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| Questions : dis-moi quand, dis-moi où... |
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 | Questions : dis-moi quand, dis-moi où... |
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Jason Stitt - FOTOLIA | |
Yannick. « J’aime ma grand-mère et mon grand père. Sans eux, je ne suis rien, ils me rendent meilleur. Ils m’expliquent tout ce que je veux savoir, je comprends comment ils ressentent les choses, ils ont une vision juste du monde. Mes parents sont trop occupés, ils ne s’intéressent pas assez à ma vie qui est très remplie, j’ai un emploi du temps de Président de la République ! Dis-moi quand ils pourront s’occuper plus de moi : quand ils seront vieux ? Heureusement j'ai mes grands parents qui sont irremplaçables, ils prennent le temps de m’écouter et ils me comprennent, je les adore ! » |
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Slawomir Jastrzbski - FOTOLIA | Solenn. « Je ne sais pas trop ce que ça veut dire vieux. Pour moi, tout est neuf autour de moi et mes parents sont jeunes mais pas ma grand-mère qui est moins jeune. Pour moi, elle n’est pas vieille quand même car c’est ma grand-mère et je tiens beaucoup-beaucoup à elle. Dis-moi quand je serai vieille comme elle, comme ça je pourrai être aimée autant que je l’aime et je trouverai ça super bien ! La voiture de ma maman, elle est très-très vieille. Elle va acheter une voiture neuve. Je ne la trouve pas vieille non plus, elle marche encore bien. Pourquoi jeter une voiture qui marche encore ? Je trouve qu’on jette trop souvent des choses qui marchent toujours ». |
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Jason Stitt - FOTOLIA | |
Ronan. « Dis-moi quand les poules auront des dents ! À chaque fois que je demande à mon père quelque chose et qu’il ne sait pas répondre ou qu’il n’a pas le temps, il me répond « je te dirai ça quand les poules auront des dents ». Peut-être que des fois, il ne connaît pas les réponses alors c’est un moyen de se cacher. Mes grands parents, eux, connaissent tout sur tout et quand ils ne savent pas, ils ne font pas semblant, ils ne s’enfuient pas en vitesse. On cherche ensemble, on trouve les réponses ici et là, on apprend ensemble. J’aimerais qu’ils vivent à la maison mais mes parents ne veulent pas ». |
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| ...on devient vieux |  |
Simone Van Der Berg - FOTOLIA |  | La vieillesse commence dès la naissance : quelques secondes après sa venue au monde, le bébé vieilli déjà. Une évolution ne peut se faire que dans la durée, ce qui entraîne un usage répété de la matière sollicitée et provoque son usure. Afin de perpétuer l’espèce, nous devons faire des enfants, c’est le seul moyen naturel mis à notre disposition pour assurer la continuité de nos gènes et la transmission de notre patrimoine. De toute façon nous n’avons pas le choix : nous ne sommes pas à l'aube de la découverte du secret de la jeunesse éternelle car l’Univers lui-même s’est créé suite a une gigantesque explosion, le fameux Big bang ; il se produira à nouveau dans quelques milliers de millénaires dans un mouvement inversé, un nouveau cataclysme qui sonnera le glas de la disparition totale de l’Univers. Oui, hélas, sa fin était programmée dès sa naissance ! Nous devons donc assimiler très tôt le fait que rien, absolument rien, n’est éternel : nous devons réhabiliter le sens du mot 'vieux'. À notre niveau d’être humain, nous avons toujours pensé que la nature nous donnerait tout, qu’elle était d’une générosité sans faille comme doit être une mère avec son enfant ; la représentation de la nature par une femme bienveillante déversant de l’eau à l’infini, source inépuisable de richesses et de biens, est pourtant révolue : Dame nature a prit un sérieux coup de vieux et sa vieillesse sera prématurée car la source est tarie. Dame nature est gravement malade par notre faute. Une entrée douloureuse dans un troisième âge qui sera écourté. |
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Adorables grands parents Rozen et FX |
Pour fuir une peur ancestrale de la mort, l’homme s’est inventé tout un tas de bonnes raisons pour croire en une vie éternelle. La vie quotidienne était rude autrefois sous nos latitudes et il fallait se donner du courage en se trouvant de bonnes raisons de trimer sans relâche : « Travaille mon petit, ça ira mieux demain ». Des illuminés pensent même aujourd’hui qu’« ailleurs, ce sera toujours mieux qu’ici » et sur cette base, n’accordent aucun crédit à leur existence. La vie avant la naissance, la vie après la mort, la vie spirituelle détachée de notre carcasse, les morts-vivants, les réincarnations, la vie dans la quatrième dimension, la communication avec l’au-delà, avec les dieux, avec Dieu et autres prophètes démontre que nous avons inventé le concept d’une croyance en une vie éternelle quelque part dans le ciel. Mais pourquoi ne pas préserver la vie présente et future plutôt que de s’imaginer une hypothétique seconde vie ailleurs ? L’espoir est permis : les cellules souches sont l’avenir de la médecine car en obtenant une reconstruction artificielle des organes humains gravement lésés, la vie terrestre d’un individu serait prolongée… jusqu’à l’âge de 120 ans. Pour preuve le cheveu qui est en effet programmé pour se régénérer en moyenne 20 à 25 fois par cycle de 4 années dans une vie humaine. Tout semble donc indiquer qu’un être humain peut vivre aussi longtemps que Jeanne Calment. À la condition expresse de soigner nos artères, notre cœur et notre cerveau très affectés dans notre société polluée et stressée. Au vu des soucis créés par l’homme à l’homme, nous ne sommes pas encore prêts à vivre dans une ère de grande tranquillité, à moins d’être bouddhiste et d’y être déjà préparé ! voir à @ Jeanne Calment |
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Le pays bigouden, ça décoiffe ! |  |
Les vieux font peur parce qu’ils nous rapprochent de l’issue fatale. Plus on est vieux, plus on risque de mourir en étant exposé aux maladies et aux problèmes graves de santé et ça, personne ne veut y penser. L’image d’un vieux n’est pas valorisante bien au contraire, elle est bannie de notre société de consommation. Pourtant, les gros consommateurs d’aujourd’hui resteront les gros dépensiers de demain, à moins que le système actuel aspire les capacités financières de l’individu jusqu’à l’os : la retraite de nos concitoyens ne sera pas dorée. La publicité, la présence des vieux à l’écran, toute l’imagerie commerciale est basée sur la jeunesse. Dans notre société moderne il n’y en a que pour les jeunes. La rentrée scolaire ? Pages spéciales et éditions spéciales ! Les vacances scolaires ? Reportages à n’en plus finir ! Les vaccins ? La violence scolaire ? Les jeux vidéo ? Le biberon du petit dernier ? Les jeunes des banlieues ? Pour parler d'un autre phénomène, citons la féminisation de la société par la prise de postes importants ; l’élévation des responsabilités assumées par les femmes dans le monde du travail ne cesse en effet de s’affirmer dans tous les domaines : loisirs, enseignement, médias, recherche, etc. ce qui n’est qu’un juste rééquilibrage dans le combat non abouti de l’instauration de la parité hommes/femmes (le milieu politique est très en retard, quelle honte !). Photo : Daniel SAINTHORANT - FOTOLIA
Au fait, savez-vous pourquoi la coiffe des bigoudènes est plus haute que les coiffes des autres pays bretons ? Pour faire plus haut que les autres, tout simplement. Cet excès de fierté aura valu à Citroën ses meilleures ventes de 2 CV décapotables dans les années 60 et 70 (véridique et terriblement sympathique !). |
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Grand-mère ''Abuela'' Cuadrat et FX |
Dans l’enseignement en revanche, on rencontre bien plus de femmes que d’hommes et dans tous les domaines qui touchent à l’enfance en général. Un état de fait lié au sentiment répandu que les enfants, c’est d’abord une affaire de femmes ; c’est que, Mesdames, vous tenez beaucoup à vos prérogatives ! Résultat, les femmes donnent trop d’importance aux enfants. Les choix de la famille en matière vestimentaire, d’équipement, d’emploi du temps etc., ces choix autrefois dévolus aux parents incombent maintenant aux plus jeunes, y compris l’achat de la voiture familiale, c’est incroyable, les enfants ne subissent plus les règles fixées par les adultes, ce sont eux les grands dadais qui doivent supporter les caprices continuels de leurs rejetons… Je pense que ce n’est pas une bonne chose pour l’équilibre des enfants pas plus que la prédominance des femmes dans l’éducation et la formation. Un enfant « pour se construire » comme on dit, a besoin des deux représentations de la masculinité et de la féminité. Dans son long parcours dans l’enseignement (de la maternelle au Bac), un étudiant rencontrera peu d’hommes et encore moins de vieux. Pourtant, bien des enseignants de la fibre des anciens, celles et ceux qui étaient si compétents et motivés parce qu’ils avaient la vocation dans la peau, auraient volontiers dépassé l’âge de leur mise en retraite d’office s’ils avaient évolué dans un environnement favorable et valorisant. Quel bonheur pour un jeune que d’avoir un Sage comme Maître ! |
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Noëllie - Photo FX |  | Donc disais-je, les enfants sont au contact des femmes de façon disproportionnée dans les métiers en relation avec l’enfance et les vieux en sont cruellement absents, tenus à l’écart. Pourtant, moins les enfants seront au contact des vieux, plus ils redouteront le moment où ils le deviendront à leur tour. Et honnêtement, le vieux aura une influence sur l’enfant et obtiendra de lui un respect qu’il n’aura peut-être jamais pour ses parents. La société s’est engagée dans une très mauvaise direction en rejetant la personne âgée, terme hypocrite censé atténuer les effets dévastateurs du mot vieux. « Mon vieux », pourtant, c’est tellement beau à commencer dans une chanson, n'est-ce pas, Daniel Guichard ? |
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Simone Van Der Berg - FOTOLIA |
Au lieu de donner de l’importance à l’expérience, au savoir, à la connaissance et à la sagesse, au lieu d’être fier et respectueux du travail effectué par les vieux à qui l’on doit notre présence tout de même, eh bien, au lieu de se retourner vers eux, de leur demander conseil comme dans la société hiérarchiquement très évoluée des indiens d’Amérique ou des tribus africaines par exemple, on leur tourne le dos pour les parquer dans des mouroirs (personne ne veut son vieux à son domicile). Au lieu d’aimer la vieillesse pour mieux la supporter un jour, on privilégie la représentation de la jeunesse (ou d’une certaine forme de jeunesse niaise et débile). Il suffit de voir les émissions affligeantes de la télé réalité ou s’imposer une trop grande part d’émissions de divertissement archi nulles pour comprendre qu’elles ne s’adressent surtout pas à la tranche d’âge des plus de 30 ans (et des moins de 15 ans d’âge mental) ! |
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La côte de granit rose. Photo Marc Chesneau - FOTOLIA |  |
De fait, si on reconnaît l’existence de vieux c… indésirables sur les plateaux de la télévision, on doit aussi admettre qu’il existe des jeunes c… et on en voit beaucoup dans ces émissions-là. Elles ne reflètent pas en tout cas une société qui devrait être organisée et équilibrée par la répartition juste et rationnelle des rôles et des fonctions que chacun doit et souhaite remplir. En détournant notre attention du sort des vieux et en leur manquant singulièrement de compassion, c'est en réalité nous-mêmes et nos enfants que nous méprisons. C'est d'une lâcheté impardonnable. La jeunesse : qui ne vendrait pas son âme au diable pour obtenir l’élixir tant convoité ? Rester jeune toute une vie, jeune d’esprit dans un corps jeune… L’essentiel n’est-il pas d’abord d’avoir une bonne santé puis de s’assumer quelque soit son âge et tant qu’à faire quelque soit son statut et sa condition, autant que faire se peut ? Sentir ses forces décliner, se voir dépérir, ne plus pouvoir faire la fête une semaine entière ou grimper le Mont-Blanc sans assistance respiratoire, surfer sur les vagues de La Torche ou faire l’amour à une sirène dans la Baie des Trépassés toute une nuit, ne plus pouvoir assumer cela déplairait à chacun. Mais n’y a-t-il pas d’autres plaisirs qui durent toute une vie ? Bien sûr que si. La musique, par exemple. |
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Fernando et ''ses vieux'' (1945 ?) |
Créons une société qui fait reposer davantage ses valeurs sur les plaisirs intellectuels et un peu moins essentiellement sur les plaisirs primitifs, indispensables certes, mais à ne pas considérer comme unique motivation. La copulation, acte poétiquement défini par 'faire l'amour', est un besoin primaire qui ne doit pas demeurer l'unique but de la vie des individus. C'est aujourd'hui trop facile et finalement bien peu gratifiant ! Il serait temps de redonner un sens à notre vie misérable et insignifiante au regard de l’immensité cosmologique : l’homme a un rôle à jouer ici-bas. Préservons les beautés et les ressources naturelles de la planète bleue (animal, végétal, minéral), protégeons notre prochain mieux que notre propre personne et profitons de la chance inouïe que nous avons d’être toujours vivants malgré les épreuves soudaines qui s’abattent parfois sur les plus malchanceux d’entre nous. Le destin malheureux est une raison suffisante pour ne pas chercher à provoquer des ennuis et des difficultés, des guerres et des conflits. Et si nous changions notre comportement, ne serait-ce pas alors, pour l’humanité, le début d’une ère de sérénité ? |
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Pierre RICHARD, un ''vieux'' toujours jeune. |  |
Quant à l’âge du cerveau, alors là, on pourrait en débattre très longtemps ! Qui ne connaît pas un vieux resté jeune d’esprit et de comportement et un jeune déjà vieux avant l’âge parce qu’il a un raisonnement rétrograde ? On peut parfaitement être vieux à 12 ans et jeune à 72 ! La mode du jean unisexe a annihilé les frontières de l’apparence vestimentaire et gommé les différences entre hommes et femmes, entre jeunes et vieux, entre riches et pauvres, dès les années 50 voir à @ l’histoire du jeans. Dans les années 60 et après 68 surtout, d’autres frontières sont tombées avec la libération de la femme et la reconnaissance de ses droits, l’instauration de la mixité dans les écoles puis l’établissement des droits de l’enfant, la revalorisation du statut de l’adolescent et de l’étudiant, l’ouverture de nombreux établissements d’enseignement artistique partout en France, l’effondrement du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, la fin de l’Apartheid voir à @ apartheid, le Pacs et la plus grande tolérance vis-à-vis des homosexuels, l’ouverture des salons de beauté, la multiplicité des produits de soins, les centres de remise en forme, les progrès de la médecine… Tout semble concourir à l’amélioration des relations entre les sexes, entre les milieux sociaux, politiques et culturels, au rapprochement entre les peuples… mais le vieux, dans tout cela, est-il plus heureux en 2006 ou trouve t-on encore bon nombre de gens à penser que « les vieux ont fait leur temps, qu’ils laissent leur place aux autres et qu’il nous fassent pas ch… » ? Si tel était le cas, ce serait alors le plus grave échec de notre société dite démocratique. |
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| Dis-moi où... |  | | |
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| Dis - |  |
Jason Stitt - FOTOLIA |  |
Yannick. « J’adore les animaux. Quand je vois toutes les misères qu’on leur fait, je me mets à pleurer. À côté de chez moi, un dauphin nous a choisi, c’est Jean Floch, il est très beau. Quel bonheur de voir ça, il est heureux comme un enfant dans l’eau qui veut s’amuser tout le temps. Il veut jouer avec les nageurs. Ma sœur l’a touché, elle l’a caressé, ils ont parlé ensemble, parce qu’elle fait du kayak de mer autour de l’île Tristan. Depuis elle n’arrête pas d’en parler, elle est toute excitée ! Tout le monde adore Jean Floch, il fait partie de notre famille maintenant. Il nous montre que la mer appartient d’abord à ceux qui y vivent et non aux terriens. Ma grand-mère m’a dit qu’il y a toujours eu des bancs de dauphins dans la baie de Douarnenez et que le marin pêcheur et l’animal ont toujours très bien cohabités. Hélas, on n'en voit plus que quelques uns, des dauphins solitaires, les pauvres ! Mais Jean Floch dérange certains pêcheurs, il leur déchire les filets, certains plaisanciers le trouve agressif et c’est pas vrai bien sûr. Ils veulent pourtant le tuer à coups de fusil, sans doute comme il l’ont fait avant à d'autres dauphins. Pas tous les pêcheurs ni les professionnels de la pêche, pas tous les plaisanciers, juste quelques uns, les plus bêtes et méchants. S’ils le tuent, si on l'euthanasie ou si on le capture pour l’enfermer dans un aquarium, ma sœur en fera sûrement une maladie et je crois que je deviendrai vraiment agressif. On le vengera, on le lui a promis. Ne touchez pas à Jean Floch sinon gare ! J'ai signé la pétition et dis-moi où je peux maintenant avoir plus d’infos sur Jean Floch ». Pour en savoir + @ Brest ouvert (infos et blog) et @ Ile de Groix (infos, articles de presse) |
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| moi |  |  |
Slawomir Jastrzebski - FOTOLIA |
Solenn. : « Moi, je déteste les chasseurs. Hier, c’était terrible. Pan ! Pan ! Les fusils ont criés partout dans la vallée. Mes parents m’ont interdit de sortir, j’ai dû rester jouer autour de la maison, c’est pas normal. Et le bruit qui n’arrêtait pas. Pan ! Pan ! Après chaque coup je criais « salauds de chasseurs !». Ma mère ne supporte pas quand je dis ça mais mon père m’encourage en cachette, il est comme moi, il ne supporte pas non plus les chasseurs. Je ne comprends pas où on peut trouver du plaisir à tuer un animal qui veut vivre tranquille sans faire de mal à personne. C’est trop méchant. C’est trop nul. Toute la nourriture se trouve au supermarché, pourquoi tuer les animaux de la campagne ? Il faut aimer la mort et tout ça et je ne comprends pas qu’on laisse faire des gens méchants avec un fusil qui peut tuer. Je veux aussi qu’on arrête de tuer les éléphants, les ours, les loups, les baleines et les dauphins. C’est terrible, tout le mal qu’on leur fait. Pourquoi on fait ça ? Qu’est-ce que je peux faire pour arrêter ça ? J’ai deux grands copains, Mathieu le hérisson et Mon P’tit Coco l’écureuil (je voulais l’appeler Poupette mais c’est un garçon). Ils se trouvent dans le petit bois au bout du champ. Vous vous rendez compte de la chance qu’on a ? Et si les chasseurs veulent leur faire du mal ? Et s’ils leur tirent dessus ? J’irai voir mes amis demain et s’ils ne viennent pas, je sais pas comment je pourrais survivre à ça. Il faut que je les retrouve ! Dis-moi où je peux acheter un appareil pour satellite comme on a mis sur le dos des ours des Pyrénées pour savoir toujours où ils sont et s’ils vont bien ». |
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| où... |  |
Jason Stitt - FOTOLIA |  |
Ronan. « Dans ma famille, nous vivons proches de la nature. Mon père adore l’air pur, ma mère n’aime que ce qui est vrai et naturel, mon frère vit tout le temps dehors ; s’il pouvait installer son lit dans le jardin public ou dans un arbre il adorerait cela. Dès que nous pouvons, nous quittons l’appartement pour nous rendre à la campagne au printemps, à la mer en été et à la montagne en hiver. L’automne est magnifique en montagne mais il faudrait y habiter tout le temps pour pourvoir apprécier pleinement. Il y a des chasseurs là-bas aussi, des braconniers même. La chasse était autrefois une nécessité, on chassait pour manger, on pratiquait l’élevage pour subsister. Aujourd’hui, comme le pense le fils de Jean-Louis le grand chasseur (!), la chasse n’a plus aucune raison d’être. Pourquoi continuer à faire comme avant ? Les habitudes sont faites pour être changées ou alors on s’ennuierait grave. Ceux qui disent que chasser correspond à une tradition devraient lire la lettre de FX qu’il adresse au Premier Ministre du Canada sur les bébés phoques. Les traditions de la tauromachie, du combat de coqs, des chiens et des chats qu’on mange en Chine, des perroquets en cage, de la cigarette, des bombes chimiques d’insecticide (alors qu’il existe des produits 100% naturels), des mines antipersonnelles sur lesquelles sautent les enfants qui vivront handicapés à vie, tout ça est justifié par « la tradition », d’ailleurs, qui n’a pas sa petite tradition perso. ? Il faut maintenant interdire complètement la chasse et rendre les stands de tir gratuits pour ceux qui aiment tirer. Et celui qui ressent des émotions fortes en manipulant de la viande tuée n’a qu’à ouvrir une boucherie, dis-moi où lui en trouver une, il devrait y être à l’aise ». |
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| ...ils vont pouvoir se cacher |  | | |
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Sébastien Lagrée - FOTOLIA | | |
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Jorge Moro - FOTOLIA | | |
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Darryl Brooks - FOTOLIA | | |
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| Jean-Louis le chasseur |  |
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Luc Patureau - FOTOLIA | | |
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Jostein Haug - FOTOLIA | | |
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Serge Rollet -FOTOLIA | | |
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| Reportage |  |
Sheldon Gardner - FOTOLIA |  | Jean-Louis le chasseur témoigne. Reportage. « La chasse ? J’adore ! Je prépare mon fusil plusieurs mois à l’avance, vous pensez bien, je veux voir briller au soleil le canon de mon fusil adoré. Ma femme en est presque jalouse tellement je la bichonne, mon arme chérie. C’est vrai que les premiers jours de la chasse, je suis tellement excité à l’idée de me faire une bestiole… La chasse, ça vous transforme un homme, un fusil bien chargé, avec mon connard de chien aux ordres dans la rosée du matin et la douce fraîcheur de septembre, je sens que le monde m’appartient. C’est trop beau, c’est trop fort. Donc, je me mets à l’affût, j’ai tous mes sens éveillés et je marche lentement. Et quand enfin je vois quelque chose bouger alors je tire. Des fois je vise aussi mais toujours après avoir tiré, c’est une question de technique d’efficacité. C’est qu’il faut réagir vite, je suis un vrai pro. : je flaire, je tire, je vise et je ramasse. Ce qui compte quand on tire, c’est de tuer rapidement sa cible. Franchement, on a pas le temps de penser, encore moins de viser. Mais j’aime pas voir les animaux souffrir, vous savez, je suis une personne très sensible et quand je vois un animal agoniser, ça me fends le cœur alors je l’achève vite fait, au couteau quand il n’est pas trop gros. J’aime faire du travail propre et c’est bien aussi pour la dignité de l’animal. Je crois qu’on lui doit au moins ça, mourir dans l’honneur. Peu de collègues sont aussi respectueux que moi des animaux et s'ils savaient comment je suis, les animaux, eh ben je pense que c'est moi qu’ils choisiraient pour mourir en beauté. J’aime les animaux, je les respecte tous. Je suis un vrai défenseur de la nature ». |
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Diego Elorza - FOTOLIA |  |
« Avec les potes on travaille toute l’année pour préparer une bonne saison de chasse. Paulot, par exemple, il fait de l’élevage de bécasses. Quelques semaines avant l’ouverture, on les lâche, vous devriez les voir s’envoler, elles sont toutes si heureuses de se trouver en liberté totale, elles en ont bien de la chance ! Elles sortent des cages et se mettent à tourner tout autour de nous plusieurs fois de suite comme pour nous remercier. Justement sur cette question, vous savez qu’un chasseur laisse sa chance à sa proie ? D’abord on ne tire pas tous très bien, on risque donc de mettre les premières charges à côté. Et même si on tire dessus et qu’on la blesse, elle a encore ses chances de s’échapper. C’est rare bien sûr car on a des chiens fous mais quand même, voyez, c’est honnête, chacun a sa chance ». |
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Pascal Vanderlinden |  |
« Un jour mon fils (une petite nature, tout le portrait de sa mère mais je les adore tous les deux) m’a dit : « Les sensations que tu as en chassant : la nature le matin, les odeurs, la préparation, les copains, le retour à la bergerie, tout ça, ce sont de très bonnes raisons pour justifier de chasser (parce que la chasse pour se nourrir, ça n’a plus aucun sens), mais alors pourquoi ne pas troquer ton fusil pour un appareil photo ? Mêmes sensations, même traque, mêmes satisfactions. Les animaux morts en moins ». C’est plein de bonnes intentions vis-à-vis des bestioles mais ce que mon fils avec ses photos ne connaîtra jamais, c’est le plaisir que l’on éprouve à tuer un animal. Il vivait, il ne vit plus : je suis Dieu ! Si on aime pas ça, tuer, évidemment, si la vue et l’odeur du sang ça vous dégoûte, alors c’est sûr, on ne comprends rien à rien et on ne chasse pas. C'est un moment béni des dieux, lorsque la bestiole à terre me regarde avec son œil sanguinolent, j’y vois de l’amour, celui d’un animal qui me remercie d’avoir été tué par moi. C’est une forme de reconnaissance que j’apprécie. D’ailleurs, les fois où je sens que je vais rentrer bredouille, j’essaie de me faire un chat ou deux, ou des mésanges. Je me suis même tapé un cygne et un héron. Y’en a plein qui errent dans les champs et je considère que ça fait quelques nuisibles en moins. Les chats, y’en a trop, sans parler des corbeaux ou des hérissons ; ceux-là au moins, j’ai le temps de les voir venir, surtout quand j’ai noyé ma déception au fond d’une bouteille de jus de raisin… ». |
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Lucian Coman - FOTOLIA |  |
« Nous, les chasseurs, les paysans, les vrais, ceux qui manipulent le fusil, on est des amoureux de la terre et de la nature. En chassant, on régule les espèces, nous jouons notre rôle de contrôleurs de la faune. Un animal prélevé, c’est plus d’espace et de liberté pour les autres. Chaque année, grâce à notre action, nous sauvegardons l’équilibre naturel entre l’homme et les autres espèces. Nous sommes les gardiens de notre patrimoine formidable, celui où l’homme s’épanouit en maître depuis l’aube des temps. Et croyez-moi, je laisserai rien ni personne changer ça ! À bon entendeur, salut !…». |
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| Plainte contre homme |  |  |
Herbert Kratky - FOTOLIA |
Déclaration de l'Association caritative des Animaux Victimes des Salauds des régions Vinicoles, l’ACAVSS (à vin). Témoignage. « Nous, lapins, lièvres, oiseaux, renards et autres animaux de la terre, habitants d’un espace donné ou passants des quatre saisons, déclarons solennellement ne plus vouloir mourir sous les coups de fusils des chasseurs de tous poils. L’activité humaine débordante cause nos maladies, décime nos compatriotes (éléphants, rhinocéros, insectes, dauphins, baleines…), les forêts disparaissent, l’eau empoisonne nos enfants, la nourriture se fait rare. Partout notre espace vital se réduit comme une peau de chagrin jusqu’à disparaître pour toujours, il n’y a pas de retour en arrière possible après l'extinction d'une race. Nous n’avons plus de place sur terre, l’homme s’impose partout et sans vergogne, il nous pourchasse. Nous allons tous mourir et l’être humain avec nous. Il va entraîner la perte du plus beau des cadeaux de l’Univers : la vie terrestre. |
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Jostein Haug - FOTOLIA |
Autrefois Paradis de la nature, nous allons périr dans les souillures infligées par l’homme à l’unique petite planète bleue de notre patrimoine commun. Sous le feu croisé des cracheurs de haine, entre les dents des cerbères à quatre pattes, dans le sang et dans le froid, nous allons périr pour assouvir le plaisir sadique des hommes affublés d’un canon. L’être humain n’est qu’une saloperie de race perverse dont le cerveau, pour l’usage qu’il en fait, atteint le degré d’intelligence d'un trou du c… de cloporte. Avec une différence de taille : l’insecte ne sait pas qu’il en a un. On ne pourrait donc pas lui reprocher de mal s’en servir, le cas échéant. Homme tu es sans coeur, sans foi ni loi, nous ne sollicitons pas ta pitié. Tu ne manifestes déjà que peu de sentiments envers ton semblable, alors pour ce qui est de nous témoigner un peu de compassion… le monde animal, tu t’en contrefout. Homme, nous n’avons pour toi que du mépris.
Laisse-nous maintenant crever en paix. Nous, les Animaux, vivons dans le dénuement total par ta seule faute. C’est tragique, dramatique et pathétique ». |
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