 3 000 exemplaires, une réalisation FSM Silver Age Classics.
Elmer Bernstein a écrit la musique de ce film seulement deux ans après « Du silence et des ombres », en 1964. Le compositeur s’est donné les mêmes motivations, à savoir, illustrer par les notes le propos humoristique du réalisateur George Roy Hill à qui l’on doit le fameux « Butch Cassidy et le Kid » (voir ici). L’amour platonique d’une jeune pianiste virtuose de 14 ans pour un concertiste célèbre un peu ringard à la réputation probablement surfaite mais pour lequel la jeune Valerie voue un culte l’amènera, avec son amie, vers de rocambolesques aventures. Courses folles dans les rues de New-York, l'adolescente pensera être au cœur d’une affaire d’espionnage avec de faux chinois ; Elmer Bernstein devra aussi évoquer la musique classique et les grands concertos tout en gardant la légèreté de l’histoire menée par ces deux collégiennes excentriques à l’imagination débridée…Pour ses interventions musicales dans le film (une bonne vingtaine), Elmer Bernstein saura varier les orchestrations, les rythmes et les couleurs sonores sur le thème principal du film, une mélodie romantique à souhait, belle, superbe car jouée à l’accordéon, sans doute pour traduire l’atmosphère populaire et cosmopolite de Central Park et les faux airs français d' Henry Orient. Le pianiste et acteur américain Oscar Levant (que l'on retrouve dans Un américain à Paris) et décédé en 1962 aura fortement inspiré l'écrivain Nora Johnson qui co-signera dans la foulée l'écriture du scénario. Musique, musique, les ambiances de « Deux copines un séducteur » rappellent toutes celles entendues dans les films dont Elmer Bernstein signera la dimension sonore : « Les Comancheros », « Big Jake », « Amazing Grace and Chuck », « Taram et le chaudron magique » et les autres… |
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Cette réalisation sera projetée au Festival de Cannes pour sa sortie et sera très apprécié de tous ce qui n'est pas si commun (les critiques, les professionnels et le public). L'immense talent d'Elmer Bernstein dans toute son étendue peut se ressentir dans le film et le C.D. « The world of Henry Orient » résume parfaitement le style du maître. Toute une carrière reconnue par la profession cinématographique comme étant brillante et exemplaire se retrouve condensée dans cet enregistrement. Le film restera comme une comédie plaisante que l’on pourra trouver dépassée par la nature de ses sentiments et des relations humaines décrites avec un Peter Sellers fasciné par les femmes mariées, ici dans un rôle plus effacé que dans « La Party » voir ici mais l’impression générale reste très bonne. Quant à la musique, bon sang, elle est géniale, comme Elmer Bernstein saura le faire chaque fois avec simplicité, facilité et efficacité. C’est ainsi que l’on devient exceptionnel... |
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| Kim DARBY, actrice |  |
John WAYNE et Kim DARBY dans "100 Dollars pour un shérif" |  |
La carrière de Kim Darby n’aura pas été à la hauteur de son talent. On ne sait pas trop pourquoi mais lorsqu’on en a trop, on dérange plus que l’on arrange… Le système sait parfois être cruel avec ses propres enfants. Enfant d’artistes justement (son père et sa mère étaient danseurs professionnels), Kim Darby fera sa première apparition à l’âge de 16 ans dans la comédie musicale « Bye Bye Birdie » de George Sidney en 1963, un film qui ne connu pas un succès retentissant outre-Atlantique et qui est devenu complètement ringard mais qui restera longtemps un film de référence pour une partie de la jeunesse américaine très « fleur bleue » celle qui fréquentait les universités huppées dans l'univers protégé et insouciant de ce début des sixties (les mélodies oscarisées de Charles Strouse pour « Bye Bye Birdie » sont exceptionnellement belles, rythmées et entraînantes, très bien arrangées, elles auront fait le tour du monde plus que le film, voir ici). Kim Darby sera présente dans de très nombreuses émissions, feuilletons et séries télévisées pendant plus de trente années jugez-en par vous-mêmes : Bonanza, Le fugitif, Les rues de San Francisco, L’homme de fer, Star Trek, Gunsmoke, Baretta, La croisière s’amuse, Le riche et le pauvre, X-Files et Diptide (en 1984-86) pour n’en citer que quelques uns mais son seul et vrai grand rôle reconnu demeurera celui de Mattie Ross dans « Cent dollars pour un shériff », le film qui consacra la performance d’acteur de John Wayne pour lequel il reçu enfin un Oscar en reconnaissance de sa carrière et de son œuvre. Car ce sont bien les performances de l’ensemble des acteurs du film qui en font son succès avec la réalisation, le doublage français d’une qualité rare (comme on sait parfaitement le faire en France avec des comédiens qui honorent la langue) sur une musique tout aussi remarquable d’Elmer Bernstein, bien entendu. |
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Le rôle créé et tenu par Kim Darby dans le film d'Henry Hathaway était difficile : il fallait rendre sympathique une adolescente surexcitée et déterminée, prête à en découdre avec le tueur sans pitié Tom Chaney en la personne de Jeff Coray, un autre habitué des seconds rôles comme le deviendra malheureusement Kim Darby après ce film, sans oublier le personnage de Ned Pepper joué par l’excellent Robert Duvall. Toute une équipe de grands professionnels réunie autour du « boss », le shérif Rooster Coburn alias John Wayne ; une association exemplaire d'artistes à l’image de nombreuses productions avec le Duke, une feuille de route qui fonctionne à merveille et fera ses preuves à de maintes occasions. Kim Darby jouera ensuite dans « Nightmare » de John Newland en 1973, un film d’horreur pas trop horrible avec une musique de Billy Goldenberg puis dans « Des fraises et du sang » de Carl Reiner en 1978 avec son compatriote Henry Winkler (l’admirable Fonzie de la série télé « Les jours Heureux »). Enfin, notre actrice ouvrira une école de comédie (voir son site perso., lien ci-dessous). De quoi pouvoir se dire au moment où l’on fait le bilan de sa carrière qu’un parcours comme le sien permet au cinéma de vivre et de perdurer sur ses plus solides fondements, ceux construits par les femmes et les hommes qui oeuvrent parfois loin de la célébrité mais qui savent rester fidèles à leur passion. Cette sincérité transmet les valeurs vitales du Septième art par sa dimension artistique de première importance. Mille fois bravo et encore merci Kim Darby !
Site officiel de Kim Darby, l'actrice et son école de comédie
Pour en savoir un peu + sur le film voir le court article pages précédentes
Site perso. sur John Wayne, le dernier des géants (en français, nombreuses photos)
Site sur John Wayne, l'acteur et son parcours (en anglais)
À suivre... |
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| Un C.D. pour le plaisir d'entendre du Bernstein et du Moross |  |  |
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YANKEE SAILS ACROSS EUROPE et GRIZZLY !, musiques composées et dirigées par Elmer Bernstein et Jerome Moross. Un disque compact Intrada de la collection « Original television soundtracks ».
En septembre 1965 démarrait sur la chaîne télé américaine C.B.S. une série de documentaires réalisés par la célèbre société le National Geographic que l’on ne présente plus. Personne mieux qu’Elmer Bernstein ne pouvait saisir l’écriture idéale requise pour ce genre de musiques d’accompagnement. Avec la fanfare leitmotiv sur fond de cordes et de percussions syncopées comme à son habitude, Elmer Bernstein en est le spécialiste du genre, les différents épisodes auront entraîné les téléspectateurs assidus aux quatre coins du monde, des pentes de l’Everest aux plaines australiennes mais aussi, présentement, de la péniche du couple Johnson en villégiature en Europe sur les canaux français et sur la Seine aux frères Craighead à la recherche des traces laissées par le grizzly dans le Yellowstone. Les compositeurs laisseront libre cours à leur imagination dans ces feuilletons palpitants. Moins sclérosés, moins prisonniers des montages rigoureux des films à gros budgets où leur talent aura éclaté quelques années plus tôt (Les sept mercenaires pour l’un et Les grands espaces pour l’autre par exemple), nos sacrés musiciens pourront « prendre le temps de prendre le temps » et laisser se développer des thèmes superbes en rajoutant ici et là quelques effets sonores pour garder contact avec les images. Un documentaire télévisé ne se conçoit pas comme un long métrage de cinéma, la musique ne s’écrit pas non plus de la même manière. En ces années 60, il fallait avant tout « faire de belles images » et raconter une histoire extraordinaire sur le mode gentillet. Destinés à toute la famille, la société américaine raffolait de ces contes modernes à forte vocation scientifique et écologique. Comme quoi l’Amérique pollueuse de 2009 qui n’en finit pas de cracher sur la planète – probablement déjà dépassée en cela par les chinois et ce n’est pas un exploit - n’est pas complètement irresponsable, une prise de conscience du problème existe depuis longtemps dans le pays mais se doit de ressurgir aujourd’hui avec force. À l’écoute des musiques d’Elmer Bernstein et de Jerome Moross, on veut y croire. L’harmonica et autres instruments rares échangent leurs notes avec l’ensemble de musique de chambre fort de sa trentaine d’interprètes ; ils représentent tous les pupitres de l’orchestre symphonique et les arrangements, légers et bucoliques, soutiennent les images pleines d’espoir. De la beauté, une absence de violence, l’admiration de la nature et des animaux qui y vivent, le respect des peuples et de leurs cultures, l’authenticité, c’est cela que plébiscitait le téléspectateur. Quarante ans plus tard on en a besoin plus que jamais…
À noter : le thème principal d'Elmer Bernstein fortement inspiré de la musique d'Alessandro Cicognini pour le film « Don Camillo Monseigneur » (voir ici) tourné quatre ans plus tôt et ses arrangements qui nous font plonger dans d'autres musiques de films « Quand les parachutistes arrivent », « Deux copines un séducteur » ou « Big Jake » entre autres. Autre fait très significatif du talent de Jerome Moross cette fois-ci : de superbes mélodies dans « Grizzly ! » avec un thème magnifique joué à l'harmonica accompagné de la guitare sèche puis des cordes et le très beau thème aux violoncelles du générique du National geographic. Un prolongement des autres disques de Jerome Moross (Les grands espaces et Les aventuriers du fleuve, voir ici) |
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| Un DVD |  |
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GOLD, un film dePeter Hunt (1974) avec Roger Moore, Susanna York, Ray Millano, Bradford Dillman, John Gielgud. D'après le roman de Wilbur Smith. Musique d'Elmer Bernstein. Un film produit par Michael Klinger.
Une catastrophe au fin fond d'une mine d'or comme il en existe encore en Afrique du sud. Une explosion, des victimes, les risques du métier... À part qu'une main criminelle a allumé la mèche pour justifier la flambée du cours du métal jaune si convoité ! Ce film dévoile les dessous terrifiants de la Loi du marché. Tout ce qui est rare étant cher, le milieu maffieux n'hésite pas à tuer pour engranger de collossaux profits sur le dos des mineurs exploités. La finance internationale possède ses propres règles quand la concurrence fait rage, l'édition de ce DVD en est la preuve. La version éditée par la petite entreprise française spécialisée dans la réédition en DTS de films oubliés ou délaissés (jaquette de gauche) permet de retrouver un son ample et généreux. Ainsi l'oeuvre reprend des couleurs sonores dignes de la version cinéma et impossibles à apprécier en mono ou stéréo. La musique d'Elmer Bernstein est une nouvelle fois généreuse avec son thème positif (dans une tonalité Majeure), facilement mémorisable et si bien orchestrée qu'on en tomberait vite amoureux de celle-là aussi, sans oublier l'excellent doublage des comédiens français : pour toutes ces caractéristiques spéciales le son méritait bien un traitement DTS ! La directrice de cette société, Gislène Lassan, explique sa passion du cinéma (voir ici) et raconte pourquoi elle a confié la réalisation de cette version haut de gamme à une autre société française de modeste envergure mais performante, Maïa (voir ici). Seulement voilà, la qualité et le fait de marcher sur les plates-bandes des grandes Majors compagnies (Columbia, Warner Bros...) et celles de taille plus moyenne (T.F.1, M6...) suffisamment costaudes tout de même pour tenir le choc du commerce mondial auront raison de la toute jeune et petite PVB Editions. Engloutie dans un marché planétaire orienté sur la rentabilité mais certainement pas sur la qualité de la production locale dans le respect de critères artistiques évidents (un fait valable pour tous les produits du marché), la centaine de DVDs édités par PVB Editions sont devenus une rareté : l'aventure s'est soldée par un échec. Pourtant le trésor de guerre ne fera pas la fortune de leurs concepteurs, hélas pour eux. L'autre version DVD du film (jaquette de droite) que l'on peut trouver chez Seven sept (voir ici) reprend la version en DTS de PVB Editions : un transfert de compétence se serait-il opéré pour ce titre-là ? Et que sont devenus les autres titres en DTS notamment ceux d'anciens films français rares et passionnants ? Mystère, mystère... L'avènement du Blu-ray disque ne permettra plus un retour sur image : à la trappe les petits producteurs puisque tout le monde s'en moque ! Sauf Alix qui a Beaucoup aimé ce film et sa musique avec une mention toute particulière pour la qualité extraordinaire de duplication de la brève et défunte PVB Editions. La dernière séance...
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| et le C.D. |  |
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GOLD, musique composée et dirigée par Elmer Bernstein. Paroles de Don Black. Un disque compact Intrada.
À l'écoute du disque, le moins que l'on puisse dire c'est que l'on reconnaît vite le style d'Elmer Bernstein (instruments et arrangements). Une fois de plus le compositeur ne cède pas totalement aux canons rythmiques de l'époque, le milieu des années 70, en imposant ses tempos avec une basse qui marque le temps afin de permettre les envolées des flûtes traversières ; le dialogue entre les cordes et les vents rappellent toutes ses autres musiques. Sur des relents de soul music funky pop et sympathique, de jazz et de jerck, la chanteuse Maureen Mac Govern nous replonge sur un rythme de bossa-nova dans les entrailles du Poséïdon (voir ici) : John Williams et son love theme aurait-il inspiré notre ami Elmer ? Ici aussi la musique suit son cours comme les protagonistes du film suivent, eux, le cours de l'or. L'histoire se déroule en Afrique du sud et il fallait bien introduire quelques percussions chaudes pour coller aux images du pays tout comme le xylophone illustre à merveille le scintillement du précieux minerai mais c'est la couleur générale de la musique conçue par Elmer Bernstein qui permet de donner de la dimension et de l'espace à l'action du film. Le disque n'est malheureusement pas à la hauteur de notre attente : la présence énorme d'une réverbération rajoutée à posteriori en studio pour tenter probablement de masquer le manque de qualité du master original nuit terriblement au confort d'écoute et provoque l'effet inverse, celui de nous faire prendre beaucoup trop de distance avec les sons. C'est un peu comme si vous vous trouviez enfermé dans une chambre d'écho, une grotte ou une église par exemple, qui vous renverrait les notes de musique à retardement et complètement entremêlés... Ce disque n'offre donc pas un grand intérêt auditif sinon celui de retrouver quelques partitions de belle musique du maître. Si vos tympans sont exigeants, alors évitez-le car vous risqueriez d'être très déçu. Comme avec un bijou en simple métal doré qui séduit mais que l'on délaisse rapidement... |
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| Cédez à la tentation ! |  |  |
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LA FORCE DU SILENCE/Amazing Grace and Chuck, un film de Mike Newell (1987) avec Gregory Peck, Jamie Lee Curtis, William M. Petersen, Joshua Zuehlke et Alex English. Musique d'Elmer Bernstein. Un film Tri-star pictures. Un C.D. Varèse Sarabande VCD 47285.
Décalage total : le film est insignifiant et sa musique est exceptionnelle. Alix a vu ce film à sa sortie en 1987 mais elle n'arrive pas à s'en souvenir. Rien, le vide total, c'est le trou noir. Mauvais présage. Tout comme le jeune héros du film lorsqu'il visite un abri anti-atomique et qu'il décide d'arrêter le baseball pour protester contre les silos de missiles pointés sur la Russie. La guerre froide était pourtant derrière lui avec une opposition est-ouest en pleine déliquescense. L'action du film se situait donc une bonne décennie auparavant, quand les relations entre les deux blocs étaient bien plus tendues. Bref, lorsque un garçonnet pose une bonne question qu'il destine au Président des États-unis, sa chance d'être entendu repose sur la volonté d'une personne puis de deux puis de mille puis de millions d'autres qui lui feront écho. Peut-être le Président daignera t-il enfin en tenir compte ? Peut-être viendra t-il aussi rencontrer l'agitateur en herbe dans sa campagne... Qui sait ? Mais Alix s'en fiche dans le fond car elle reste sur une mauvaise impression. Elle ne se rappelle pas du film. Il faudrait nous donner la possibilité de le revoir pour confirmer ou infirmer cela mais il semble visiblement trop difficile d'éditer aujourd'hui une réalisation vite disparue des écrans pour cause d'insuccès. Trop « américain » dans son traitement, le film l'est probablement, sûrement même car l'aspect psychologique est assez spécial. En revanche la musique d'Elmer Bernstein reste superbe d'un bout à l'autre du film : le compositeur expose dans ce huit-clos larmoyant la palette sonore de ses capacités d'arrangeur de qualité, toutes les variations y trouvent leur place ! À l'écoute de la musique de « La force du silence » et de son thème principal regroupé autour des notes de l'accord parfait Majeur comme c'est souvent le cas chez notre bon vieux regretté compositeur, les images de « Les parachutistes » ou de ses meilleurs westerns reviennent rapidement à l'esprit, le chaudron de Taram, les fantômes d' S.O.S., les 7 mercenaires ou les chevaux de Katie Elder ne sont pas bien loin. Souvent répété dans le C.D., le thème joué aux Ondes Martenot sur fond de piano et de harpe classique repris par d'autres instruments comme un message asséné qui doit passer, c'est après tout la base du scénario du film. Déclinée sous toutes ses formes, la mélodie comme on l'aime côtoie le hautbois, les violons en sourdine et les fameuses Ondes Martenot adorées du compositeur. Alors pour en finir avec cette appréciation d'Alix pendant que Chuck reçoit les médias et attend de pied ferme le Président, les amoureux des musiques de films d'Elmer Bernstein jubilent : grâce à « La force du silence », Elmer Bernstein nous délivre l'une de ses meilleures pages musicales. Quant au réalisateur, il est passé depuis du côté d'Harry Potter. Les mystères de Poudlard ont chassé les fantômes de la politique mièvre et sentimentale, critères peu crédibles comme on peut s'en douter. S'il vous plaît MM. les producteurs, éditez ce film en version française afin qu'Alix puisse s'en faire une nouvelle idée ! Et gloire au Maître ès musiques de films Elmer Bernstein ! |
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| Guerre |  |
|  | L’ULTIME ATTAQUE/Zulu dawn, un film de Douglas Hickox (1979) avec Peter O’ Toole, Burt Lancaster, Simon Ward, Denholm Elliott, Bob Hopkins… Scénario de Cyril Endfield d’après son propre ouvrage documentaire. Musique d’Elmer Bernstein. Distribué par Victory films (nouveau master haute définition en version française 5.1)
ZOULOU, un film de Cyril Endfield (1964) avec Stanley Baker, Michael Caine, James Booth, Nigel Greene… Musique de John Barry (voir ici). Un film Paramount.
Deux films à voir l’un après l’autre mais pas dans l’ordre chronologique. Dans « L’ultime attaque » (1979), les Zoulou encerclent les anglais en tuniques rouges et mènent un combat sans merci dans les paysages immenses d’Afrique du sud. Nous sommes en 1879 trois années seulement après « Little big horn » en Amérique où les tuniques bleues américaines sous les ordres du général fou Custer ont été massacrées. Un parallèle entre les deux champs de bataille est facile à dresser : d’un continent à l’autre, la Nation indienne et le Peuple du ciel auront du lutter corps et âme contre l’invasion des colons blancs. Dans le film de 1964 « Zoulou », l’histoire raconte le combat des soldats britanniques retranchés dans leur camp transformé tant bien que mal en fort Chabrol à l’africaine : y aura t-il une reddition ou vont-ils tous être tués par les Zoulou ? L’action est forte, les acteurs sont excellents, l’aspect psychologique est étudié du côté anglais principalement mais le jugement des comportements par les réalisateurs est sans appel, la connerie des militaires inconscients et totalement embrigadés y est dénoncée sans appel : pourquoi tant de morts pour la possession d’une terre aride qui ne leur appartenaient même pas ? Le peuple Zoulou existe depuis l’an 800 après J.C. ; victimes de l’Apartheid, les divisions et conflits internes ont engendrés des combats sanglants entre tribus mais lorsque tous les clans se sont regroupés pour combattre l’ennemi européen, la victoire se trouvait au bout des lances malgré les fusils et les canons anglais. La bataille de Isandhlwana en 1879 fut meurtrière. Le film « L’ultime attaque » la raconte, le film « Zoulou » reprend l’histoire à sa fin : les cavaliers Boers en fuite, l’annonce du massacre circule dans le camp anglais, le film commence là où se termine le précédent. Réalisateur puis scénariste des films, l’écrivain Cyril Enfield a raconté cet épisode tragique de la colonisation des tuniques rouges, la couleur des roses préférées des Tudor, la couleur du sang qui va gicler… Les musiques d’Elmer Bernstein et de John Barry sont Parfaitement bien adaptées au contexte. Alix vous recommande ces deux films Très très bons ;
Voir d’abord « L’ultime attaque » puis « Zoulou ou ou ou ou ou », un chant impressionnant émis dans le grave par 25 000 combattants excités. |
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| Horreur |  |  |
Deux film 20th Century Fox |
LE BON FILS/The good son, un film de Joseph Ruben (1993) avec Macaulay Culkin, Elijah Wood, Wendy Crewson, Davis Morse et Daniel Hugh Kelly. D’après le roman de Todd Strasser. Musique d’Elmer Bernstein. Un film 20th Century Fox.
JOSHUA, un film de George Ratliff (2007) avec Jacob Kogan, Sam Rockwell, Vera Farmiga, Celia Weston, Dallas Roberts et Michael McKean. Musique de Nico Muhly. Chanson et clip de Dave Matthews. Un film 20th Centure Fox.
Un même drame se joue dans ces deux films : la folie meurtrière d’un enfant. Chacun sait que nos chères têtes blondes ne sont pas toutes bien faites. Des traumatismes, des troubles du sommeil, des crises d’angoisse terribles, des soucis divers peuvent engendrer un comportement agressif ou un repli sur soi. La psychologie des plus jeunes d’entre nous relève d’une analyse spécialisée maîtrisée par la médecine mais pas par n’importe quel quidam. Ainsi, des parents mal informés ou peu au fait des questions liées aux problèmes psychologiques des uns et des autres ne voient pas toujours les tourments ou la perversité qui peut se cacher derrière le visage angélique de leur cheri(e) ; un comportement exemplaire peut l'être en apparence seulement. Par exemple l’enfant Marcel Landowski aurait arraché un jour les pattes d’une mouche à titre expérimental ce qui ne l'aura pas empêché de continuer ses expérimentations dans la musique contemporaine ni de réformer en profondeur l’éducation musicale en France (voir ici la rubrique musique de film consacrée à Laurent Petitgirard) . Qui ne connaît dans son entourage un môme prêt à la pire des bêtises juste pour assouvir une motivation personnelle pas catholique du tout ? Dans « Le bon fils », Mark vient s’installer chez Henry, une belle maison isolée près de la côte et son drame sera d’avoir perdu ses parents. Orphelin, il ne peut avoir d'emblée que des problèmes et mérite toute l’attention et l’affection de la famille Henry. Pourtant les problèmes vont surgir d’un esprit criminel qui n’est pas le sien !
Chaque personne gère ses propres difficultés avec plus ou moins de réussite et parfois, ceux qui souffrent le plus ne sont pas toujours ceux qui agissent le plus mal. C’est le cas de Joshua, un jeune pianiste calme et discret qui carresse avec délicatesse les notes de musique sur clavier mais peut tuer avec son esprit déréglé en voyant le mépris là où il ne se trouve pas. Le même concept est commun aux deux films : la folie juvénile n’est pas à l’endroit où on pensait la trouver. La méchanceté gratuite ou intéressée existe aussi dans les gènes : personne ne peut dire quelle est la part de l’inné et de l’acquis dans le fonctionnement de notre cerveau. Oui, on peut naître avec une nature foncièrement méchante. Par exemple Joshua…
Pour Alix, ces deux films qui ne plaisent pas à tout le monde car les enfants sont diaboliques posèdent une Bonne musique d’accompagnement et sont Très bons. Ils sont surtout terrifiants. À noter le rôle à contre-emploi de Macaulay Culkin après ses films comiques (ce qui a déplu) et le jeune acteur Jacob Kogan pour sa double performance : il joue lui-même les morceaux entendus dont un extrait de la Sonate n°12 de Beethoven. À 12 ans il possède déjà de multiples talents , sa carrière promet d’être riche et intéressante. Comme celle de Culkin et de Wood !
Site officiel de Joshua, cliquez ici |
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| Horreur |
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Montage FX |
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LE LOUP-GAROU DE LONDRES/An american werewolf in London, un film de John Landis (1981) avec David Naughton, Jenny Agutter, Griffin Dunne et John Woodvine. Musique d'Elmer Bernstein. Un film distribué par Universal (France).
Encore un film d'horreur ringard de seconde zone diriez-vous d'emblée. Vous auriez tort. Ce film est remarquable en tous points. Ses trucages sont le fruit d'un travail extraordinaire du maître du maquillage, Rick Baker. On lui doit l'existence des fameuses créatures de la scène de la cantine dans La guerre des étoiles, des singes de Greystoke la légende de Tarzan, de Bigfoot, de Gorilles dans la brume, du Professeur Foldingue, de Men in black, de X-men... et de sa récente participation au film de Joe Johnston Loup-garou (Wolfman) qui le ramène en 2010 aux succès de ses débuts. Avec des trucages réalistes, il restait à trouver les acteurs capables de rendre l'histoire crédible sur un scénario bien maîtrisé. John Landis utilisera son savoir-faire en orchestrant tous les talents avec un humour noir décalé, une marque de professionnalisme rare et touchante. La musique d'Elmer Bernstein n'apparaît pas comme étant ici d'une importance déterminante, d'ailleurs, les principales scènes ne possèdent pas de musique en soutien. Le hurlement de mise à mort poussé par le loup-garou, lui, on l'entend parfaitement et pour cause. Du coup une belle mélodie au piano, des orchestrations de jazz et symphoniques, peu de longueurs dans les faits suffisent à marquer la présence du compositeur : quand il faut, Elmer Bernstein répond présent et écrit ce qu'il faut comme il le faut. L'artiste a de la classe ! Quant au doublage français il demeure impeccable, plus qu'une cerise sur un gâteau, il rend l'oeuvre pleine et entière. Ne boudez pas votre plaisir plus longtemps et partez à la (re)découverte du magnifique pays anglais, promenez-vous dans la lande un soir de pleine lune. Une atmosphère vivifiante vous y attend et vous fera tomber votre masque d'étudiant épuisé par un travail trop prenant. Prenez trois mois de vacances, vous en deviendrez accroc !
Pour en savoir + sur Rick Baker le roi du maquillage et des effets spéciaux, enquête sur un surdoué, cliquez ici (un dossier horreur.net, en français) |
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